Présidentielle en Islande: Johannesson revendique la victoire

L'historien de l'Université d'Islande a toujours été largement... (PHOTO HALLDOR KOLBEINS, AFP)

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L'historien de l'Université d'Islande a toujours été largement en tête des sondages dès l'annonce de sa candidature.

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Agence France-Presse
REYKJAVIK

L'universitaire Gudni Johannesson a revendiqué dans la nuit de samedi à dimanche la victoire à l'élection présidentielle de l'Islande, cet homme de consensus arrivant en tête après un scrutin quelque peu éclipsé par l'attente d'un match de football historique.

«Tous les suffrages n'ont pas été comptés, mais je pense que nous avons gagné», a déclaré à son QG de campagne ce candidat sans étiquette, qui fête ses 48 ans dimanche.

Il se fondait sur le dépouillement de près d'un tiers des votes, qui d'après la chaîne de télévision publique RUV le plaçait en tête avec 37,8%.

Il devançait Halla Tomasdottir, femme d'affaires et également sans étiquette, qui obtenait 29,8% des voix.

Parmi les neuf candidats qui briguaient la succession d'Olafur Ragnar Grimsson, 73 ans dont 20 comme chef de l'État, l'historien a toujours été largement en tête des sondages, dès l'annonce de sa candidature. Mais son résultat est moins bon qu'attendu.

Les électeurs ont apprécié la sobriété et l'indépendance de ces deux néophytes, dans un pays en quête de renouvellement de sa classe politique.

Les partis traditionnels suscitent une forte défiance depuis la crise engendrée début avril par les Panama Papers, qui ont révélé qu'un nombre impressionnant d'Islandais avaient détenu des avoirs dans les paradis fiscaux.

Hostile à une adhésion de l'île à l'Union européenne, M. Johannesson était aussi en phase avec l'euroscepticisme de la majorité des Islandais. La plupart n'ont pas vu d'un mauvais oeil la victoire du «Brexit» au Royaume-Uni à l'issue du référendum de jeudi.

Le divorce entre la Grande-Bretagne et l'UE «change beaucoup de choses dans le bon sens pour les Islandais», disait vendredi soir M. Johannesson. Il pourrait éventuellement amener le Royaume-Uni à renouer avec l'Association européenne de libre-échange (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein).

Le gouvernement de centre-droit islandais avait retiré en 2015 la candidature à l'UE déposée par son prédécesseur de gauche en 2009, mettant fin aux négociations avant qu'elles n'abordent le dossier délicat de la pêche.

Enfin, M. Johannesson avait pour lui d'être un sincère passionné de football. Et ce n'est pas une mince affaire ces jours-ci: qualifiée pour la première fois pour un grand tournoi international, l'Islande réalise un superbe parcours à l'Euro-2016, et se prépare fiévreusement à un huitième de finale contre l'Angleterre lundi.

Quand l'AFP lui a demandé, alors qu'il votait, ce qu'il ferait une fois élu, il a répondu: «La première chose, le plus important, c'est de me rendre en France lundi pour voir l'Islande jouer contre l'Angleterre».

«Non politique»

Selon les résultats partiels, cette élection présidentielle semblait être un fiasco pour l'ancien Premier ministre conservateur et gouverneur de la banque centrale David Oddsson. Avec 13,2%, il arrivait quatrième derrière l'écrivain Andri Snaer Magnason (14,1%).

Le chef de gouvernement islandais le plus durable (1991-2004) reste associé aux excès de la finance qui ont conduit à la spectaculaire crise de 2008.

La fonction de président en Islande est par tradition surtout protocolaire. Des élections législatives, plus importantes, sont prévues à l'automne.

M. Johannesson, fin connaisseur de la vie politique qu'il a commentée comme observateur, veut contribuer à moderniser les institutions. Il plaide entre autres pour un référendum d'initiative populaire, et pour améliorer ou remplacer la Constitution écrite à l'occasion de l'indépendance en 1944.

Mais il ne compte pas bouleverser le système. Il a promis d'être dans la continuité de ses prédécesseurs: ne pas prendre parti dans les débats de société, et rester indépendant des groupes de pression ou partis. «Je m'efforcerai d'être non politique dans le champ politique», expliquait-il.

Très lisse, sa campagne a donné une idée précise de son style. Jusqu'à parfois agacer la presse, qui a obtenu de lui des réponses sibyllines et empreintes de modération.

Les enjeux seront beaucoup plus élevés lors des législatives. Avec son économie florissante, sa paix sociale et son éloignement par rapport aux problèmes du reste de l'Europe, l'Islande pourrait tenter une expérience unique en portant au pouvoir le Parti pirate. Ce mouvement libertaire qui milite pour la transparence de la vie publique est en tête des intentions de vote.

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