Premières sanctions après l'attentat meurtrier d'Ankara

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Le président Erdogan (2e en partant de la gauche) et son homologue finlandais Sauli Niinisto, accompagnés de leurs épouses respectives, ont pris part aux commémorations de l'attentat de dimanche, à Ankara, le 14 octobre.

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Philippe ALFROY, Burak AKINCI
Agence France-Presse
ANKARA

Les autorités turques ont limogé mercredi les responsables de la police d'Ankara, quatre jours après l'attentat le plus meurtrier de l'histoire du pays qui a suscité un nouveau vent de fronde contre le président Recep Tayyip Erdogan à la veille des législatives.

M. Erdogan avait concédé mardi soir l'éventualité de «fautes» de ses services avant l'attaque. Quelques heures plus tard, le ministère de l'Intérieur a annoncé la destitution du chef de la police de la capitale, Kadri Kartal, ainsi que de ses deux adjoints en charge du renseignement et de la sécurité publique.

Cette décision a été prise «afin de faciliter l'enquête», a justifié le ministère dans une déclaration.

À l'occasion de sa première apparition publique depuis le drame, le chef de l'État a annoncé l'ouverture d'une enquête du Conseil d'inspection de l'État (DDK) afin d'identifier d'éventuels manquements à la sécurité avant l'attentat, qui a fait samedi 99 morts selon un nouveau bilan annoncé mercredi soir par le Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Depuis trois jours, l'homme fort du pays est à nouveau sous le feu des critiques de ses adversaires, notamment de l'opposition prokurde qui pointe du doigt ses responsabilités dans l'attentat.

Le chef de file du Parti démocratique des peuples (HDP), Selahattin Demirtas, lui reproche d'avoir délibérément négligé la sécurité des partisans de la cause kurde qui voulaient défiler samedi contre la reprise de l'offensive des forces de sécurité turques contre les rebelles kurdes.

Depuis samedi, des milliers de personnes ont défilé en Turquie aux cris de «Tayyip assassin» pour dénoncer la stratégie de la tension mise en oeuvre selon eux par le chef de l'État.

M. Erdogan s'est recueilli mercredi matin sur le site de l'explosion, où il a déposé une gerbe à la mémoire des victimes.

Les autorités turques ont fait du groupe djihadiste État islamique (EI) le «suspect numéro 1» du double attentat. Sans aller aussi loin, le chef de l'État a assuré mardi soir que «cette attaque terroriste trouve ses origines en Syrie».

Suspects identifiés

Le gouvernement a fait état de nombreuses «similitudes» entre l'attentat d'Ankara et celui qui avait fait 34 morts le 20 juillet à Suruç, près de la Syrie.

Mercredi, le quotidien Hürriyet a révélé que les deux kamikazes présumés d'Ankara avaient été identifiés.

Le premier serait Yunus Emre Alagöz, le frère de l'auteur de l'attaque suicide de Suruç, et le second Omer Deniz Dundar, connu pour être allé combattre à deux reprises en Syrie. Selon le journal, ces deux hommes turcs seraient arrivés à Ankara le matin de l'attaque depuis la ville de Gaziantep (sud).

Pendant le week-end, la police turque a interpellé 43 personnes soupçonnées de liens avec l'EI.

Ennemie jurée du président syrien Bachar al-Assad, la Turquie a été longtemps accusée par ses alliés de complaisance vis-à-vis des djihadistes qui le combattent. Après l'attentat de Suruç, elle a opéré un revirement en menant quelques raids aériens contre l'EI, qui l'a ouvertement menacée de représailles.

Les autorités turques ont par ailleurs annoncé mercredi avoir arrêté deux personnes soupçonnées de liens avec les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et susceptibles d'avoir eu connaissance de l'attentat d'Ankara.

Le ministère des Affaires étrangères turc a annoncé mercredi avoir convoqué la veille les ambassadeurs des États-Unis et de Russie à Ankara pour les mettre en garde contre tout soutien aux miliciens kurdes de Syrie, considérés comme un mouvement «frère» des «terroristes» du PKK.

Selon le ministère de la Santé, 38 blessés dans l'attentat étaient toujours en soins intensifs mercredi.

À l'approche des élections législatives du 1er novembre, les tensions sont vives entre le camp de M. Erdogan et le HDP. En raflant 13% des voix lors du scrutin du 7 juin, le parti prokurde a contribué à faire perdre au parti de chef de l'État la majorité absolue qu'il détenait depuis treize ans.

Depuis des semaines, le pouvoir accuse le HDP de «complicité» avec le PKK, avec l'espoir d'attirer à lui l'électorat nationaliste.

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