Une «marée du siècle» transforme le Mont-Saint-Michel en île

Au Mont-Saint-Michel, des touristes venus de tous les... (Photo AP)

Agrandir

Au Mont-Saint-Michel, des touristes venus de tous les coins de France, mais aussi de nombreux étrangers, se sont élancés même avant l'aube sur la passerelle qui mène à la Merveille, classée au patrimoine mondial par l'UNESCO.

Photo AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Changements climatiques

Environnement

Changements climatiques

Tout sur les changements climatiques »

Sur le même thème

Sandra FERRER, Patrick BAERT, Aurelia MOUSSLYLE
Agence France-Presse
MONT-SAINT-MICHEL

Des gerbes d'eau qui s'envolent à Saint-Malo, le célèbre Mont-Saint-Michel redevenu une île: la «marée du siècle», un phénomène spectaculaire lié à l'horlogerie céleste, a attiré samedi des dizaines de milliers de personnes sur les côtes occidentales françaises mais a été endeuillée par deux morts.

Au Mont-Saint-Michel, des touristes français et de nombreux étrangers - Japonais, Allemands, Belges notamment - s'étaient élancés avant l'aube sur la passerelle qui mène à la «Merveille», classée au patrimoine mondial par l'UNESCO.

Le Mont est redevenu une île samedi matin lors de la pleine mer, puis à nouveau à 20 h 7 (15 h 7, heure de l'Est), avec un coefficient de marée de 119, soit le plus haut jamais constaté, selon le SHOM, l'établissement national français expert en hydro-océanographie.

Ils étaient 30 000 à contempler le spectacle samedi soir, massés sur le site même, ou encore depuis le pont passerelle menant au rocher, à l'exception des derniers mètres recouverts par la mer.

«C'est un record d'affluence absolu», s'est félicité le syndicat mixte de la Baie du Mont-Saint-Michel. Pour l'occasion, 60 projecteurs le long du pont passerelle ont éclairé les flots de leur rayon mobile.

Vendredi soir, 10 000 personnes y avaient déjà admiré la pleine mer.

«J'étais vraiment émue. C'est splendide de se sentir un peu isolée du monde», a raconté Marie-Reine Sallou, qui vit dans la région.

Avec la «marée du siècle», qui se produit en réalité tous les 18 ans environ, le marnage (écart maximal entre la basse et la pleine mer) tutoie en France les 14 mètres, soit plus qu'un immeuble de quatre étages.

Mais le marnage maximal observé dans le monde est attendu dans la baie de Fundy, au Canada, où il devrait atteindre jusqu'à 16 mètres.

Le phénomène devait également être très visible sur la côte est de la Terre de Feu, ainsi que sur la côte nord de l'Australie et au Royaume-Uni, dans le canal de Bristol (plus de 14 m).

La dernière «marée du siècle» s'était produite le 10 mars 1997 et la prochaine aura lieu le 3 mars 2033. Celle de samedi est donc bien pour l'heure la plus forte marée du XXIe siècle.

Ces fortes marées interviennent alors que plusieurs facteurs astronomiques sont en conjonction parfaite: alignement des astres, distance les plus courtes sur les orbites...

Une éclipse solaire était d'ailleurs visible en Europe vendredi. Les marées résultent de l'attraction de la Lune et du Soleil sur les mers et les océans.

À quelque 50 km à l'ouest du Mont-Saint-Michel, dans la ville historique de Saint-Malo, quelque 20 000 personnes avaient envahi la corniche, dès le lever du jour, pour assister à la grande marée du matin.

La journée a aussi fait la joie de nombreux surfeurs en Angleterre sur la Severn (sud-ouest Grande-Bretagne) ou en France sur la Dordogne (sud-ouest France) qui ont profité des flux amplifiés pour prendre le «mascaret», vague de fleuve provoquée par les grandes marées.

Deux morts et quinze personnes secourues

À marée basse, la mer s'est retirée à perte de vue, les pêcheurs à pied en profitant pour envahir l'estran, munis de pelles et de râteaux, et ramasser coques, couteaux et autres palourdes.

Les autorités locales avaient multiplié ces derniers jours les appels à la prudence en direction des pêcheurs qui pourraient se retrouver piégés par la marée, en particulier dans la baie du Mont-Saint-Michel, où selon le dicton, elle remonte «à la vitesse d'un cheval au galop».

Un pêcheur à pied de 70 ans, qui voulait profiter du recul de l'océan, est mort noyé samedi sur une plage du sud-ouest alors que la mer était à marée basse.

«La personne est tombée dans un trou ou a été déséquilibrée par une vague, puis a été emportée par le courant», ont indiqué les pompiers.

Et au large de l'Ile Grande (Ouest), le corps sans vie d'un pêcheur d'ormeaux a été retrouvé par un hélicoptère de la sécurité civile.

En tout, dans le courant de l'après-midi, 15 personnes ont dû être secourues en Bretagne.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer