Italie: une erreur humaine à l'origine de la catastrophe ferroviaire des Pouilles

Deux trains de passagers circulant à grande vitesse... (photo Alessandro Garofalo, REUTERS)

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Deux trains de passagers circulant à grande vitesse sur la même voie se sont heurtés de front mardi matin entre Andria et Corato, deux localités de la région du sud-est de la péninsule. La violence du choc a pulvérisé les wagons de tête, faisant 23 morts et 52 blessés. Ci-dessus, un homme regarde l'amas de ferraille que les deux trains sont devenus, le 13 juillet.

photo Alessandro Garofalo, REUTERS

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Giovanni GREZZI, Giovanna GIRARDI ANDRIA
Agence France-Presse
ANDRIA

L'erreur humaine semble être à l'origine de la catastrophe ferroviaire qui a fait au moins 23 morts dans les Pouilles, dans le sud de l'Italie, même si le chef de gare mis en cause se défend d'être le seul responsable.

« C'est moi qui ai fait partir ce train, c'est moi qui ai levé le disque vert, il y avait de la confusion, les trains étaient en retard », a déclaré Vito Piccarreta, le chef de la gare d'Andria, cité jeudi par les médias.

Deux trains de passagers circulant à grande vitesse sur la même voie se sont heurtés de front mardi matin entre Andria et Corato, deux localités de la région du sud-est de la péninsule. La violence du choc a pulvérisé les wagons de tête, faisant 23 morts et 52 blessés.

« Mais ce n'est pas seulement ma faute, tout le monde me jette la pierre, mais je suis moi aussi une victime », a-t-il ajouté.

L'accident s'est produit sur un tronçon de voie unique sur laquelle un convoi ne peut s'engager dans un sens que si les chefs de gare des deux villes en conviennent par téléphone.

Selon une reconstitution du quotidien La Stampa, trois trains, un de plus que d'habitude, devaient se suivre dans le même sens Corato-Andria sur ce tronçon, mais, le deuxième train passé, le chef de gare d'Andria a fait partir un train en sens inverse, commettant l'erreur fatale.

Mais le chef de gare de Corato, Alessio Porcelli, est lui aussi dans le collimateur de la justice, car il aurait dû se rendre compte, grâce aux instruments dont il dispose, qu'un train arrivait en direction opposée de celui qui venait de quitter sa gare.

Le parquet de Trani, en charge de l'enquête, assure que la recherche de la vérité ne se limitera pas au personnel des gares, mais examinera aussi les causes des retards accumulés dans la modernisation de ce tronçon, alors que les financements étaient disponibles.

« Nous ne nous arrêterons pas aux données évidentes, aux solutions simples. Nous chercherons toutes les responsabilités », a déclaré le procureur de Trani, Francesco Giannella.

Retards bureaucratiques

La Commission européenne a confirmé jeudi que des financements européens avaient été accordés pour la modernisation du réseau dans les Pouilles, y compris sur le tronçon où a eu lieu l'accident. Mais, « des difficultés dans l'octroi des autorisations par la région » des Pouilles ont reporté ces financements à « la période 2014-2020 », a-t-elle affirmé.

Le chef de l'Autorité nationale anticorruption (ANAC), Raffaele Cantone, a pointé du doigt de son côté un mal endémique en Italie, la corruption, qui influe sur les choix de réalisation d'infrastructures.

« La tragédie est probablement le fruit d'une erreur humaine, la magistrature se chargera d'établir les faits, mais elle est certainement aussi la conséquence d'un vieux problème de notre pays, celui de réaliser des infrastructures adaptées. Et une des causes de ces difficultés est justement la corruption », a déclaré M. Cantone.

L'Italie redécouvre aussi que des milliers de kilomètres de son réseau ferré sont à voie unique, et qu'une partie de ce réseau souvent local ou régional fonctionne encore avec l'intervention du chef de gare qui donne son feu vert après un coup de téléphone à son collègue.

« Essayer de rendre un chef de station responsable de tout ce qui s'est passé est franchement inacceptable. Si les systèmes de contrôle et d'alerte nécessaires avaient été installés, tout cela ne se serait pas produit », a déclaré l'association des consommateurs Codacons.

Mais pour le ministre des Transports Graziano Delrio, le problème n'est pas forcément celui de la voie unique ou du contrôle par téléphone. Sur le tronçon de l'accident, a-t-il rappelé mercredi devant le Parlement, ce système fonctionne depuis 60 ans, et au cours des dix dernières années, l'intensité du trafic a toujours été la même sans qu'il n'y ait jamais eu un accident.

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