Le nouveau maire de Londres veut être un exemple pour les minorités

Sadiq Khan à Londres, samedi.... (PHOTO JOHN STILLWELL, REUTERS)

Agrandir

Sadiq Khan à Londres, samedi.

PHOTO JOHN STILLWELL, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Édouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
LONDRES

Le nouveau maire travailliste de Londres Sadiq Khan, premier édile musulman d'une grande capitale occidentale, a prêté serment samedi et espéré que son élection, remportée en dépit de violentes attaques du camp conservateur, servirait d'exemple pour les minorités.

Ce fils d'immigrés pakistanais, 45 ans, a battu son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, 41 ans, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith, avec 57% des suffrages, selon les résultats publiés dans la nuit de vendredi à samedi.

Les traits fatigués après cette courte nuit, M. Khan a prêté serment en fin de matinée dans la cathédrale de Southwark, près du pont de Londres, en présence de nombreuses personnalités, dont l'acteur Ian McKellen.

Lors d'une brève allocution, il a promis de représenter «toutes les communautés» et de «faire en sorte que tous les Londoniens puissent bénéficier des opportunités que notre ville m'a offertes».

«J'espère que les résultats (de l'élection) encourageront les jeunes, les Londoniens musulmans et ceux venant d'autres minorités, à s'engager dans la société civile et dans la politique», a-t-il ensuite déclaré sur Sky News.

Devant les journalistes, M. Khan a également laissé entendre qu'il souhaitait désormais se consacrer pleinement à la gestion de la ville après une âpre campagne, au cours de laquelle le camp conservateur, et notamment le premier ministre David Cameron, l'a accusé d'accointances avec des extrémistes islamistes - ce qu'il dément.

Félicitations d'Hillary Clinton

Las pour les tories, cette stratégie, contre-productive sur le plan électoral, s'est également révélée dévastatrice en terme d'image, ce que n'ont pas manqué de souligner plusieurs responsables du parti.

«C'est un manque total de compréhension du patchwork de religions que l'on trouve à Londres», a lancé le conservateur Andrew Boff.

«Notre campagne et ses sous-entendus nous ont coûté l'élection, notre réputation et notre crédibilité sur les questions d'ethnicité et de religion», a renchéri Sayeeda Warsi, ancienne secrétaire d'État conservatrice.

Député de Tooting, un quartier populaire du sud de Londres, M. Khan succède à la mairie de Londres à l'excentrique conservateur Boris Johnson, à qui l'on prête l'ambition de devenir premier ministre.

Ancien ministre, ancien avocat, père de deux filles, M. Khan devra répondre aux problèmes les plus criants de la capitale, dont la population a augmenté de 900 000 habitants en huit ans pour atteindre 8,6 millions: logements inabordables, transports saturés et pollution.

Son élection, a souligné l'expert Tony Travers de la London School of Economics (LSE), est un «remarquable signe du cosmopolitisme» de Londres, «ville monde» dont 30% de la population est non blanche.

La victoire «historique» de Sadiq Khan «illustre le visage tolérant de Londres», abondait le Financial Times. «Londres a élu un maire musulman dans un remarquable triomphe sur les tensions raciales et religieuses qui plongent dans la tourmente les autres capitales européennes».

À l'étranger, la nouvelle faisait la une des journaux pakistanais et les maires de plusieurs grandes villes ont salué la victoire de M. Khan. «Convaincue que son humanisme et son progressisme bénéficieront aux Londoniens!», a tweeté la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

Aux États-Unis, Hillary Clinton, candidate à l'investiture démocrate pour la course à la Maison-Blanche, a félicité sur Twitter ce «fils de chauffeur de bus pakistanais» devenu «maire de Londres».

Le Pakistan salue la victoire de Sadiq Khan

L'élection à la mairie de Londres du fils d'un chauffeur de bus pakistanais immigré a été accueillie samedi avec enthousiasme au Pakistan aussi bien dans la presse que par des hommes politiques.

L'élection de Sadiq Khan à la tête d'une des plus grandes capitales occidentales faisait samedi la une de tous les journaux, tandis que les deux principaux hommes politiques d'opposition lui tweetaient leurs félicitations.

«Félicitations à Sadiq Khan pour son élection à la mairie de Londres», a écrit Bilawal Bhutto, leader du parti d'opposition Pakistan People's Party et fils de l'ex-première ministre Benazir Bhutto, notant que les «Pakistanais de Grande-Bretagne ont un maintenant nouveau modèle».

L'ancien joueur de cricket Imran Khan - dont l'ex-femme Jemima est la soeur de Zac Goldsmith, candidat conservateur perdant de l'élection municipale de Londres - lui a également envoyé ses félicitations.

Beaucoup dans les médias et les médias sociaux en profitaient pour souligner d'autres succès récents de musulmans britanniques.

Mais certains trouvaient tout de même une certaine ironie à cet enthousiasme d'un pays éminemment conservateur.

Ainsi un éditorialiste imaginait ce court dialogue: «- Un Pakistanais: Sadiq Khan a gagné ! - Un journaliste : Alors, vous seriez prêt à élire comme maire de Karachi le fils d'un immigré chauffeur de bus? - Un Pakistanais : Vous êtes fou?!».

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer