Les tribunaux islamiques de Grande-Bretagne sur la sellette

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Environ une trentaine de ces « sharia courts », des tribunaux islamiques informels également connus sous le nom de conseils de la charia, fonctionnent en Grande-Bretagne, essentiellement pour arbitrer des conflits familiaux comme les divorces ou des différends financiers, sans toutefois posséder de reconnaissance légale.

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Agence France-Presse
LONDRES

Une lettre ouverte signée par 100 femmes musulmanes a appelé mardi à réformer les tribunaux islamiques au Royaume-Uni, visés par une enquête parlementaire.

La lettre, rendue publique par la présidente du réseau des femmes musulmanes au Royaume-Uni, Shaista Gohir, défend l'utilité de ces conseils, mais appelle à l'élimination de « toute discrimination contre les femmes en matière de mariage et de divorce ».

Environ une trentaine de ces « sharia courts », des tribunaux islamiques informels également connus sous le nom de conseils de la charia, fonctionnent en Grande-Bretagne, essentiellement pour arbitrer des conflits familiaux comme les divorces ou des différends financiers, sans toutefois posséder de reconnaissance légale.

« Se contenter de supprimer les conseils de la charia n'est pas la solution », pointe cette lettre ouverte. « Fermer les conseils de la charia aboutirait à faire passer dans la clandestinité les services de divorces » islamiques, « ce qui donnerait lieu à encore moins de transparence et à davantage de discriminations », estime-t-elle.

Cette lettre appelle le gouvernement à « fournir des solutions alternatives civiles pour que les musulmanes ne dépendent pas seulement des institutions religieuses pour divorcer ».

Une enquête sur ces tribunaux est actuellement menée par une commission parlementaire qui entame mardi ses premières auditions.

Le gouvernement a en parallèle lancé fin mai une autre enquête indépendante sur de possibles pratiques discriminatoires envers les femmes dans ces tribunaux islamiques, comme la légitimation des mariages forcés.

Plus de 200 femmes et associations britanniques et internationales de défense des droits des femmes ont critiqué cette enquête dans une lettre ouverte, craignant qu'elle ne conduise à légitimer ces conseils qui à leurs yeux ne respectent pas les droits des femmes. Elles ont dénoncé la présence de théologiens ou de responsables religieux dans le groupe chargé de l'enquête.

Un projet de loi pour réduire la capacité d'action de ces conseils religieux a par ailleurs été présenté par Caroline Cox, membre de la Chambre des Lords, et est actuellement à l'étude à la Chambre des Communes.

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