Huit morts dans le pire incendie d'immeuble depuis 2005 à Paris

Un pompier évacue une famille après qu'un incendie... (PHOTO FRANÇOIS MORI, AP)

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Un pompier évacue une famille après qu'un incendie eut frappé un immeuble à logements dans le nord de Paris. Le drame a fait huit morts, dont deux enfants.

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Katell PRIGENT, Stéphane JOURDAIN
Agence France-Presse
PARIS

La piste criminelle était privilégiée mercredi après la mort de huit personnes, dont deux enfants, dans l'incendie qui a ravagé un immeuble d'habitation du nord de Paris, le sinistre le plus grave depuis 2005 dans la capitale française.

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En cause, deux départs de feu successifs, à deux heures d'intervalle dans la nuit de mardi à mercredi, dans ce même immeuble d'un quartier populaire et d'immigration au sein du 18e arrondissement.

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Un homme «qui pourrait avoir été présent» sur les lieux quand le drame est survenu a été interpellé et placé en garde à vue, a-t-on appris de sources proches de l'enquête.

Agé d'une trentaine d'années, il a été appréhendé par les policiers «à la suite de l'exploitation des premiers témoignages et des images de vidéosurveillance, mais on reste très prudent, ce n'est que le début de l'enquête», a dit une de ces sources à l'AFP.  Il avait sur lui une bougie et un briquet au moment de son arrestation.

Cet homme connu de la police, notamment pour des affaires de stupéfiants, de vols et de dégradations de biens privés, a des antécédents psychiatriques, ont précisé à l'AFP des sources judiciaire et proche de l'enquête. L'une d'elles a parlé de trois hospitalisations en service spécialisé d'un à deux mois dans les cinq dernières années.

Deux départs de feu successifs, à deux heures d'intervalle dans la nuit de mardi à mercredi, ont eu lieu dans cet immeuble d'un quartier populaire et d'immigration du 18e arrondissement.

Un premier foyer est maîtrisé rapidement mais peu après 04h00, un nouvel incendie éclate, dans le même immeuble. Norman Grandjean, un cadre trentenaire qui habite en face, est réveillé par les appels «au secours». Par la fenêtre, il voit «des flammes sortir par le troisième étage et des personnes coincées aux fenêtres».

«J'ai vu des flammes, j'ai vu des corps par terre inanimés», a raconté à l'AFP Tissem Ferjani, une habitante du quartier. «Il était à peu près quatre heures du matin, j'ai été réveillée par les cris, les gens criaient à l'aide, ils n'avaient pas de choix, soit ils restaient chez eux et ils mouraient soit ils sortaient par la fenêtre et ils tombaient. Tous les habitants du quartier sont sortis pour essayer d'aider.»

Les pompiers sont parvenus à sortir sept survivants du brasier.

Le ministre français de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a déploré un «bilan très lourd: huit morts, quatre blessés» et confirmé que «la piste criminelle était privilégiée».

«Tout est mis en oeuvre pour faire la lumière sur l'origine de ce drame», a assuré le président François Hollande.

Parmi les personnes ayant péri, six ont été intoxiquées, dont deux enfants de 8 et 14 ans, un homme de 63 ans et une femme de 44 ans, semble-t-il d'une même famille. Les deux dernières victimes se sont défenestrées face à la progression des flammes.

Le feu s'est déclaré au rez-de-chaussée de l'immeuble avant de se propager dans la cage d'escalier, a précisé à l'AFP une source proche de l'enquête.

«Rénovation récente» 

Une ou des personnes a (ont) été vue(s) s'éloigner en courant après le départ du feu, et la police cherche à savoir si elles sont impliquées, selon les premiers éléments de l'enquête.

Une grande trace noire verticale était visible mercredi matin sur trois niveaux, tandis que des pompiers avec de la suie sur le visage sortaient de l'immeuble.

Une centaine de soldats du feu ont dû être déployés pour maîtriser le sinistre.

«L'immeuble est un immeuble privé», «il ne relève ni du logement social, ni du traitement pour insalubrité», a assuré la maire de Paris Anne Hidalgo. Selon Bernard Cazeneuve, le bâtiment avait fait l'objet d'une «rénovation récente» et était «sécurisé» par un «digicode».

Il s'agit de l'incendie le plus meurtrier depuis 2005 à Paris, année où une vague de feux y avait fait une cinquantaine de morts, dont celui de l'hôtel Paris-Opéra (24 morts, dont 11 enfants) en avril et celui du boulevard Vincent-Auriol (17 morts, dont 14 enfants), dans le 13e arrondissement en août.




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