Racisme et sport: «Nous sommes tous des singes»

Le premier ministre italien Matteo Renzi et l'entraîneur... (Photo Associated Press)

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Le premier ministre italien Matteo Renzi et l'entraîneur de l'équipe nationale de soccer Cesare Prandelli mangent une banane, par solidarité pour Dani Alves.

Photo Associated Press

Alors que des tweets dénigrant P.K. Subban soulèvent la polémique à Boston, la problématique du racisme dans le sport s'illustre de façon plus criante encore en Europe, où des joueurs de soccer noirs se voient régulièrement comparer à des singes. Des vedettes du ballon rond ont décidé d'organiser une singulière contre-attaque.

Le monde du soccer européen est entaché depuis des années par des débordements racistes que les autorités sportives peinent à réprimer. Pas de quoi secouer Dani Alves, un défenseur d'origine brésilienne du FC Barcelone, qui a trouvé une singulière façon de répondre aux provocations.

Le joueur vedette a créé l'événement, dimanche, lors d'un match du championnat d'Espagne contre Villareal, après qu'un partisan eut lancé une banane à ses pieds comme on nourrit un singe en cage.

Sans un regard vers les gradins, il a épluché la banane et en a engouffré un bon morceau avant de se lancer sans attendre pour frapper un coup de pied de coin.

Mieux vaut en rire

Après le match, Dani Alves a expliqué qu'il ne servait à rien de s'énerver avec les provocations de partisans racistes.

«Il vaut mieux rire de ces attardés. On ne va pas réussir à changer ça, donc il faut prendre les choses en riant et se moquer d'eux», a-t-il déclaré aux médias en se félicitant au passage de l'apport énergétique du fruit.

Dans les heures suivant le match, une autre vedette brésilienne de soccer, Neymar, a fait paraître en ligne une photo de lui mangeant une banane avec son fils, qui tenait une peluche en forme du fruit. Il l'a accompagné d'un mot-clé signifiant «nous sommes tous des singes» pour illustrer sa volonté de railler les racistes.

L'initiative est rapidement devenue virale sur l'internet, où sont apparus des milliers de photos et de messages d'appui de partisans et de sportifs, certains célèbres, souvent montrés en train de manger une banane.

Plusieurs politiciens ont salué le geste de Dani Alves, notamment la présidente du Brésil Dilma Rousseff, qui y voit une «réponse forte et audacieuse» au racisme dans le milieu du soccer.

Elle s'est aussi félicitée de l'initiative de Neymar, qui a soulevé sa propre polémique après qu'il eut été révélé que l'agence de publicité du joueur avait déjà prévu de lancer une campagne de ce type au moment opportun.

En Espagne, des provocations comme celle qui a pris Dani Alves pour cible surviennent pratiquement chaque semaine. «C'est presque devenu une tradition», déplore M. Powar, qui insiste sur la nécessité de lancer des campagnes éducatives d'envergure pour faire comprendre la gravité du geste aux partisans.

La problématique, selon lui, est marquée dans les pays du sud de l'Europe - Portugal, Espagne et Italie - ainsi que dans les pays de l'Est, où l'extrême droite est en pleine expansion.

Au cours des dernières années, plusieurs mesures ont été adoptées pour lutter contre le racisme, fait-il valoir. Des clubs ont notamment été sanctionnés pour les gestes racistes de partisans en se voyant forcer de jouer devant des gradins vides, ou encore en se voyant retirer des points au classement général.




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