L'OTAN va approuver le «doublement» de sa force de réaction rapide

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Le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg (au centre).

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Née en novembre de la volte-face du pouvoir, qui a renoncé à un rapprochement avec l'UE pour signer un accord avec Moscou, la contestation ukrainienne s'est depuis muée en révolte contre le président Ianoukovitch. Une crise qui plonge l'Ukraine au bord de la guerre civile, alors que les affrontements entre opposants et forces de l'ordre ont fait des dizaines de morts et des centaines de blessés. »

Agence France-Presse
BRUXELLES

L'OTAN va décider cette semaine de renforcer sa force de réaction rapide en doublant sa capacité actuelle, pour s'adapter à un contexte bouleversé par la crise en Ukraine, a annoncé lundi le secrétaire général de l'Alliance, Jens Stoltenberg.

Les ministres de la Défense de l'OTAN vont prendre «la décision de renforcer la puissance et les capacités de la Force de réaction rapide de l'OTAN jusqu'à 30 000 à 40 000 hommes, plus du double de sa taille actuelle», a déclaré M. Stoltenberg, alors que les ministres doivent se retrouver mercredi et jeudi au siège de l'alliance à Bruxelles.

L'alliance, dominée par les États-Unis, avait créé en 2002 cette «force de réaction rapide», dotée de quelque 13 000 hommes avec la capacité de se déployer beaucoup plus rapidement que les forces principales.

Mais la crise en Ukraine et l'intervention de Moscou pour soutenir les séparatistes pro-russes ont démontré que cette force pouvait ne pas être suffisamment rapide, dans un contexte sécuritaire qui a largement évolué, a souligné M. Stoltenberg.

En septembre, les chefs d'État et de gouvernement de l'OTAN ont donc approuvé une structure plus légère et encore plus rapide, la force «fer-de-lance», composée de 5000 hommes et capable de se déployer dans un délai se comptant en jours et non en mois.

M. Stoltenberg a estimé que le renforcement de cette force très rapide progressait à bon rythme.

Il a ajouté que l'OTAN allait «accélérer son processus décisionnel» pour faire face aux nouveaux défis, avec notamment la création au sein de sa structure de commandement d'un nouveau quartier général pour coordonner les questions de logistique.

Carter promet l'aide de Washington

En conséquence, le commandant suprême de l'OTAN aura «plus de responsabilités» en matière de déploiement, afin que l'alliance de 28 États membres puisse répondre plus rapidement, a-t-il expliqué.

«Il s'agit de décisions importantes, qui font partie de l'adaptation de l'OTAN à un nouvel environnement sécuritaire», a estimé le secrétaire général, en soulignant l'importance pour les pays membres de se conformer à leur engagement de septembre dernier d'augmenter leurs dépenses militaires pour qu'elles atteignent 2 % de leur Produit intérieur brut (PIB).

Le nouveau secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, qui participera à cette réunion à Bruxelles, a promis lundi lors d'une visite en Allemagne que les États-Unis fourniraient à la fois des hommes et de l'équipement à cette force de réaction rapide.

«Les États-Unis sont profondément engagés dans la défense de l'Europe et le sont depuis des décennies», a expliqué M. Carter à des journalistes à Münster (nord), après s'être rendu à Berlin.

L'aide américaine intègrera des armes, des avions de transport, des soldats, des moyens logistiques et des capacités de renseignement et de surveillance, a détaillé le patron du Pentagone.

Washington s'est par ailleurs engagé à en faire plus pour rassurer ses alliés, en particulier les pays de l'ex-bloc de l'Est qui s'inquiètent de la politique actuelle de Moscou.

Les pays baltes ont réclamé la présence permanente de troupes de l'OTAN sur leur territoire. Mais un tel déploiement risque d'être en contradiction avec l'Acte fondateur signé par l'OTAN et la Russie postcommuniste pour «construire ensemble une paix durable et respectueuse».

Pour tenter de contourner la difficulté, les États-Unis proposent de prépositionner dans les pays du flanc est de l'Europe, dont les pays baltes, des armements lourds, correspondant à l'équipement d'une brigade de combat (environ 5000 hommes).

«Cela ne viole en rien l'acte fondateur. Tout ce que nous faisons est défensif, proportionné et conforme à nos engagements internationaux», a estimé lundi M. Stoltenberg.

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