Mariano Rajoy vante les mérites de l'Espagne en Catalogne

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Le premier ministre Mariano Rajoy et la présidenté du Parti populaire en Catalogne Alicia Sanchez Camacho saluent la foule, le 29 novembre à Barcelone.

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Daniel BOSQUE
Agence France-Presse
BARCELONE

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a fait samedi un voyage éclair en Catalogne (nord-est de l'Espagne), le premier en six mois, pour dénoncer les indépendantistes et les «populismes», sans céder sur son refus de toute négociation.

«Je ne permettrai pas que l'on remette en question l'unité de l'Espagne», a déclaré M. Rajoy au cours d'un rassemblement à Barcelone avec des militants de son mouvement, le Parti populaire (PP, droite), ajoutant qu'il ne tolérerait pas que les habitants de la région soient contraints de choisir «entre être catalans ou espagnols».

M. Rajoy, qui a souligné avoir visité la Catalogne 16 fois depuis son arrivée à la tête du gouvernement fin 2011, ne s'était pas rendu à Barcelone depuis mai. Il avait promis de mieux expliquer aux Catalans ses arguments en faveur de l'unité.

Depuis plusieurs années, et en particulier ces six derniers mois, les relations entre l'exécutif catalan dirigé par le nationaliste Artur Mas et le pouvoir central, déjà tendues, se sont fortement détériorées. Le premier réclame le droit d'organiser un référendum d'autodétermination, que M. Rajoy a toujours rejeté, estimant que sur un tel sujet tous les Espagnols doivent être consultés.

M. Mas a cependant bel et bien organisé le 9 novembre un vote symbolique sur l'indépendance, auquel ont participé 2,3 millions de Catalans (sur 7,5 millions d'habitants), en dépit de son interdiction par la justice. Il risque pour cela une mise en examen pour désobéissance civile, notamment.

«Plus de deux Catalans sur trois ont rejeté ce simulacre», a dénoncé samedi M. Rajoy, avant de vanter pendant près d'une heure les mérites de l'unité avec l'Espagne, pays qui a retrouvé le chemin de la croissance, avec des chiffres dépassant ceux de l'Italie, la France et l'Allemagne.

Il a souligné que l'Espagne était «un pays grand et fort», et que le gouvernement central avait aidé la Catalogne depuis le début de la crise économique en 2008, alors que la région croulait sous les dettes, notamment en permettant que ses fournisseurs soient payés et que les salaires des fonctionnaires soient versés.

Les finances font partie des sujets qui fâchent entre Barcelone et Madrid, l'exécutif catalan reprochant régulièrement au pouvoir central de recevoir bien moins de l'État que ce que la région verse au titre de l'impôt, un défit qui représenterait 5,7 % de son PIB. M. Mas a souhaité négocier un nouveau «pacte fiscal», sans obtenir gain de cause.

La Catalogne, comptant pour près de 20 % du PIB espagnol, est aussi la troisième région la plus endettée, à hauteur de 31,2 % de son PIB au deuxième trimestre 2014.

Grande confusion 

M. Rajoy a aussi longuement commenté les nouveaux projets de M. Mas, qui souhaite organiser en 2015 des élections régionales anticipées portant sur le seul thème de l'indépendance et, si le camp des partisans d'une séparation l'emportait, emmener la région vers une sécession qui interviendrait fin 2016.

«Nous vivons des temps de grande confusion et de fureur [...] Une époque où il est aisé pour la démagogie et le populisme de prospérer», a-t-il déclaré, avant de considérer qu'il fallait «faire preuve de force, de courage, et détermination pour défendre la modération et le bon sens».

Selon lui M. Mas multiplie les scrutins - élections anticipées en 2012, vote de novembre, élections en 2015... -  depuis son arrivée au pouvoir fin 2010, sans gouverner. «Jamais dans l'histoire un gouvernant n'avait perdu autant de temps en organisant des élections ni généré autant d'instabilité», a fustigé le chef du gouvernement espagnol.

M. Rajoy n'a pas fait de nouvelle proposition pour régler la crise. Il a maintenu son cap sur le fond, refusant l'idée d'une réforme constitutionnelle pour résoudre la crise.

Outre le rassemblement avec ses partisans, rien d'autre n'était programmé pour cette visite à Barcelone, où il n'avait pas prévu de bain de foule. Il n'a par ailleurs pas répondu à l'offre de rencontre formulée par M. Mas en novembre.

Le Parti socialiste avait souligné avant son arrivée qu'il s'y rendait «trop tard» et «mal», en se bornant à n'assister qu'à une réunion de son parti.

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