Paris s'apprête à retirer 45 tonnes de «cadenas d'amour»

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Le Pont des Arts est connu du monde entier pour ses milliers de «cadenas d'amour» que les couples viennent fixer le long du parapet pour sceller leur union, avant de jeter la clé dans la Seine.

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Agence France-Presse
PARIS

Trop de romantisme pèse : la mairie de Paris va retirer à partir de lundi les centaines de milliers de «cadenas d'amour» accrochés au célèbre pont des Arts, qui a fléchi sous leur poids l'an dernier.

Le pont des Arts, qui enjambe la Seine et offre l'une des plus belles vues de la capitale, est connu du monde entier pour ses «cadenas d'amour» que les couples viennent fixer le long du parapet, avant de jeter la clé dans le fleuve.

Mais l'an passé, une partie du grillage de la passerelle s'était effondrée, sans faire de victime, sous le poids du métal.

«Dégradation du patrimoine, risque pour la sécurité des visiteurs» : la mairie de Paris a donc décidé de retirer définitivement les cadenas du pont dès lundi.

«On va retirer près d'un million de cadenas, soit 45 tonnes», explique Bruno Julliard, premier adjoint au maire de Paris, qui déplore «cette laideur».

La mairie va dans un premier temps remplacer des grilles et panneaux en bois par des «oeuvres de plusieurs artistes» avant d'installer «des panneaux vitrés» dès l'automne, a-t-il précisé.

«C'est un peu idiot et dommage», regrette Jean, 57 ans, qui déambule bras dessus bras dessous sur la passerelle avec Marion, 42 ans, sa «compagne illégitime». «C'est tout un symbole de déposer un cadenas pour sceller son amour sur ce pont, ici à Paris, la ville des amoureux», croit ce touriste venu du sud de la France.

«On pourrait ramasser tous les cadenas et les rassembler, en faire une sorte de statue ou de monument», suggère pour sa part Guillermo, un Argentin de 33 ans qui s'apprêtait à en déposer un dans l'espoir d'épouser sa nouvelle petite amie.

Pour Vincent Jouaneau, guide qui accompagne deux couples philippins, il est «hors de question de prévenir les groupes». «Les prochains, je les emmènerai sur le Pont Neuf», à quelques dizaines de mètres, déposer leurs cadenas «autour de la statue d'Henri IV», plaisante-t-il.

Un scénario que la mairie de Paris a d'ores et déjà anticipé : «Nous allons mettre en place un dispositif similaire sur le pont de l'Archevêché», derrière Notre-Dame, autre endroit ciblé par les couples, prévient Bruno Julliard.

«Nous souhaitons que Paris reste la capitale de l'amour et du romantisme», dit l'élu, annonçant une campagne prochaine de sensibilisation invitant les amoureux à témoigner de leur amour autrement, pourquoi pas en faisant des égoportraits.

De Rome à Moscou en passant par Berlin, les «cadenas d'amour» ont essaimé jusqu'à l'excès dans de nombreuses villes européennes, où le phénomène est plus ou moins toléré par les autorités.

Le rite des cadenas symbolisant l'amour éternel semble avoir démarré à Rome, popularisé par deux romans à l'eau de rose de Federico Moccia, «Trois mètres au-dessus du ciel» (1992) et sa suite «J'ai envie de toi» (2006). Dans ce dernier livre, le héros et l'héroïne accrochent un cadenas avec leur nom sur un lampadaire du Ponte Milvio près de Rome, s'embrassent et jettent la clé dans les eaux du Tibre.

Le phénomène est même devenu mondial, avec des cadenas recensés jusqu'à Marrakech ou en Chine.

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