Sarkozy refuse que la France soit «submergée» par l'immigration

Nicolas Sarkozy (2e en partant de la droite),... (photo PHILIPPE HUGUEN, AFP)

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Nicolas Sarkozy (2e en partant de la droite), accompagné notamment de la mairesse de Calais Natacha Bouchart (à gauche) visite le port de la ville du nord de la France connue pour abriter la «jungle», plus grand camp de réfugiés du pays, le 21 septembre.

photo PHILIPPE HUGUEN, AFP

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Agence France-Presse
CALAIS

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle française l'an prochain, a prôné mercredi à Calais « le rétablissement systématique des contrôles à toutes les frontières » du pays, pour que la France ne soit pas « submergée » par les migrants.

« La question est d'éviter que la France ait des frontières qui soient des passoires et qu'on se trouve submergé », a estimé l'ancien président, qui a fait de la maîtrise de l'immigration l'un de ses principaux thèmes de campagne.

« M. Sarkozy dit que la France va être submergée par l'immigration et les réfugiés, nous sommes plutôt submergés par sa démagogie », lui a répondu de New York le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, interrogé par la chaîne BFM TV, à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la tragédie syrienne.

« L'année dernière, la France a reçu 80 000 demandes de droit d'asile et elle s'est engagée sur deux ans à accueillir 30 000 personnes, on est quand même très loin d'être submergés », a souligné M. Ayrault, en rappelant la nécessité de respecter « nos engagements internationaux ».

Le déplacement de Nicolas Sarkozy à Calais, qui abrite le plus vaste camp de migrants en France où affluent des milliers de personnes cherchant à passer en Angleterre, intervient quelques jours avant la visite attendue lundi du président socialiste François Hollande. M. Sarkozy, qui ne s'est pas rendu dans le camp, a rencontré autorités locales et riverains exaspérés par la proximité du camp de « la Jungle ».

M. Sarkozy a aussi appelé le gouvernement britannique à traiter sur son sol les demandes d'asile, réclamant la « renégociation » des accords qui placent sur le sol français la frontière franco-britannique.

Les Français « n'ont pas vocation à être les douaniers des Anglais » et « les accords du Touquet doivent être renégociés », a poursuivi M. Sarkozy, qui avait pourtant lui-même signé en 2003, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur, ce texte visant à entraver l'immigration illégale en Grande-Bretagne.

Le gouvernement français a promis le démantèlement prochain de la « Jungle », où vivent entre 6900 et plus de 10 000 personnes selon les sources. L'État souhaite répartir ces migrants dans des centres d'accueil dispersés dans toute la France.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a précisé mercredi que ce démantèlement se fera « avant l'hiver ».

« La question n'est pas de vider la Jungle et de la mettre dans mille, cent ou dix endroits ! Une fois la Jungle vidée, si les frontières restent des passoires, dans six mois, je reviens à Calais et c'est la même chose », a pronostiqué Nicolas Sarkozy.

L'extrême droite a également critiqué récemment la création de centres d'accueil, dénonçant un « plan de dispersion irresponsable ».

De violents heurts ont opposé mercredi plusieurs centaines de migrants aux forces de l'ordre sur la route menant au port, a constaté un photographe de l'AFP. Les policiers ont tiré plusieurs dizaines de grenades lacrymogènes pour tenter de repousser les migrants.

La construction d'un mur « anti-intrusion », conçu pour empêcher les migrants désireux de passer en Grande-Bretagne d'accéder au port de Calais a débuté mardi malgré les critiques sur son efficacité et son principe même.

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