La stabilité politique du Monténégro en question après les législatives

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Selon la police et la justice monténégrines, les complotistes présumés auraient projeté de se munir d'armes et de mener des «attaques» contre la foule attendant les résultats devant le Parlement.

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Olivera NIKOLIC, Rachel O'BRIEN
Agence France-Presse
Podgorica

Milo Djukanovic va devoir trouver des alliés pour poursuivre son long bail comme premier ministre du Monténégro, après des législatives dimanche qui posent des questions sur la stabilité politique du pays.

Son parti démocrate des socialistes (DPS) n'est pas en mesure de gouverner seul, crédité de 36 des 81 sièges. Le soutien confirmé de ses alliés actuels, les députés des minorités albanaise, croate et bosniaque, ne lui offrirait qu'une majorité d'un ou deux députés.

Une fois bâtie une coalition, l'inusable homme fort du petit pays balkanique de 640 000 habitants depuis un quart de siècle devra convaincre sa population du bien-fondé d'une adhésion à l'OTAN.

Or rejoindre l'Alliance rencontre de fortes résistances dans cette société majoritairement orthodoxe. Le sujet avait provoqué de violentes manifestations en 2015.

Le principal parti d'opposition, le Front démocratique, une coalition prorusse, rejette cette adhésion, tandis que d'autres mouvements réclament un référendum que rejette Milo Djukanovic, au pouvoir depuis 1991.

C'est cette question qui aurait motivé un groupe de Serbes arrêtés avant le scrutin sous le soupçon d'avoir fomenté des «attaques» violentes visant à écarter du pouvoir par la force le pro-occidental Milo Djukanovic.

Sur les 20 suspects appréhendés, six ont toutefois été libérés dès lundi. Et les autorités n'ont toujours pas présenté d'armes ni dévoilé le détail du complot allégué.

Selon les médias locaux, le chef du groupe serait Bratislav Dikic, un général serbe de gendarmerie en retraite, activiste contre la présence de l'OTAN dans les Balkans.

Cet homme né en 1970 avait quitté ses fonctions en 2015, après avoir été cité dans une affaire d'écoutes illégales, selon la presse serbe.

«Pas de lien avec Belgrade»

«Personnellement je n'y crois pas», a commenté le premier ministre serbe Aleksandar Vucic qui réclame «des informations sérieuses» sur l'implication de Dikic. L'opposition monténégrine a dénoncé un «montage».

À Podgorica, le vice-premier ministre Dusko Markovic a expliqué que les Serbes arrêtés «n'avaient pas de lien avec les autorités» de leur pays, «ni avec ses responsables ni aucune autre institution».

La Serbie entretient des relations en dents de scie avec son petit voisin depuis que le Monténégro a reconnu l'indépendance du Kosovo en 2008.

L'adhésion à l'OTAN est une autre pomme de discorde avec Belgrade, allié traditionnel de Moscou. Si le Monténégro adhérait à l'OTAN, tous les voisins de la Serbie, à l'exception de la Macédoine, seraient membres de l'Alliance qui contrôlerait toutes les côtes des Balkans.

Milo Djukanovic n'a pas eu un mot sur les allégations de complot, préférant dimanche soir se féliciter de «l'ampleur» de la victoire de son parti.

Avec 40 % des suffrages, il devance largement le Front démocratique (FD) prorusse (environ 20 %). Mais le patron de ce mouvement, Andrija Mandic, affirme croire à la possibilité de faire tomber Milo Djukanovic si l'opposition se réunit.

«Il est nécessaire de compter toutes les voix, mais à ce stade nous pouvons dire que l'opposition à la majorité», s'est-il félicité.

Tous contre Djukanovic ?

Théoriquement, les trois principaux partis d'opposition disposent d'autant de sièges que le PDS. Avec les sociaux-démocrates du SDP, ex-partenaire de Djukanovic, mais qui dénonce la corruption, ils frôleraient même la majorité.

Mais ces partis sont surtout unis par leur rejet de Milo Djukanovic qui, a 54 ans, est le plus ancien chef de gouvernement en activité en Europe.

Quand le Front démocratique dénonce les négociations d'adhésion à l'Union européenne entamées en 2012, les mouvements Kljuc (La clé) et Demokrate (Les démocrates) sont pro-européens.

«Nous aurons une période d'instabilité, car une majorité de 41 sièges (sur 81) n'est pas garante de stabilité», met en garde Srdjan Vukadinovic, analyste politique.

Selon les observateurs de l'OSCE, «ces élections se sont tenues dans un climat de concurrence et les libertés fondamentales ont été généralement respectées». L'opposition n'a pas dénoncé de fraudes massives lors de ce scrutin marqué par une forte participation (plus de 72 %).

Mais Nedjeljko Rudovic, un responsable de Kljuc, a dénoncé «une atmosphère de coup d'État», qui aurait «influencé la libre expression» des Monténégrins.

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