Débat enflammé sur le Brexit devant 6000 spectateurs

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Le débat opposait trois responsables de chaque camp, débout derrière des pupitres installés sur la scène du SSE Arena Wembley de Londres.

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

«Mensonge!» dit l'un, agent du «projet de la peur!» lâche l'autre: pro et anti-Brexit, au coude à coude dans les sondages, ont croisé le fer mardi lors d'un débat houleux organisé devant 6000 personnes à deux jours du référendum sur l'UE au Royaume-Uni.

Pour patienter en faisant la queue avant le débat, certains membres du public ont eu le plaisir d'entendre la chanson All You Need is Love interprété par un choeur de gospel.

Mais d'amour, il n'en a guère été question lors du rendez-vous d'un peu moins de deux heures organisé par la BBC: le ton est vite monté, les interlocuteurs n'ont pas hésité à se couper la parole et le modérateur a lutté pour empêcher que l'émission ne vire à la foire d'empoigne.

Le débat opposait trois responsables de chaque camp, débout derrière des pupitres installés sur la scène du SSE Arena Wembley de Londres.

Répondant à une question sur l'économie, l'ancien maire conservateur de Londres Boris Johnson, chef de file des partisans du Brexit, a mis sur le dos de l'UE les difficultés rencontrées par la sidérurgie britannique.

«On nous dit qu'on ne peut pas faire baisser nos coûts énergétiques pour protéger les emplois (...) parce que Bruxelles dit non», a-t-il déclaré.

Réponse immédiate de son successeur à la mairie de Londres, le travailliste Sadiq Khan, pro-UE: «Mensonge, ce n'est que mensonge après mensonge!».

«Boris, tu devrais le savoir: près d'un demi-million d'emplois à Londres sont directement dépendants de l'Union européenne», a-t-il ajouté pour vanter les mérites d'un maintien dans le giron européen.

Ambiance match de soccer 

Les deux hommes se sont aussi égratignés sur l'immigration, M. Khan accusant une fois encore les pro-Brexit de «mentir» quand ils disent que la Turquie pourrait rejoindre l'UE dans un futur proche.

«Ce sont des propos alarmistes, Boris, vous devriez avoir honte», a-t-il lancé.

L'intéressé a répliqué en affirmant que le camp pro-UE avait axé toute sa campagne sur la «peur» des conséquences économiques d'un Brexit.

«Ils disent que nous n'avons pas d'autres choix que de plier le genou devant Bruxelles. Nous disons qu'ils sous-estiment lamentablement ce pays», a ajouté M. Johnson, à qui l'on prête l'ambition de succéder au Premier ministre David Cameron.

Commentaire d'un spectateur, Michael Flaxington, un étudiant de 21 ans, après le débat: «On sentait presque l'odeur du sang (...) on aurait dit une ambiance de match de soccer dans les années quatre-vingt».

Ce débat, dont le ton a rappelé l'agressivité de la campagne, était pour les deux camps l'occasion de tenter de convaincre les quelque 10% d'indécis avant le référendum de jeudi sur la place du Royaume-Uni dans le bloc des 28, un scrutin déterminant pour l'avenir du pays, mais aussi de l'Europe.

Tandis que les bookmakers penchent sans ambiguïté pour une victoire du «In», la moyenne des six derniers sondages effectuée par le site WhatUKThinks donnait une avance d'un point au maintien dans l'UE (51%).

Dans la journée, le Premier ministre conservateur David Cameron a adressé une supplique aux Britanniques, les conjurant de penser à leurs enfants avant de voter.

«Pour vous, votre famille et l'avenir de notre pays, votez pour rester» dans l'UE, a-t-il déclaré devant ses bureaux du 10, Downing Street, soulignant qu'une sortie de l'UE serait «irréversible».

Beckham en renfort

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David Beckham

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Le camp pro-UE a aussi reçu le renfort de l'ancien joueur de soccer David Beckham. «Pour nos enfants et leurs enfants, nous devrions faire face aux problèmes du monde ensemble et pas seuls», a-t-il dit.

Dans le camp du «Leave» («Sortir» de l'UE), Nigel Farage, le chef du parti europhobe Ukip, a présenté une nouvelle affiche dénonçant des écoles surpeuplées en raison de l'afflux de migrants, et accusé le camp du maintien d'instrumentaliser le meurtre de la députée pro-UE Jo Cox, tuée jeudi dans le nord de l'Angleterre.

À l'étranger, plusieurs appels à refuser un Brexit ont été lancés, notamment par le président français François Hollande, qui a souhaité que la réponse des électeurs britanniques soit «la plus confiante dans l'avenir de l'Europe».

Et alors que les marchés financiers attendent avec inquiétude le résultat du vote, la banque centrale américaine (Fed) a prévenu qu'une sortie de l'UE pourrait avoir «des répercussions économiques importantes».

Face aux signaux d'alerte, la Banque centrale européenne (BCE) s'est dit «prête» à faire face à «tous les imprévus».

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