Turquie: le rédacteur en chef d'un journal arrêté pour avoir insulté Erdogan

Le rédacteur en chef du Today's Zaman Bülent Kenes,... (Photo Isa Simsek, AP)

Agrandir

Le rédacteur en chef du Today's Zaman Bülent Kenes, quelques minutes avant son arrestation par la police, vendredi à Istanbul.

Photo Isa Simsek, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
ISTANBUL

La police turque a arrêté vendredi soir à Istanbul le rédacteur en chef d'un quotidien de langue anglaise proche de l'opposition accusé d'avoir « insulté » le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan sur les réseaux sociaux, a rapporté le journal.

Le journaliste, Bülent Kenes, a été interpellé par des policiers en civil dans les locaux du quotidien Today's Zaman, devant des centaines de salariés et de collègues qui portaient des pancartes avec le slogan « les médias libres ne se tairont pas ».

Le rédacteur en chef a été conduit en voiture jusqu'au palais de justice d'Istanbul, selon la chaîne de télévision proche du groupe Zaman, Samanyolu, qui a retransmis son arrestation en direct.

Dans l'après-midi, un juge avait ordonné, sur réquisition du procureur, l'arrestation de M. Kenes, poursuivi pour une série de tweets écrits en août.

Le rédacteur en chef de Today's Zaman, la version anglaise du quotidien Zaman, le plus vendu en Turquie, avait déjà écopé en juin dernier d'une peine de vingt-et-un mois de prison avec sursis pour un autre tweet « insultant » à l'encontre de M. Erdogan.

Zaman est considéré comme proche de l'imam Fethullah Gülen, devenu l'ennemi numéro 1 de l'homme fort du pays depuis le scandale de corruption qui a éclaboussé son régime fin 2013.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2003, M. Erdogan, élu en août 2014 à la magistrature suprême, a multiplié les plaintes en diffamation ou insulte contre ses adversaires, qu'il s'agisse d'adversaires politiques, de journalistes, d'artistes ou de simples citoyens.

Le gouvernement islamo-conservateur, au pouvoir depuis 2002, est régulièrement dénoncé pour ses attaques visant la liberté de la presse en Turquie.

Ces dernières semaines, plusieurs médias ont été la cible de descentes de police ou d'enquêtes judiciaires pour « propagande terroriste » en faveur du PKK, notamment le groupe Dogan, propriétaire du quotidien Hürriyet et de la chaîne d'information CNN Türk.

Des élections législatives anticipées sont prévues le 1er novembre en Turquie.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer