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Problèmes psychologiques chez les pilotes: un filet sécuritaire aux mailles larges

«Sans être foncièrement malhonnêtes, les personnels de l'aviation... (PHOTO MARTIN BUREAU, ARCHIVES AFP)

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«Sans être foncièrement malhonnêtes, les personnels de l'aviation n'ont pas l'habitude de fournir volontiers des renseignements qui pourraient avoir une incidence sur leur classement médical», écrit le Ministère dans le guide qu'il remet aux médecins chargés d'évaluer les pilotes de ligne.

PHOTO MARTIN BUREAU, ARCHIVES AFP

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Les pilotes de ligne qui veulent cacher leurs problèmes psychologiques peuvent assez facilement passer entre les mailles du filet sécuritaire, selon des médecins québécois accrédités pour les examiner.Et les conséquences sévères qu'entraîne tout diagnostic de dépression poussent certains à faire l'impasse sur leurs tourments.

«Les pilotes tendent à cacher leurs problèmes de santé, a indiqué Robert Perlman, l'un des quatre médecins-examinateurs de Transports Canada avec lesquels La Presse s'est entretenue. C'est catastrophique pour un pilote de perdre son permis.»

Examen annuel

Le Dr Perlman et ses collègues reçoivent chaque année des dizaines de pilotes qui doivent se soumettre à une évaluation complète afin de déterminer s'ils sont aptes à voler. Pour la plupart des pilotes de ligne, il s'agit d'un examen annuel.

«Les pilotes tendent à cacher leurs problèmes de santé.»

Robert Perlman
médecins-examinateur de Transports Canada

Les médecins n'ont pas une liste précise de questions à poser sur la santé mentale. Et ils admettent tous qu'il n'y a pas de moyen d'établir avec certitude la stabilité psychologique d'un patient sans sa collaboration.

«Les problèmes de santé mentale, c'est très difficile à dépister lorsque les pilotes ne présentent pas des signes évidents», a dit Éric Dupras, médecin à Amos.

«Quand ils viennent me voir, on s'entend qu'ils veulent avoir leur certificat médical. Alors ils ne seront pas portés à parler du côté sombre de leur vie», a expliqué le Dr Claude Archambault, de Fabreville. Pire: dans les milieux de travail, les pilotes «ont tendance à se protéger» entre eux et à ne pas rapporter les collègues qui vivent des moments difficiles.

Le Dr Archambault croit toutefois que les médecins qui connaissent bien leurs patients peuvent parfois détecter des changements dans leur état mental.

Son confrère Jamal Serrar, qui pilote lui-même un avion dans ses temps libres, ajoute: «Si quelqu'un a l'intention de s'enlever la vie et a un plan, souvent il va le cacher. C'est comme ça aussi pour le reste des patients.»

Risque de dissimulation

Transports Canada reconnaît d'ailleurs ce risque de dissimulation. «Sans être foncièrement malhonnêtes, les personnels de l'aviation n'ont pas l'habitude de fournir volontiers des renseignements qui pourraient avoir une incidence sur leur classement médical», écrit le Ministère dans le guide qu'il remet aux médecins.

Selon le Dr Perlman, la licence de pilote est suspendue dès qu'un diagnostic de dépression est prononcé, et le reste souvent pendant toute la période où le patient prend des antidépresseurs. Un programme de retour au travail dans des conditions très strictes existe toutefois.

L'Association québécoise du transport aérien n'a pas voulu commenter la situation, tout comme l'Organisation de l'aviation civile internationale. Air Canada et Air Transat ont dit respecter la réglementation.

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