Le travailliste Sadiq Khan élu maire de Londres

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Le candidat travailliste Sadiq Khan, 45 ans, a élu à la mairie de Londres.

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Jessica BERTHEREAU, Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
LONDRES

Le député Sadiq Khan, membre de l'opposition travailliste, a été élu maire de Londres, selon le résultat définitif annoncé officiellement dans la nuit de vendredi à samedi, devenant le premier maire musulman d'une grande capitale occidentale.

Fils d'un immigré pakistanais conducteur d'autobus, M. Khan a obtenu 1 310 143 voix contre 994 614 voix pour son principal rival, le conservateur Zac Goldsmith, fils du milliardaire Jimmy Goldsmith.

Au terme d'une campagne âpre, voire calomnieuse, où il s'est vu accusé par son principal adversaire de liens avec des extrémistes islamistes, M. Khan, ancien avocat des droits de l'homme âgé de 45 ans, a promis, lors de son premier discours après l'annonce officielle de son élection, d'être « le maire de tous les Londoniens ».

« Cette élection ne s'est pas passée sans polémiques, et je suis fier de voir que Londres a choisi aujourd'hui l'espoir plutôt que la peur, l'unité plutôt que la division », a-t-il déclaré après l'annonce des résultats au City Hall, l'hôtel de ville de la capitale, sous les applaudissements et les acclamations de ses sympathisants.

« J'espère que nous ne serons plus confrontés à un choix si difficile. La peur ne nous apporte pas plus de sécurité, elle ne nous rend que plus faibles, et la politique de la peur n'est tout simplement pas la bienvenue dans notre ville », a-t-il ajouté.

Au moment où M. Khan exprimait, le candidat du parti d'extrême droite Britain First, Paul Golding, qui était aligné derrière lui avec les autres candidats, lui a tourné le dos.

«Félicitations @SadiqKhan. Je suis impatient de travailler avec toi pour faire de Londres une ville équitable pour tous!», a déclaré sur Twitter le chef du Labour, Jeremy Corbyn, alors que les résultats officiels du scrutin organisé jeudi étaient attendus dans la soirée.

Écosse

En Écosse, le parti indépendantiste SNP a décroché 63 sièges sur les 129 du Parlement régional, soit moins bien que les 69 obtenus en 2011. Quelques heures avant l'annonce des résultats, Nicola Sturgeon, la dirigeante du SNP, avait revendiqué une «victoire historique», car il s'agit de la troisième élection consécutive remportée par le SNP en Écosse.

Mais le parti nationaliste ne sera pas en mesure de former un gouvernement majoritaire et devra compter sur l'apport de voix de plus petits partis, face aux conservateurs qui engrangent 16 sièges de mieux qu'en 2011, avec 31 élus.

Cette victoire en demi-teinte du SNP pourrait quelque peu refroidir les revendications indépendantistes du SNP, à moins que le Royaume-Uni ne vote pour une sortie de l'Union européenne lors du référendum sur cette question le 23 juin.

S'exprimant à ce propos, Mme Sturgeon a déclaré que son parti «plaiderait toujours sa cause avec passion, mais aussi patience et respect», soulignant que son objectif était de «persuader, et pas de diviser».

Menés par l'atypique Ruth Davidson, personnalité chaleureuse qui ne cache pas son homosexualité, les conservateurs écossais écrasent le Labour qui perd dans son ancien fief 13 sièges, à 24 élus.

Ailleurs dans le pays, où se sont tenues diverses élections régionales et locales, les premiers résultats «ne sont pas aussi mauvais pour le parti (travailliste) qu'anticipés par les sondages», a toutefois souligné l'expert électoral John Curtice, de l'Université de Strathclyde, sur la BBC.

Ainsi, au Pays de Galles, le Parti travailliste a décroché 29 sièges sur 60, contre 30 la dernière fois. Un résultat suffisant pour se maintenir au pouvoir. Le Parti europhobe UKIP fait quant à lui son entrée dans un Parlement régional, avec 7 sièges à l'Assemblée galloise.

Campagne âpre, voire calomnieuse

Reste que le Labour, principal parti d'opposition au gouvernement conservateur du premier ministre David Cameron, ne semble pas avoir fait «aussi bien qu'il aurait dû un an après les élections» législatives de mai 2015, soulignait Iain Begg, un expert de la London School of Economics (LSE).

Pour M. Cameron ces résultats montrent que le Labour a «complètement perdu le contact» avec les personnes qu'il est censé représenter.

Le chef du Labour Jeremy Corbyn s'est en revanche montré plutôt satisfait. «Nous devons beaucoup travailler» en Écosse, mais «nous tenons bon» en Angleterre, a-t-il déclaré sous l'acclamation de militants à Sheffield (nord de l'Angleterre).

Le bilan de ces élections sera étudié de près par une fraction du parti travailliste, qui cherche une occasion de remettre en cause l'autorité de Jeremy Corbyn, n'ayant pas digéré son élection à la tête du parti en septembre et l'estimant incapable de mener les travaillistes à la victoire aux élections législatives de 2020.

D'autant plus que le Labour est déjà en difficulté, après la suspension la semaine dernière de plusieurs membres du parti pour des propos jugés antisémites, dont une députée et l'ex-maire de Londres, Ken Livingstone, un proche de M. Corbyn.

Au cours d'une campagne âpre, voire calomnieuse, le Parti conservateur ne s'est d'ailleurs pas gêné pour alimenter la polémique sur l'antisémitisme au sein du Labour ou pour accuser Sadiq Khan, ancien avocat des droits de l'homme, d'avoir fréquenté des extrémistes islamistes.

Mais certains analystes estimaient que ces attaques pourraient avoir eu l'effet inverse de celui recherché à Londres, ville cosmopolite par excellence.

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