Série de mesures en faveur des banlieues françaises, 10 ans après les émeutes

Affrontements violents, véhicules brûlés: les banlieues françaises s'étaient... (PHOTO LIONEL BONAVENTURE, ARCHIVES AFP)

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Affrontements violents, véhicules brûlés: les banlieues françaises s'étaient embrasées pendant plus de deux semaines en octobre et novembre 2005, après la mort de deux adolescents poursuivis par la police, poussant le gouvernement à décréter l'état d'urgence.

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Agence France-Presse
LES MUREAUX, France

Dix ans après les émeutes en banlieue en France, le gouvernement a annoncé ou confirmé toute une série de mesures contre les discriminations et pour la mixité sociale.

Aux Mureaux, une commune populaire en grande périphérie de Paris, le premier ministre Manuel Valls, flanqué de 17 membres du gouvernement, est venu «amplifier» une première série d'annonces faites en mars pour combattre l'«apartheid social, territorial et ethnique» qui règne selon lui dans les banlieues populaires françaises.

«Il y a dix ans, notre pays a été secoué par plusieurs semaines de troubles qui n'ont laissé personne indemne. La douleur, les images, les cicatrices sont encore là», a estimé M. Valls. «Laisser faire, c'est prendre le risque d'une explosion permanente de notre société», a-t-il mis en garde.

Affrontements violents, véhicules brûlés: les banlieues françaises s'étaient embrasées pendant plus de deux semaines en octobre et novembre 2005, après la mort de deux adolescents poursuivis par la police, poussant le gouvernement à décréter l'état d'urgence.

Rejetant les critiques de l'opposition de droite, le premier ministre s'est défendu lundi de viser une «reconquête» électorale des «quartiers», à presque un mois d'élections régionales qui s'annoncent très difficiles pour la majorité socialiste.

En 2012, les banlieues populaires avaient massivement contribué à l'élection du président Hollande.

Entre la visite d'une mission locale, du chantier de construction d'un commissariat et d'un nouveau quartier, le premier ministre et les ministres ont déambulé dans des rues des Mureaux en ne croisant que quelques rares habitants.

Le premier ministre a rendu publique une liste de 36 communes récalcitrantes à leurs obligations en matière de construction de logement social, 15 ans après l'adoption d'une loi imposant des quotas minimaux. Une deuxième liste doit suivre au 1er semestre 2016.

Afin de «lever les incompréhensions qui existent encore trop souvent» entre certains jeunes et forces de l'ordre, M. Valls a par ailleurs confirmé une généralisation des «caméras piétons» fixées sur le torse des policiers, et qui filment leurs interventions.

Le premier ministre a également confirmé pour la fin de l'année une campagne de «test» promise par le gouvernement sur le marché du travail, pour combattre les discriminations à l'embauche.

Un programme de renouvellement des origines sociales des élèves des écoles administratives sera en outre mis en oeuvre progressivement à partir de la rentrée 2016.

Enfin, dix délégués du gouvernement vont être nommés dans dix villes ayant des quartiers difficiles.

Les Républicains (opposition de droite) ont accusé le gouvernement de faire de la «retape» en banlieue. Le Front national (FN, extrême droite) a quant à lui dénoncé «l'indécence» d'aller promouvoir la «politique de l'échec» du gouvernement, en évoquant «l'ensauvagement ininterrompu» des banlieues françaises.

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