À Berlin, les dirigeants européens et Obama mettent en garde Trump

Le président américain Barack Obama discute avec la... (Photo Kay Nietfeld, REUTERS)

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Le président américain Barack Obama discute avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président français François Hollande et le premier ministre italien Matteo Renzi, le 18 novembre à Berlin.

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
BERLIN

Les principaux dirigeants européens et Barack Obama ont adressé vendredi à Berlin une mise en garde à Donald Trump en appelant au maintien de la coopération dans l'OTAN malgré l'inflexion isolationniste que veut impulser le président américain désigné.

À l'issue de leur ultime entretien avec M. Obama, la chancelière allemande Angela Merkel et ses homologues britannique Theresa May, espagnol Mariano Rajoy, italien Matteo Renzi et français François Hollande se sont également dits « unanimes » pour maintenir les sanctions contre la Russie, selon la Maison-Blanche.

Ils n'ont pas cité directement le président américain désigné, mais la cible était claire tant il a suscité la préoccupation dans les capitales européennes en portant un message protectionniste et plus isolationniste.

Si ses intentions restent floues, il a déjà vertement critiqué l'OTAN, dont le principe est basé sur la solidarité entre membres en cas d'agression, et prôné un rapprochement avec Moscou malgré le conflit en Ukraine et l'intervention russe en Syrie.

Les six responsables, réunis une dernière fois à Berlin avant que Barack Obama ne cède le pouvoir à Donald Trump le 20 janvier, ont réaffirmé « l'importance de la coopération au sein d'institutions multilatérales y compris l'OTAN », a indiqué la présidence américaine.

Émotion pour Obama, pressions sur Poutine

Ils sont aussi « unanimement d'accord sur le fait que (...) les sanctions contre la Russie liées à l'Ukraine doivent rester en vigueur » jusqu'à la mise en oeuvre des accords de paix dans le pays, dits de Minsk. La chancelière n'a d'ailleurs pas manqué de souligner que les progrès dans ce dossier étaient « invisibles ».

Dans l'entourage de M. Hollande, on soulignait que les six dirigeants souhaitaient continuer de mettre la pression sur le président russe Vladimir Poutine.

Les responsables ont ainsi appelé une fois encore à « l'arrêt immédiat » des attaques du régime syrien, de la Russie et de l'Iran contre la ville d'Alep. « Nous avons été unanimes dans la condamnation des atrocités qui ont lieu là-bas (à Alep) », a assuré Theresa May.

Après avoir présenté ses adieux aux responsables européens, Barack Obama a décollé en début d'après-midi pour se rendre au Pérou pour le sommet de l'Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (APEC).

Selon l'entourage de M. Hollande, « l'ambiance (de cette dernière réunion) était conviviale » avec « un petit moment » d'échange « ému et affectueux » entre les dirigeants présents.

Le président Obama avait lui rendu ces derniers jours un hommage très appuyé à Angela Merkel, semblant vouloir lui passer le flambeau. De nombreux analystes estiment en effet que la chancelière, qui devrait annoncer ce dimanche qu'elle briguera un nouveau mandat de quatre ans, va devoir endosser de nouvelles responsabilités internationales face à l'imprévisible Trump. L'intéressée a toutefois insisté vendredi sur le fait que « seulement tous ensemble nous sommes forts ».

Lors de cette dernière visite en tant que président en Allemagne, M. Obama a assuré que la chancelière, critiquée par Donald Trump était « une partenaire extraordinaire ».

Populistes galvanisés

Mme Merkel, au pouvoir depuis 11 ans, devrait officialiser dimanche ses intentions pour les législatives prévues en septembre ou octobre 2017, alors que tout semble indiquer qu'elle va se lancer dans la course malgré une année difficile en raison de la crise migratoire.

Autre échéance cruciale en 2017, qui sera scrutée à la loupe : la présidentielle française, au printemps, qui désignera le successeur de François Hollande et dans laquelle la candidate d'extrême droite Marine Le Pen devrait jouer un rôle capital.

Le Brexit, suivi de la victoire surprise du milliardaire populiste aux États-Unis, a en effet galvanisé les partis populistes déjà en plein essor en Europe.

À Athènes comme à Berlin, le président américain sortant a insisté sur la nécessité de mieux prendre en compte les frustrations et peurs des électeurs.

Au sujet du Brexit, Mme May a souligné que le processus de sortie de l'UE devait se faire en « douceur », et que son pays allait continuer de travailler « collectivement » avec les autres pays.

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