Le chef du Parlement turc veut «une Constitution religieuse»

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La présence de la religion dans la politique a longtemps été taboue en Turquie.

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Agence France-Presse
Istanbul

La prochaine Constitution turque doit être «religieuse» et la laïcité ne devrait «pas (y) figurer», a estimé lundi le président du Parlement, Ismail Kahraman, cité par l'agence de presse progouvernementale Anatolie.

«En tant que pays musulman, pourquoi devrions-nous être dans une situation où nous sommes en retrait de la religion? Nous sommes un pays musulman. Par conséquent, il faut faire une Constitution religieuse», a déclaré M. Kahraman qui s'exprimait lors d'une conférence à Istanbul.

«Avant toute autre chose, la laïcité ne doit pas figurer dans la nouvelle Constitution», a ajouté ce député du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur).

Depuis son arrivée au pouvoir en 2002, l'AKP du président Recep Tayyip Erdogan est accusé par ses détracteurs de vouloir islamiser la société turque.

«Le chaos qui règne au Moyen-Orient est le fruit des mentalités qui, comme vous, font de la religion un instrument de la politique», a vivement réagi sur Twitter le chef de l'opposition kémaliste, Kemal Kiliçdaroglu. «La laïcité existe pour que chacun puisse vivre sa religion librement, M. Kahraman!», a-t-il ajouté.

La présence de la religion dans la politique a longtemps été taboue en Turquie. Gardienne autoproclamée des principes laïques de Mustafa Kemal, fondateur de la République turque, l'armée est intervenue à plusieurs reprises pour prévenir tout «péril islamiste».

En 1997, le premier chef de gouvernement islamiste turc, Necmettin Erbakan, mentor de l'actuel président Recep Tayyip Erdogan, est poussé à la démission par l'état-major. Ce putsh sans aucun coup de feu tiré a été surnommé «coup d'État postmoderne».

Depuis la reconduction de l'AKP au pouvoir, en novembre dernier, l'une des priorités du gouvernement est de doter la Turquie d'une nouvelle loi fondamentale pour remplacer celle héritée de la junte militaire après le putsch de 1980.

Plusieurs négociations ont échoué, la dernière en février, l'opposition rejetant la présidentialisation du régime exigée par M. Erdogan, élu chef de l'État en 2014 après trois mandats de Premier ministre.

«Nous avons besoin d'un système présidentiel», a insisté lundi M. Kahraman. «Certains disent : "la présidentialisation, c'est la dictature". Quel rapport? (Le président américain Barack) Obama est-il un dictateur?»

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