Royaume-Uni: Cameron laisse entrevoir un référendum dès 2016

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«Je crois que 2016 sera l'année où nous concrétiserons quelque chose de vraiment vital, à savoir changer fondamentalement les relations du Royaume-Uni avec l'UE», a déclaré David Cameron.

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Agence France-Presse
LONDRES

Le premier ministre britannique David Cameron est reparti quelque peu requinqué du sommet européen de jeudi et vendredi, avec l'assurance de ses partenaires qu'ils étaient prêts à trouver un compromis concernant les réformes qu'il réclame dès le mois de février.

«Il n'y a pas eu d'accrochage majeur et tout le monde a souligné la nécessité de trouver un compromis», a commenté vendredi Stephen Booth, codirecteur du centre de réflexion Open Europe.

Les choses semblaient pourtant mal parties: le président français François Hollande a prévenu jeudi qu'il ne serait «pas acceptable de revoir ce qui fonde les engagements européens» tandis que le président du Conseil européen Donald Tusk jugeait certaines des demandes de M. Cameron «inacceptables». Des réflexions dirigées contre l'exigence de M. Cameron de priver les immigrés européens de certaines prestations sociales pendant quatre ans.

Dans leurs conclusions du sommet, le ton était toutefois plus conciliant, le communiqué mettant en avant que les 28 chefs d'État et de gouvernement «se sont accordés pour trouver des solutions» d'ici le prochain sommet de février.

Si un accord était trouvé à ce moment-là, le référendum pourrait se tenir en juin ou en juillet 2016, avançait la presse britannique samedi. Cela placerait le scrutin après les élections régionales de début mai.

Pour Jean-Dominique Giuliani, président de la fondation Robert Schuman, un centre de réflexion proeuropéen, le sommet de cette semaine «est un acquis positif pour M. Cameron (...) Tout le monde a dit 'on veut vous garder, essayer de trouver une solution'».

La BBC a elle souligné que «David Cameron était apparu plus confiant dans la possibilité d'aboutir à un accord et d'organiser un vote l'an prochain» sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.

Ce référendum, M. Cameron le promet depuis des mois dans un souci de contenter l'aile eurosceptique de son parti conservateur et pour contrer la progression du parti europhobe UKIP. Il s'est fixé fin 2017 comme limite pour l'organiser.

«L'année de la concrétisation»

«Je crois que 2016 sera l'année où nous concrétiserons quelque chose de vraiment vital, à savoir changer fondamentalement les relations du Royaume-Uni avec l'UE et répondre enfin aux inquiétudes des Britanniques sur notre appartenance à l'UE», a déclaré M. Cameron avant de quitter Bruxelles.

«Ce sera alors au peuple britannique de décider s'il veut rester ou partir», a-t-il ajouté.

La discussion avec ses partenaires ne sera toutefois pas de tout repos, a admis le premier ministre.

Si obtenir des réformes comme il le souhaite pour favoriser le dynamisme économique ou un rôle plus important des parlements nationaux est à sa portée, car ses demandes s'intègrent dans des débats qui existent déjà, explique Tim Oliver, chercheur à la London School of Economics (LSE), cela va continuer à coincer sur la question des migrants européens.

Or selon les sondages, c'est celle qui préoccupe le plus les Britanniques, alors que les chiffres montrent des arrivées records, en particulier en provenance des pays de l'Est.

M. Cameron a renoncé à proposer des quotas d'entrée, mais voudrait que ces migrants ne puissent pas bénéficier des avantages sociaux offerts par le pays pendant un certain temps, estimant que cela ralentirait leur afflux.

Une proposition qui remet en cause le principe de la liberté de circulation et d'équité entre citoyens européens, lui ont rétorqué ses partenaires.

Jean-Dominique Giuliani, lui, n'exclut pas que les responsables européens arrivent à trouver «une formule alambiquée» qui permette de lui donner satisfaction tout en ne remettant pas en cause ces principes.

«Tout le monde a compris qu'il (Cameron) avait un problème de politique intérieure, qu'il fallait l'aider», ajoute-t-il.

Car s'il n'obtient rien, «les indécis pourraient basculer dans le camp du oui à la sortie» de l'UE, met en garde Matthew Goodwin, professeur de Sciences politiques à l'université du Kent.

Et ce même si «aucun analyste crédible, au sein ou non du gouvernement, ne croit que changer les règles d'attribution des prestations sociales aura un impact sur l'afflux de migrants», souligne Jonathan Portes, chercheur à l'Institut national d'économie et de recherche sociale (ESRC).

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