Italie: Beppe Grillo n'appuiera aucun parti

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«Le M5S ne votera pas la confiance au Parti démocrate (PD, gauche), ni à d'autres», a tranché l'ex-humoriste Beppe Grillo, arrivé troisième des législatives avec un quart des suffrages.

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Ljubomir MILASIN et Amélie HERENSTEIN
Agence France-Presse
Milan et Rome

Le Mouvement protestataire de l'ex-humoriste Beppe Grillo a semblé refuser mercredi toute entente avec la gauche de Pier Luigi Bersani, accroissant l'incertitude en Italie, qui a cependant réussi un premier test post-électoral sur le marché obligataire.

«Le M5S ne votera pas la confiance au Parti démocrate (PD, gauche), ni à d'autres», a tranché Beppe Grillo, le chef du M5S, dont les élus (un quart des parlementaires) sont très courtisés en l'absence de majorité claire au Sénat. En revanche, il répète que son mouvement «votera les lois qui reflètent son programme, quel que soit celui qui les propose».

Ces déclarations sont intervenues à un moment où l'une des hypothèses avancées pour sortir l'Italie de l'impasse politique serait un gouvernement de gauche majoritaire à la Chambre et minoritaire au Sénat qui bénéficierait d'un soutien au coup par coup des élus estampillés 5 Étoiles.

Le chef du PD Pier Luigi «Bersani nous harcèle politiquement. Depuis des jours, il importune le M5S avec des propositions indécentes au lieu de se démettre, comme le ferait n'importe qui à sa place», a écrit Beppe Grillo sur son blogue, en réaction à un geste d'ouverture la veille de M. Bersani.

Ce dernier avait évoqué un programme commun a minima qui aurait contenu des réformes chères au M5S comme tailler dans les coûts de la politique (nombre des élus, financements accordés aux partis) et des mesures pour les chômeurs et les travailleurs en situation précaire.

Piqué au vif, M. Bersani a répliqué par communiqué à l'attaque en règle du chef du M5S :  «Ce que Grillo a à me dire, y compris les insultes, je veux l'entendre au Parlement. C'est là que chacun assumera ses propres responsabilités».

Les déclarations de Beppe Grillo ont accru l'incertitude en raison de leur virulence, mais aussi de leur imprécision.

En parlant de vote de confiance, le dirigeant du M5S n'a pas dit s'il s'agirait du premier vote de confiance au Parlement, permettant l'entrée dans ses fonctions du gouvernement, ou s'il pense aux questions de confiance qu'un gouvernement peut poser sur les lois pour en accélérer l'adoption.

Avant le message de Beppe Grillo, un des élus du M5S en Lombardie avait affirmé que le mouvement envisageait un premier vote de confiance, puis des décisions au cas par cas.

«L'orientation est de voter la confiance. Après quoi nous verrons les lois les unes après les autres en espérant que le nouveau gouvernement ne fasse pas comme le précédent qui demandait la confiance sur tous ses projets», a déclaré Ferdinando Alberti.

Les voix du M5S au Sénat sont indispensables à un gouvernement de gauche pour obtenir la confiance. La seule autre option serait que la gauche s'appuie sur la droite de Silvio Berlusconi. Une solution hautement improbable que M. Bersani a écartée dès mardi.

De nombreux membres du M5S ont critiqué sur la Toile la décision de Beppe Grillo. «J'ai voté pour toi, pas pour que tu détruises tout», «je n'ai pas voté en faveur de ces actes irresponsables», ont-ils écrit.

De son côté, dans un vidéo-message, M. Berlusconi a appelé à la «responsabilité» de tous pour qu'un «message de stabilité soit adressé avant le 15 mars», date limite pour la réunion des deux chambres du Parlement, sinon l'Italie «risque de payer un prix trop élevé».

L'impasse politique n'a pas empêché ce pays de passer avec succès un test de confiance sur les marchés en réussissant une émission obligataire.

Le Trésor italien a levé 6,5 milliards d'euros à moyen et long termes, le maximum prévu, à des taux plus élevés que la précédente opération similaire, mais en deçà des craintes des analystes.

Un pari qui était loin d'être gagné d'avance au vu de la tempête déclenchée mardi par les résultats du vote. La troisième économie de la zone euro se retrouve privée de majorité gouvernementale alors qu'elle est à la fois engluée dans la récession, lourdement endettée et en mal de réformes.

L'agence de notation Moody's a alourdi l'atmosphère en menaçant d'abaisser de nouveau la note souveraine de l'Italie, s'inquiétant d'une possible «relance de la crise de la dette dans la zone euro».

À la Bourse de Milan, la tendance était toutefois nettement plus détendue que la veille quand l'indice avait plongé de près de 5% : l'indice vedette FTSE Mib a clos en hausse de 1,77%.

Selon la presse italienne, des tractations officieuses entre les états-majors des partis ont débuté par l'intermédiaire d'«ambassadeurs» tandis qu'une réunion de la direction du PD a été programmée pour mardi prochain.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s'est, pour sa part, dit «confiant» mercredi soir dans la «stabilité politique» de l'Italie «dans l'intérêt de l'Italie et de l'Europe».

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