Le pape François lance le «jubilé de la miséricorde»

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François a poussé la lourde porte en bronze, et prononcé la formule rituelle qui inaugure depuis 700 ans les jubilés: «Ouvrez-moi les portes de la justice». Mais cette fois, il a renoncé au latin pour le dire en italien.

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Jean-Louis DE LA VAISSIÈRE
Agence France-Presse
CITÉ DU VATICAN

Le pape François a ouvert mardi la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre, et lancé ainsi «le jubilé de la miséricorde», en demandant aux catholiques de rester ouverts sur le monde.

François a poussé la lourde porte en bronze, et prononcé la formule rituelle qui inaugure depuis 700 ans les jubilés: «Ouvrez-moi les portes de la justice». Mais cette fois, il a renoncé au latin pour le dire en italien.

Sur fond de mesures de sécurité sans précédent, quelque 70 000 fidèles, selon le Vatican, avaient commencé dès 6 h 30 (0 h 30 à Montréal) à se rassembler place Saint-Pierre, sous une pluie fine et intermittente.

Le pape de 78 ans, portant sa crosse, était arrivé à 9 h 30 sur la place à la fin d'une longue procession de célébrants. L'expression grave, il semblait fatigué.

Murée en temps ordinaire, la Porte Sainte a été ouverte, lors d'une cérémonie retransmise en mondovision, en présence du pape émérite Benoit XVI. Celui-ci a franchi la Porte sainte immédiatement derrière François. C'est la première fois dans l'histoire de l'Église que deux papes se retrouvent ensemble pour le lancement d'une année sainte.

À leur suite, une longue procession de cardinaux, évêques, prêtres, religieux, religieuses et laïcs s'est dirigée ensuite vers la tombe de l'apôtre Pierre, fondateur de l'Église. Dès la fin de la cérémonie, qui s'est conclue par l'Angelus, les pèlerins ont pu à leur tour franchir cette porte, qui, selon la tradition de l'Église, leur permet de recevoir l'«indulgence plénière» pour le pardon de leurs fautes. «Je voulais être ici parce qu'il s'agit d'un message de paix que le Jubilé veut envoyer dans ce moment d'instabilité», a déclaré l'un de ses pèlerins, Maria, venue de Sicile.

Concile Vatican II

S'adressant à des centaines de cardinaux, évêques et prêtres autour de lui, et plus loin à la foule, cantonnée derrière des barrières de sécurité, le pape a insisté sur l'actualité du concile Vatican II (1962/65). Le jubilé de la miséricorde a été décidé pour commémorer la fin de ce concile il y a 50 ans, qui avait changé et modernisé l'Église catholique. Ce concile, a-t-il souligné, «a été une véritable rencontre avec les hommes de notre temps» d'une «Église poussée par l'Esprit Saint à sortir des obstacles qui l'avaient refermée sur elle-même».

Cette volonté d'ouverture porte la marque du pape François, qui s'est lancé depuis son accession au trône de Saint-Pierre en 2013 dans une oeuvre réformatrice de l'Église.

Le soir, à 19 h (13 h, heure de Montréal), sur la façade et le dôme de la basilique tout illuminés, des oeuvres de photographes comme le Brésilien Sebastiao Salgado ou le Français Yann Arthus-Bertrand, seront projetées. Elles illustreront la beauté de la nature, mais aussi les drames de l'humanité, à commencer par les changements climatiques, au moment où se tient à Paris la conférence sur le climat.

Jubilé «extraordinaire»

Cette Année sainte, 15 ans après le jubilé de l'an 2000 du pape Jean Paul II, est une Année sainte «extraordinaire», contrairement aux «ordinaires» qui ont lieu en principe tous les 25 ans. Ce jubilé a été fortement voulu par Jorge Bergoglio, pour souligner l'importance de la «miséricorde» de Dieu, mot clé de son pontificat.

Moment important pour 1,2 milliard de catholiques, il durera jusqu'au 20 novembre prochain.

Pas moins de 21 célébrations sont prévues, avec des accents sur des groupes divers - familles, jeunes, bénévoles, diacres, prêtres, malades et handicapés, catéchistes, détenus...

La venue attendue de millions de pèlerins pose aussi la question aigüe de la sécurité de ce «premier jubilé au temps de l'organisation État islamique (EI)», selon l'expression des autorités italiennes.

La présence des carabiniers, de la police et de l'armée est omniprésente depuis samedi autour du Vatican.

Tout le quartier est zone rouge, avec des rues barrées, des patrouilles de police et de l'armée, et des milliers de caméras vidéo installés dans toute la ville éternelle.

Dans cinq jours, le 13 décembre, et pour la première fois, d'autres Portes saintes seront ouvertes dans les différentes cathédrales du monde. Le pape a voulu innover et ouvrir là encore l'Église au plus grand nombre. Déjà, dimanche dernier, une Porte sainte avait été ouverte par François à la cathédrale de Bangui, par anticipation, signe de la volonté de François de ne pas oublier les «périphéries» du monde.

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