France: pas de niqab à l'Opéra Bastille

En vigueur depuis octobre 2010, la loi «interdisant... (PHOTO RÉGIS DUVIGNAU, ARCHIVES REUTERS)

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En vigueur depuis octobre 2010, la loi «interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public» s'applique aux voiles, masques et cagoules. Les contrevenants sont passibles d'une amende pouvant atteindre 150 euros (un peu plus de 200$).

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(Paris) L'expulsion d'une touriste portant un niqab en pleine représentation de l'Opéra Bastille fait les manchettes à Paris. Quatre ans après son entrée en vigueur, la loi «interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public» n'a pas fini de diviser les Français.

L'incident de l'Opéra Bastille, survenu le 3 octobre dernier au beau milieu de La traviata de Verdi, s'est retrouvé dans les médias dimanche dernier. La direction a demandé à une touriste recouverte d'un niqab, assise tout juste derrière le chef d'orchestre, de quitter la salle à l'entracte, car des interprètes ne voulaient pas poursuivre le spectacle en sa présence.

L'homme d'affaires Rachid Nekkaz s'engage symboliquement à payer l'amende à laquelle s'expose «cette femme exclue sans ménagement d'un haut lieu de la culture française». «Ce n'est pas la loi qui a été appliquée, mais l'envie d'embêter cette dame devant tout le monde», dénonce-t-il.

En France, Rachid Nekkaz est le Robin des femmes voilées. Quand le gouvernement a adopté la loi interdisant le niqab sous peine d'amende, le riche gestionnaire immobilier a créé un fonds de 1 million d'euros pour lutter «contre la loi qui bafoue les droits fondamentaux».

En vigueur depuis octobre 2010, la loi «interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public» s'applique aux voiles, masques et cagoules. Les contrevenants sont passibles d'une amende pouvant atteindre 150 euros (un peu plus de 200$).

«L'homme d'affaires Rachid Nekkaz s'engage symboliquement à payer l'amende à laquelle s'expose «cette femme exclue sans ménagement d'un haut lieu de la culture française».»


Depuis l'adoption d'une consigne (appelée «circulaire» dans l'administration de l'État français) en avril 2011, seuls les agents responsables d'un service public ont le droit de refuser l'accès à une personne dont le visage n'est pas identifiable. Ils doivent «l'inviter au respect de la loi en se découvrant ou en quittant les lieux».

Ils s'exposent même à une poursuite dans le cas où ils obligent une femme voilée ou un homme cagoulé à se montrer le visage ou à quitter l'endroit où ils se trouvent. Ce droit est réservé aux forces de la police ou de la gendarmerie nationales.

Le directeur adjoint de l'Opéra national de Paris Jean-Philippe Thiellay a raconté à Metronews que des choristes ont menacé d'interrompre le spectacle à l'entracte. Il aurait alors demandé à un employé de prier la femme de dévoiler son visage ou de quitter l'opéra.

«La direction de l'Opéra national de Paris ne fera aucun commentaire supplémentaire concernant ce sujet», a-t-on fait savoir à La Presse par courriel.

La loi validée par la Cour européenne

En juillet dernier, la Cour européenne des droits de l'homme a validé ladite loi à la suite de la requête d'une jeune musulmane qui la jugeait discriminatoire.

Depuis 2010, Rachid Nekkaz a payé les amendes de 865 femmes voilées en France et de 129 en Belgique. Il reste 804 000 euros dans son fonds, soit plus de 1 million de dollars. «Je n'ai pas le pouvoir de changer la loi, mais je peux la neutraliser sur le terrain», dit-il.

En août 2013, le riche gestionnaire immobilier aux origines algériennes a «abandonné» sa citoyenneté française. «J'adore la France, mais je ne peux plus adhérer à une société qui bafoue les droits fondamentaux», dit l'homme qui a brigué la présidence algérienne en avril dernier et qui est reconnu comme un provocateur.

En 2009, l'ancien président Nicolas Sarkozy a fait une déclaration reprise partout dans le monde quand il a lancé lors d'un discours que la burqa n'était «pas la bienvenue» en France.

La loi de son gouvernement qui empêche aussi le port du niqab divise les Français. «Nous l'avions demandée», dit de son côté Pierre Cassen, le fondateur du groupe Riposte laïque.

Cette semaine, la sénatrice écologiste Esther Benbassa a qualifié l'incident de l'Opéra Bastille de cas «de racisme culturel». «Elle encourage les musulmanes à bafouer les lois», s'indigne Pierre Cassen au sujet de la politicienne.

La loi «interdisant la dissimulation du visage dans l'espace public» fait régulièrement les manchettes en France. En janvier dernier, une femme portant le voile intégral a été condamnée à un mois de prison pour avoir insulté et menacé des policiers qui voulaient contrôler son identité.

Outre la France, la Belgique est le seul autre pays à interdire le port du voile intégral dans l'espace public.

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