Poutine, d'invisible à guerrier

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Le président russe, Vladimir Poutine

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Invisible depuis le 5 mars, Vladimir Poutine est réapparu hier. S'il a blagué sur les rumeurs entourant sa longue absence, le président russe a aussi envoyé un message plus sérieux à l'Occident. Il a ordonné le déploiement de 40 000 soldats dans le nord de la Russie, aux portes du Canada. Les enjeux en cinq questions et réponses.

Mais où était donc Vladimir Poutine?

Assistait-il à la naissance de l'enfant de sa maîtresse, subissait-il une chirurgie plastique ou encore, faisait-il l'objet d'un putsch? La semaine dernière, la machine à rumeurs allait bon train au sujet du président russe, disparu de la scène publique depuis le 5 mars. Le Kremlin se limitait à dire qu'il ne se sentait pas bien. Hier, Vladimir Poutine a refait surface à Saint-Pétersbourg où il a rencontré le président kirghize, Almazbek Atambayev. Il n'a donné aucune précision sur la longue absence et s'est contenté de plaisanter. «Sans rumeurs, la vie serait ennuyeuse», a-t-il donné en guise d'explication.

Hier, le président russe a annoncé un important déploiement militaire dans le nord du pays. Que sait-on sur ce déploiement?

Hier matin, Vladimir Poutine a mis la flotte nordique du pays en «état d'alerte maximale». Cette flotte, composée de quelque 40 000 troupes, 41 navires de guerre, 15 sous-marins et 110 avions de chasse, procédera à des exercices militaires toute la semaine dans l'Arctique. Ce déploiement coïncide avec le premier anniversaire de l'annexion de la Crimée par la Russie. Le ministre de la Défense, Sergeï Shoigu a expliqué que «les nouvelles menaces» qui pesaient contre la Russie «obligeaient les forces armées à accroître leurs capacités» militaires. «Une attention spéciale doit être portée à de nouveaux positionnements stratégiques dans le nord», a ajouté M. Shoïgu.

De quelles «nouvelles menaces» le ministre de la Défense russe parle-t-il?

Expert de l'ex-URSS à l'Université du Québec à Montréal, Yann Breault note que l'escalade militaire n'est pas limitée à la Russie. Au cours des derniers jours, la Norvège, un membre de l'OTAN, a commencé un exercice militaire avec 5000 troupes dans le Finnmark, à la frontière de la Russie. D'autres exercices de l'OTAN ont eu lieu dans la mer Noire. Les États-Unis ont annoncé l'envoi de 3000 soldats et d'équipements militaires dans les États baltes, qui se sentent menacés par la Russie. Hier, le secrétaire de l'OTAN a rencontré le premier ministre moldave, Chiril Gaburici. «Les choses se calment en Ukraine de l'Est. Il y a beaucoup moins de combats. Le président ukrainien prépare un projet d'autonomie pour le Donbass. La renégociation du rapport de force entre l'Ouest et la Russie se déplace», croit M. Breault.

Est-ce la première fois que la Russie décrète un état d'alerte maximal?

Non. Yann Breault note que 65 000 militaires russes ont été appelés en renfort l'été dernier en marge du conflit en Ukraine de l'Est. Depuis l'an dernier, le bras de fer entre l'Occident et la Russie incite le gouvernement russe à investir lourdement dans ses forces armées. Cette année, le budget militaire russe atteint 80 milliards, soit 30% de plus qu'en 2014. Vladimir Poutine a aussi annoncé qu'il dépensera 340 milliards US pour renforcer l'armée russe avant la fin de la décennie.

Comment le gouvernement canadien réagit-il à l'exercice militaire russe, qui se déroule tout près de sa frontière boréale?

Le Canada est déjà à couteaux tirés avec la Russie. La semaine dernière, le ministre de la Défense Jason Kenney a affirmé que depuis que la frégate canadienne HMCS Fredericton est arrivée dans la mer Noire dans le cadre d'une mission de l'OTAN, les marins canadiens ont été confrontés par des navires de guerre russes et survolés a basse altitude par des avions de chasse, une affirmation que nie l'OTAN. Hier, Jason Kenney a dit que le Canada a noté une présence militaire russe accrue dans l'Arctique depuis l'an dernier et «prend la question très au sérieux». «Notre gouvernement, depuis son arrivée au pouvoir en 2006, a souligné l'importance de donner un sens pratique à notre souveraineté dans l'Arctique en augmentant nos ressources militaires qui peuvent y être déployées», a-t-il dit.

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