Référendum écossais : la question jugée suggestive

Le premier ministre écossais Alex Salmond.... (PHOTO ANDY BUCHANAN, ARCHIVES AFP)

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Le premier ministre écossais Alex Salmond.

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(Édimbourg, Écosse) L'Écosse pourrait devoir réécrire sa question référendaire. La Commission électorale - l'équivalent au Royaume-Uni d'Élections Canada - doit bientôt déclarer que la question choisie par le premier ministre Alex Salmond est «suggestive» (leading).

Le gouvernement du Scottish National Party (SNP) proposait ce libellé : «Êtes-vous d'accord que l'Écosse devrait être un pays indépendant?» Cette question serait chargée, selon la commission, car elle inciterait à donner son accord à une proposition non neutre.

La commission doit déposer officiellement ses recommandations d'ici la fin de la semaine. Ses conclusions ont déjà coulé dans différents médias. Elle préférerait cette question : «Est-ce que l'Écosse devrait être un pays indépendant?».

Le gouvernement écossais peut techniquement ignorer cette recommandation. Mais si le Oui gagne avec une question «suggestive», le Royaume-Uni agirait en conséquence dans ses négociations.

Le responsable de la campagne du Oui, Blair Jenkins, a reconnu la semaine dernière qu'il serait «très difficile» de s'opposer aux recommandations de la commission électorale.

Le gouvernement écossais doit présenter sa loi référendaire en mars. On y choisira la question, les règles de financement et l'âge du vote - les 16 et 17 ans pourraient obtenir ce droit. Linda Fabiani, députée du SNP, fait partie du comité qui examinera cette loi. «Le gouvernement va considérer (ce que dira la commission électorale), mais il décidera lui-même ce qu'il présente aux élus comme loi. À la fin de la journée, c'est notre Parlement qui choisit la question», a-t-elle affirmé cet après-midi aux médias québécois.

«La question proposée par le gouvernement était selon moi directe, a-t-elle ajoutée. Quand on l'a dévoilée, même l'opposition le disait.»

Elle ne semble toutefois pas croire que les questions des référendums de 1980 et de 1995 au Québec étaient limpides. «Je me souviens de les avoir lues il y a quelque temps, et elles me semblaient un peu compliquées».

Entente nécessaire

En octobre dernier, l'Écosse et le Royaume-Uni s'entendaient sur les modalités du référendum. Le premier ministre Salmond n'avait pas le choix. Le Parlement écossais a été réinstitué en 1999, après la dévolution de pouvoirs par Londres. La taxation ou la constitution n'en faisaient pas partie. Pour pouvoir adopter une loi référendaire, l'Écosse devait donc obtenir l'accord de Londres. Ce qui a été fait. En échange, le Royaume-Uni a exigé que la question soit «facile à comprendre» et donne une «expression décisive».

L'Écosse a soumis en novembre sa proposition de question à la Commission électorale. Ses recommandations doivent être rendues publiques d'ici la fin de la semaine.

Le camp du Non a lancé le site web www.referendumfix.com pour se moquer de la question de M. Salmond.

Selon les récents sondages, un peu moins du tiers des Écossais voteraient Oui. «Aux dernières élections, les sondages prédisaient qu'on ne formerait pas un gouvernement majoritaire, et ils se sont trompés, rappelle Mme Fabiani. Je pense que les gens considèrent prudemment un vote pour le Oui.»

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