Macédoine: 30 personnes inculpées de «terrorisme»

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Lundi, des habitants qui avaient fui le quartier des combats retournaient chez eux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

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Jovan MATIC, Jasmina MIRONSKI
Agence France-Presse
KUMANOVO et SKOPJE

Trente personnes ont été inculpées pour «terrorisme» lundi en Macédoine, après les combats meurtriers qui ont opposé la police à un groupe armé, présumé d'origine albanaise, ce week-end à Kumanovo (nord), les pires violences en 14 ans dans ce pays.

Des dizaines de maisons détruites, des façades calcinées ou criblées d'impacts de balles de divers calibres témoignent de la violence des affrontements dans le quartier à majorité albanaise où s'était retranché le groupe armé.

Ces combats qui ont fait 22 morts - huit policiers et 14 membres du groupe armé - ont provoqué la vive inquiétude de l'OTAN et de l'UE, et réveillé la crainte d'un conflit similaire à celui de 2001, qui avait opposé pendant six mois les forces armées macédoniennes aux rebelles albanais réclamant davantage de droits au sein de la société.

Cette ex-république yougoslave majoritairement peuplée de Slaves compte 2,1 millions d'habitants, dont un quart d'origine albanaise.

Lundi, des habitants qui avaient fui le quartier des combats retournaient chez eux, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les forces spéciales de la police ont elles quitté la ville. Trente-sept policiers ont également été blessés dans les combats.

La fin de l'opération a été annoncée dimanche dans la soirée, la police affirmant avoir «neutralisé un groupe terroriste», dans cette ville proche de la frontière avec le Kosovo d'où, selon la presse, le groupe serait venu.

La police a précisé que cinq des leaders des insurgés étaient des ressortissants albanais du Kosovo.

Un pays en proie à une grave crise politique

Trente personnes ont été arrêtées et inculpées de «terrorisme, d'avoir mis en danger l'ordre constitutionnel et la sécurité», et certaines d'entre elles sont accusées de «possession illégale d'armes et d'explosifs», a indiqué le parquet dans un communiqué.

Ces combats sont intervenus sur fond de grave crise politique dans ce pays candidat à l'adhésion à l'UE depuis dix ans.

«La Macédoine est confrontée à la plus grave crise politique depuis son indépendance» en 1991, explique à l'AFP Biljana Vankovska, analyste politique spécialisée en questions de sécurité.

Cette crise oppose depuis des mois les principales formations slaves -, l'opposition de gauche accusant le pouvoir conservateur de corruption et de la mise sur écoute de 20 000 personnes, dont des hommes politiques, des journalistes et des chefs religieux. Un grand rassemblement de l'opposition est prévu le 17 mai.

«Malheureusement, cette crise politique a affecté la capacité institutionnelle et la légitimité des institutions de l'État à un tel point qu'il y a même des rumeurs selon lesquelles les partis au pouvoir auraient fomenté ce conflit», avance Mme Vankovska.

«Il est très étrange de constater que lorsque l'opinion publique semble se tourner contre le gouvernement, soudainement il y a une menace terroriste», commente pour l'AFP James Ker-Lindsay, expert de l'Europe du Sud-est auprès de la London School of Economics and Political Science, tout en soulignant que «ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de menace terroriste».

Pour sa part, l'opposition de gauche SDSM qui réclame depuis des mois la démission du gouvernement a réitéré lundi cette demande et assuré que l'appel à la manifestation du 17 mai était maintenu.

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