La Suisse autorise l'extradition d'un ex-commandant musulman de Srebrenica

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Naser Oric en 2003 lors de son procès devant la TPIY.

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Agence France-Presse
GENÈVE

La Suisse a autorisé jeudi l'extradition vers la Bosnie, et non vers la Serbie, de Naser Oric, ex-commandant des troupes musulmanes de Srebrenica pendant la guerre intercommunautaire de 1992-95, recherché par les deux pays pour crimes de guerre.

«L'Office fédéral de la justice (OFJ) a autorisé aujourd'hui, dans le cadre d'une procédure simplifiée, l'extradition de Naser Oric vers la Bosnie-Herzégovine», a-t-il annoncé dans un communiqué.

La date de la remise de M. Oric, 48 ans, est tenue secrète pour des raisons liées à sa sécurité.

Naser Oric avait été arrêté le 10 juin à Thonex, dans le canton de Genève, et avait été placé en détention. La Serbie qui réclamait son extradition le soupçonne de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Cette décision de la justice suisse a aussitôt été saluée par le membre musulman de la présidence collégiale (serbe, musulman, croate) de Bosnie, Bakir Izetbegovic.

«Je pense que cette décision est la seule correcte et juste», a déclaré M. Izetbegovic à la presse.

«Une nouvelle tentative de la justice serbe de malmener nos ressortissants, malgré les accords et les protocoles en vigueur (sur la coopération des justices des deux pays sur les dossiers de crimes de guerre), a échoué», a-t-il ajouté.

À Belgrade, le premier ministre serbe, Aleksandar Vucic, a dénoncé une décision «politiquement motivée» qui est «tout sauf juste».

«Pour la Serbie, cela signifie que la question des crimes de guerre n'est pas du ressort de la justice, mais de la politique», a-t-il dit à la presse, affirmant être certain que ce dossier serait abandonné par la justice bosnienne.

Naser Oric «accusé des pires crimes, est ainsi relâché», a martelé le chef du gouvernement serbe.

M. Oric s'étant opposé à son extradition au cours de son audition, l'OFJ a demandé au ministère de la justice serbe de lui remettre une demande formelle d'extradition: un document que les autorités suisses ont reçu le 22 juin.

Mais «dans l'intervalle», explique Berne, le ministère de la Justice de la Bosnie a également demandé l'extradition de M. Oric, pour pouvoir poursuivre une procédure pénale ouverte à son encontre pour crimes de guerre contre la population civile.

Auditionné le 25 juin, M. Oric a accepté d'être extradé vers la Bosnie.

L'OFJ souligne que «s'il a pu prendre sa décision aussi rapidement, c'est aussi parce que la seconde demande d'extradition l'emportait sur la première, selon les critères de la convention européenne d'extradition» car «les actes fondant les deux demandes d'extradition ont été commis en Bosnie et M. Oric est ressortissant de ce pays».

Quelque 8000 hommes et garçons musulmans ont été tués à Srebrenica par les forces serbes bosniennes peu avant la fin de la guerre de Bosnie, la pire tuerie en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Ce massacre a été qualifié de génocide par la justice internationale.

Le comité d'organisation des commémorations du 20e anniversaire de ce massacre, prévues le 11 juillet, avait menacé mardi de les annuler dans le cas du maintien en détention de Naser Oric.

Oric avait été condamné en 2006 à deux ans de prison par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), pour ne pas avoir empêché des mauvais traitements et des meurtres à l'encontre de la population serbe à Srebrenica. Mais il a été acquitté en appel en 2008.

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