La NSA a demandé aux services allemands d'espionner Siemens

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«Siemens n'a connaissance d'aucun fait dans son champ de responsabilité, qui expliquerait un intérêt de la part des services de renseignement», a réagi le groupe de Munich selon les propos d'un porte-parole rapportés par le Bild am Sonntag.

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Agence France-Presse

L'agence de sécurité américaine NSA a demandé au service de renseignement allemand BND d'espionner le groupe industriel Siemens, a rapporté dimanche le journal allemand Bild am Sonntag.

D'après le journal allemand qui cite des sources du renseignement américain sans les identifier, la NSA (Agence de sécurité nationale) soupçonnait Siemens de fournir du matériel de télécommunication aux services secrets russes.

«Siemens n'a connaissance d'aucun fait dans son champ de responsabilité, qui expliquerait un intérêt de la part des services de renseignement», a réagi le groupe de Munich selon les propos d'un porte-parole rapportés par le Bild am Sonntag.

À vrai dire, il «n'est pas clair» si le BND a véritablement aidé la NSA à espionner Siemens, indique le journal.

Les récentes révélations selon lesquelles les services allemands auraient également espionné le consortium européen Airbus, le gouvernement français et la Commission européenne pour le compte de la NSA, ont éclaboussé le gouvernement de la chancelière Angela Merkel et irrité certains des partenaires européens de l'Allemagne.

En réaction à ce scandale qui a fait naître des tensions dans la coalition au pouvoir entre conservateurs et sociaux-démocrates, le BND a considérablement restreint sa coopération avec l'agence américaine sur les communications interceptées dans le centre d'écoutes du BND de Bad Aibling en Bavière (sud), a affirmé la presse allemande jeudi.

La chancelière, qui a admis «des manques» au sein du BND, a assuré qu'elle était prête à s'exprimer devant la commission d'enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur des pratiques d'espionnage.

Selon le Bild am Sonntag, les États-Unis s'opposent à ce que l'Allemagne dévoile la liste des mots-clés, adresses IP d'ordinateurs, adresses de courriel et numéros de téléphone que le BND aurait surveillé à la demande de la NSA depuis 2004. Si cette liste était rendue publique, Washington menace de réduire sa coopération avec Berlin notamment aux alertes terroristes, mais par exemple ne délivrerait plus d'images satellites haute résolution des endroits où sont détenus des citoyens allemands, détaille le journal.

L'ex-consultant de l'Agence de sécurité américaine (NSA), Edward Snowden, avait jugé vendredi dans l'hebdomadaire Der Spiegel que l'affaire d'espionnage de responsables européens par le renseignement allemand pour le compte de Washington confirmait ses propres thèses sur l'existence d'un espionnage «massif».

«La surveillance massive est une réalité, l'espionnage industriel est pratiqué et les services de renseignements travaillent en dehors du contrôle des représentants du peuple et de la justice», a-t-il déclaré.

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