Au moins 37 morts et 125 blessés dans une explosion à Ankara

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Plusieurs bus et de nombreux véhicules ont été totalement détruits par la puissante déflagration.

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Burak AKINCI
Agence France-Presse
ANKARA

Trois personnes ont succombé à leurs blessures à l'hôpital, portant le bilan de l'attentat à la voiture piégée survenu dimanche soir dans le centre d'Ankara à 37 morts, a annoncé lundi le ministre turc de la Santé, Mehmet Müezzinoglu.

«Nous avons perdu trois de nos citoyens à l'hôpital. À ce stade 37 personnes sont décédées dans cette attaque terroriste», a-t-il déclaré devant les journalistes, précisant qu'«au moins une des victimes» était l'auteur de l'attentat.

Selon le gouvernement turc, le véhicule piégé a explosé à 18h45 heure locale à un arrêt de bus de la très fréquentée place Kizilay, en plein coeur d'Ankara, qui abrite de nombreux commerces et où passent plusieurs lignes de bus et de métro.

Plusieurs bus et de nombreux véhicules ont été totalement détruits par la puissante déflagration, a constaté un photographe de l'AFP.

«Trente personnes ont été tuées sur le coup et quatre autres à l'hôpital», a déclaré devant la presse le ministre de la Santé Mehmet Müezzinoglu à l'issue d'une réunion de sécurité convoquée autour du Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Au mois 125 autres ont été blessées, dont 19 se trouvaient dimanche soir dans un état jugé sérieux, a ajouté le ministre de la Santé.

Selon M. Müezzinoglu et son collègue de l'Intérieur Efkan Ala, l'attentat a été commis par une véhicule à bord duquel se trouvaient «une ou deux» personnes et qui a délibérément visé l'arrêt de bus de la place Kizilay.

L'attentat n'a pas été immédiatement revendiqué mais son mode opératoire se rapproche d'un autre attentat suicide à la voiture piégée, qui a visé le 17 février à Ankara, non loin de la place Kizilay, des cars transportant du personnel militaire et fait 29 morts.

Un groupe dissident du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, séparatistes kurdes), les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), en avait assumé la responsabilité trois jours plus tard et annoncé de nouvelles attaques, notamment contre les sites touristiques turcs.

«Informations concrètes»

Le président islamo-conservateur turc Recep Tayyip Erdogan et son premier ministre Ahmet Davutoglu avaient pour leur part attribué l'attentat aux kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), avec le soutien du PKK. Ces deux mouvements avaient catégoriquement rejeté ces accusations.

Après ce troisième attentat en cinq mois à Ankara, les deux dirigeants se sont refusés dimanche à mettre en cause un quelconque groupe.

«Nous avons des informations concrètes sur le groupe terroriste à l'origine de l'attaque», a déclaré le chef du gouvernement dans un communiqué, «nous aurons très rapidement les résultats complets de l'enquête et nous les rendrons publics».

De son côté, M. Erdogan a dénoncé des «attaques contre l'unité de notre pays et notre peuple» et annoncé une riposte. «Notre État ne renoncera jamais à faire usage de son droit à la légitime défense contre toute menace terroriste», a-t-il déclaré.

Le président français François Hollande a exprimé sa «profonde solidarité» au peuple turc et assuré à son homologue de son soutien dans «la lutte contre le terrorisme».

La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop a révélé que son ambassadeur à Ankara avait échappé de peu à l'attentat. «Il se trouvait en voiture lorsque la bombe a explosé, il n'était qu'à 20 m», a-t-elle raconté.

L'ambassade américaine en Turquie avait alerté vendredi ses ressortissants sur une «possible attaque terroriste» à Ankara visant «des bâtiments du gouvernement turc et des immeubles» dans le quartier où a été perpétré l'attentat du 17 février.

Interdiction sur internet 

Dimanche soir, un juge d'Ankara a ordonné l'interdiction de la diffusion de toute information sur l'attaque sur internet, notamment sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter où circulaient de nombreuses photos et vidéos.

La Turquie vit depuis l'été dernier en état d'alerte maximale après une série d'attentats meurtriers, dont quatre ont été attribués par les autorités au groupe État islamique (EI).

Le plus meurtrier d'entre eux, le 10 octobre dernier, avait été perpétré par deux kamikazes qui s'étaient fait exploser au milieu de manifestants de la cause kurde devant la gare centrale d'Ankara, faisant 103 morts.

Le 12 janvier, 12 touristes allemands ont péri dans un autre attentat suicide dans le quartier touristique de Sultanahmet à Istanbul.

Longtemps accusé de complaisance envers les groupes rebelles les plus radicaux, en guerre contre le régime de Damas, Ankara a rejoint l'été dernier la coalition antidjihadiste et multiplié les arrestations pour lutter contre les cellules de l'EI sur son sol.

La Turquie est en outre secouée depuis juillet dernier par la reprise du conflit kurde. D'intenses combats opposent ses forces de sécurité au PKK dans de nombreuses villes du sud-est du pays, peuplé en majorité de Kurdes.

Ces combats ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés par le gouvernement turc avec le PKK à l'automne 2012 pour tenter de mettre un terme à une rébellion qui s'est soldée par la mort de plus de 40 000 personnes depuis 1984.

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