L'opposant russe Navalny se libère de son bracelet électronique

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Navalny avait déjà bravé l'interdit, le soir de sa condamnation le 30 décembre, en tentant de rejoindre des centaines de manifestants rassemblés près du Kremlin pour le soutenir. Il avait alors été brièvement arrêté.

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Agence France-Presse

L'opposant russe Alexeï Navalny, condamné à trois ans et six mois de prison avec sursis pour détournements de fonds, a sectionné son bracelet électronique, alors qu'il est assigné à résidence, dans un défi lancé aux autorités russes, qui restait sans réponse mardi.

«Je refuse de respecter les obligations de ma détention illégale sous assignation à résidence», a-t-il écrit sur son blogue lundi, ajoutant que son bracelet électronique avait été coupé à l'aide de ciseaux de cuisine «avec un peu d'effort».

Selon cet avocat de formation, la loi russe ne justifie pas qu'il soit encore assigné à résidence alors que son jugement a déjà été prononcé.

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L'opposant a diffusé cette photo de son bracelet sectionné sur son compte Twitter, le 5 janvier. 

PHOTO ALEXEI NAVALNY, AP

«L'article 311 du Code pénal dit clairement qu'une personne doit être libérée immédiatement dans la salle d'audience en cas 'de condamnation à une peine sans privation de liberté ou d'une peine avec sursis'», a-t-il expliqué.

Les autorités russes ont maintenu son assignation à résidence jusqu'à l'entrée en vigueur effective du jugement.

Bravant l'interdit, l'opposant a indiqué mardi sur son compte Twitter s'être rendu dans un magasin près de son immeuble pour acheter du lait.

Il a ensuite posté une photographie prise par sa femme, le montrant dans une cour enneigée suivie par trois hommes.

La police de Moscou, citée par l'agence de presse Ria Novosti, s'était dite prête lundi à interpeller l'opposant en cas de demande du service d'application des peines.

Un tribunal de Moscou a indiqué avoir reçu mardi une plainte selon laquelle M. Navalny n'avait pas respecté les conditions de son assignation à résidence, mais l'avoir renvoyée au service d'application des peines.

La loi ne permet pas «d'examiner de tels documents après qu'un jugement a été prononcé dans une affaire criminelle», a expliqué un porte-parole du tribunal, cité par les agences russes.

Selon l'avocat Mourad Moussaev, interrogé par la radio Echo de Moscou, le geste de M. Navalny «s'est révélé efficace et presque sans danger».

«Ils ne vont pas changer ses conditions de détention», a déclaré l'avocat, estimant qu'un durcissement éventuel de sa peine, par exemple le remplacement du sursis par une peine ferme, ne pourrait pas être justifié par le non-respect de son assignation à résidence.

Le blogueur charismatique, assigné à résidence depuis février, avait déjà bravé l'interdit, le soir de sa condamnation le 30 décembre, en tentant de rejoindre des centaines de manifestants rassemblés près du Kremlin pour le soutenir. Il avait alors été brièvement interpellé.

Accusé par ses détracteurs d'être soutenu par l'Occident pour provoquer un changement de régime en Russie, Alexeï Navalny a été accusé avec son frère cadet Oleg d'avoir escroqué près de 400 000 euros à une filiale russe de la société française de cosmétiques Yves Rocher en surfacturant en 2008 leurs services alors qu'ils géraient une entreprise de transport.

Le tribunal de Moscou a condamné les deux frères à trois ans et six mois de prison. Mais alors que l'opposant s'est vu infliger une peine de prison avec sursis, son frère a été condamné à une peine de prison ferme.

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