Mariage gai : manifestations pour le « réveil » de l'Italie

L'Italie est le dernier grand pays d'Europe occidentale... (PHOTO ALBERTO PIZZOLI, AGENCE FRANCE-PRESSE)

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L'Italie est le dernier grand pays d'Europe occidentale à ne reconnaître aucun statut aux couples homosexuels.

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Fanny CARRIER
Agence France-Presse
ROME

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à travers l'Italie pour « réveiller » le pays et réclamer une protection pour les couples de même sexe et leurs enfants, alors qu'un texte est présenté jeudi au Sénat.

« La première fois que j'ai défilé avec ces slogans, c'était il y a 1

0 ans, j'étais enceinte. J'espère que cette fois c'est la bonne. J'espère... », explique Costanza Tantillo, employée de banque, venue manifester à Rome avec sa compagne et leurs deux enfants, Beatrice, 9 ans, et Ludovico, 4 ans.

À côté, deux dames très chic portaient une pancarte proclamant: « Stella et Paola, cela fait 30 ans et vous ne nous reconnaissez pas encore ».

Alors que l'Italie est le dernier grand pays d'Europe occidentale à ne reconnaître aucun statut aux couples homosexuels, le Sénat doit entamer jeudi l'examen d'un texte créant une union civile qui permettrait d'adopter sous condition les enfants naturels de son conjoint, et de bénéficier le cas échéant d'une pension de réversion.

Le texte divise profondément la majorité gouvernementale de centre-gauche de Matteo Renzi, mais les manifestants espèrent qu'il passera sans être édulcoré grâce au soutien d'élus de la gauche non-gouvernementale, du Mouvement 5 étoiles et même de Forza Italia de Silvio Berlusconi.

Plutôt que d'essayer de rivaliser avec la démonstration de force prévue le 30 janvier à Rome par les opposants au texte, les associations de défense des homosexuels avaient opté pour une centaine de rassemblements simultanés.

Selon la presse italienne, les manifestants étaient au moins 7000 à Turin, 5000 à Milan, des milliers à Rome et à Bologne, 1500 à Florence, un millier à Bari (sud), des centaines à Naples (sud), à Venise, à Trieste (nord-est), à Gênes (nord-ouest), à Bergame (nord), à Ancône (centre), à Pescara (centre) ou encore à Cagliari (Sardaigne).

« C'est une journée historique pour ce pays, une immense mobilisation qui s'est nourrie du désir et de l'enthousiasme de tant et tant de personnes ayant à coeur les valeurs d'égalité », s'est réjoui dans un communiqué Gabriele Piazzoni, secrétaire d'Arcigay, principale association italienne de défense des homosexuels.

« Familles fantômes »

À l'appel des organisateurs, ils étaient venus avec des réveils. À Rome, ils les ont fait sonner tous ensemble à 15 h 40 en scandant « Italie, réveille-toi, c'est l'heure d'être civile ».

Dans la foule, des militants d'Amnestie international arboraient des coeurs arc-en-ciel proclamant: « Les droits de l'Homme sont ma fierté ».

Beaucoup étaient venus en couple, ou en famille, gais ou hétéros. « Il est juste d'être là, tout le monde a des droits et nous voulons que nos enfants aient la liberté de vivre comme ils l'entendent », a déclaré Aurora, venue avec son mari Piergiorgio et leur fille de 10 ans, Laura.

Andrea Rubera est lui aussi venu avec son mari, qu'il a épousé au Canada, et leurs trois jeunes enfants, que leur grand-mère couve du regard.

Responsable d'une organisation d'homosexuels catholiques, il n'a pas du tout apprécié l'intervention du pape François, qui a rejeté vendredi sans équivoque toute autre forme d'union que le mariage catholique.

« Le contenu ne m'a pas surpris, il n'a fait que répéter la vision anthropologique de l'Église. Mais il a choisi de le faire la veille du jour où nous descendions dans la rue pour défendre le droit de nos enfants à un peu de sécurité », a-t-il regretté.

Ovationnée par les manifestants, Monica Cirinna, la sénatrice (centre-gauche) rapporteur de la proposition de loi, a promis: « Le Parlement est prêt et mûr ».

« Quoi que le Parlement décide, nous avons déjà gagné une bataille », s'est réjouie Marilena Grassadonia, présidente de l'association Famiglie Arcobaleno (Familles Arc-en-ciel), en se félicitant d'un large soutien de la société civile.

« Nous étions des familles fantômes pour des millions d'Italiens, maintenant nous sommes une réalité que personne ne peut nier », a-t-elle expliqué.

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