En Écosse, Theresa May défend l'unité du Royaume-Uni face au Brexit

La première ministre britannique Theresa May (à gauche)... (photo James Glossop, AFP)

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La première ministre britannique Theresa May (à gauche) en compagnie de la chef du gouvernement écossais Nicola Sturgeon, à Édimbourg, le 15 juillet.

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Agence France-Presse
ÉDIMBOURG

La première ministre britannique Theresa May a défendu l'unité du Royaume-Uni menacée par le Brexit, vendredi en Écosse, dont la chef du gouvernement Nicola Sturgeon a envisagé d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance.

Pour son premier déplacement officiel depuis sa prise de fonctions, Mme May, se disant prête à « écouter les différentes options », a rencontré pendant trois quarts d'heure Nicola Sturgeon, qui menace d'organiser un nouveau référendum sur l'indépendance si les intérêts des Écossais ne sont pas pris en compte.

Alors que le Royaume-Uni a voté à 52 % pour quitter l'UE, l'Écosse a, elle, voté à 62 % pour rester. Mme Sturgeon avait déclaré dès le lendemain de la consultation du 23 juin que la question d'un deuxième référendum sur l'indépendance était désormais « sur la table », après celui perdu par les indépendantistes en 2014.

« Le peuple écossais s'est déjà prononcé en 2014 et a délivré un message très clair. Les gouvernements britannique et écossais avaient dit qu'ils respecteraient ce vote », a déclaré Mme May après la rencontre.

« Je veux le meilleur accord possible pour l'ensemble du Royaume-Uni », a-t-elle ajouté, insistant sur l'impératif de sauvegarder l'unité du royaume.

La première ministre britannique a cependant dit qu'elle allait « écouter les différentes options que le gouvernement écossais pourrait présenter ».

Elle n'a pas donné plus de détails sur la nature de ces « options », mais Mme Sturgeon a salué un geste d'ouverture et évoqué une discussion « constructive ».

« Nuit des longs couteaux »

« J'ai été très claire sur le fait que les intérêts de l'Écosse doivent être préservés et je veux examiner toutes les options pour ce faire », a répété la première ministre d'Écosse.

Elle s'était rendue à Bruxelles fin juin, pour rencontrer les présidents de la Commission, Jean-Claude Juncker, et du Parlement européen, Martin Schulz, et essayer d'obtenir une place pour l'Écosse à la table des négociations du Brexit.

Après sa rencontre avec Theresa May, elle a également tweeté une photo sur laquelle on voit les deux femmes échanger une poignée de main, avec le commentaire suivant. « La politique mise à part - j'espère que les filles du monde entier regardent cette photo et se disent qu'il n'y a pas de limites pour elles ».



Theresa May a pris ses fonctions mercredi et a formé une équipe offrant une place de choix aux partisans d'une sortie de l'UE.

Elle s'est également débarrassée de plusieurs poids lourds du gouvernement de David Cameron, dont l'ex-ministre des Finances, George Osborne, et l'ancien ministre de la Justice, Michael Gove.

« May vire les alliés de Cameron », titrait vendredi le quotidien The Times, qualifiant l'opération de « purge plus brutale que la "Nuit des longs couteaux" ».

La presse soulignait également que, par rapport aux précédents gouvernements britanniques, davantage de ministres avaient fréquenté les bancs de l'école publique.

Le quotidien The Guardian pointait toutefois que les femmes ne représentaient toujours qu'un tiers du gouvernement.

« Nous ne quittons pas l'Europe »

C'est surtout la désignation aux Affaires étrangères de Boris Johnson - connu pour ses impairs diplomatiques - qui a retenu l'attention.

Le nouveau chef de la diplomatie britannique a tenté de rassurer ses interlocuteurs européens en déclarant que quitter l'UE « ne signifie pas quitter l'Europe », dans sa première déclaration officielle jeudi après-midi.

« Nous ne quittons pas l'Europe, OK ? C'est géographiquement, culturellement, émotionnellement et historiquement impossible », a-t-il insisté dans la soirée lors d'une réception organisée pour le 14 juillet à l'ambassade de France à Londres.

« Nous voulons trouver une nouvelle relation avec l'UE, intensifier la coopération et le partenariat entre gouvernements, et nous créer un nouveau rôle mondial », a-t-il ajouté. Mais son discours a été autant hué qu'applaudi par les invités.

Victime collatérale du référendum sur l'UE, les funérailles privées de la députée Jo Cox ont eu lieu vendredi à Batley, dans le nord de l'Angleterre, où des centaines de personnes se sont rassemblées pour lui rendre hommage.

La jeune femme, mère de deux enfants, avait été tuée en pleine rue le 16 juin, à une semaine du référendum, dans sa circonscription du nord par un homme qui a réclamé « la liberté pour le Royaume-Uni » lors de sa première comparution devant la justice. Le procès de Thomas Mair, 52 ans, doit démarrer le 14 novembre.

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