Russie: nouvelles manifestations, nouvelles arrestations

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Éléonore Dermy
Agence France-Presse
Moscou

L'opposition russe ne désarmait pas mercredi malgré de nouvelles interpellations, appelant à de nouvelles manifestations contre les législatives remportées par le parti au pouvoir.

Une centaine de manifestants ont été interpellés mercredi soir à Saint-Pétersbourg, où environ 250 personnes s'étaient rassemblées dans le calme sur la Perspective Nevski, la principale artère du centre-ville, a rapporté une correspondante de l'AFP.

«On arrête les gens pour rien, j'ai l'impression qu'on n'est pas loin de 1937», l'année des pires répressions de l'époque stalinienne, a déclaré à l'AFP Galina Stepanova, 45 ans.

À Moscou, la police a indiqué avoir interpellé cinq personnes place Trioumfalnaïa, lieu d'une manifestation la veille où de très importantes forces de l'ordre avaient été déployées. Le mouvement d'opposition Autre Russie a indiqué quant à lui que 10 de ses militants avaient été interpellés à différents endroits du centre-ville.

Des manifestations lundi et mardi ont été réprimées par les forces de l'ordre avec des centaines d'interpellations et la condamnation de deux de ses leaders, Ilia Iachine et Alexeï Navalny, à 15 jours de prison.

Un appel à manifester samedi Place de la Révolution, à deux pas du Kremlin, en plein centre de Moscou, a été lancé sur plusieurs réseaux sociaux par un groupe baptisé «Manifestation pour des élections honnêtes».

L'ancien vice-premier ministre Boris Nemtsov, un des leaders de l'opposition libérale, a invité toutes les formations politiques, y compris les nationalistes, à participer à cette manifestation.

«Seules de nouvelles élections sans censure peuvent montrer ce que veut le peuple russe», a-t-il déclaré à la radio Écho de Moscou, estimant que des mouvements «patriotiques» pourraient être au rendez-vous.

Le dirigeant du mouvement ultra-nationaliste «Les Russes», Dmitri Demouchkine, a de son côté indiqué avoir prévu de manifester dimanche.

Les élections législatives remportées dimanche par Russie unie avec un peu moins de 50% des suffrages -un score en chute de 15 points par rapport au scrutin de 2007- ont été caractérisées par de nombreuses irrégularités, selon l'opposition et les observateurs étrangers.

Les autorités russes affirment pour leur part que le scrutin a été parfaitement libre et honnête.

Les rassemblements des deux derniers jours à Moscou et Saint-Pétersbourg, modestes dans l'absolu, mais d'une ampleur sans précédent depuis les années 1990, ont été interprétées dans la presse russe libérale comme «l'éveil d'une nouvelle génération».

Mardi, deux manifestations à Moscou et Saint-Pétersbourg ont été dispersées sans ménagement par les forces anti-émeutes, avec près de 600 arrestations dans la capitale, et environ 200 dans l'ancienne capitale impériale.

Lundi, des milliers d'opposants (2000 selon la police, 10 000 personnes selon les organisateurs), s'étaient déjà rassemblés dans la capitale russe et 300 personnes avaient été interpellées.

Cette vague inédite de mécontentement n'a pas empêché Vladimir Poutine de déposer officiellement sa candidature pour l'élection présidentielle de mars 2012 à la Commission électorale centrale.

Au même moment, près de 3000 manifestants pro-pouvoir étaient rassemblés mercredi après-midi sur la place Pouchkinskaïa, dans le centre de Moscou, selon la police.

Après des déclarations la veille du président Dmitri Medvedev qui avait dénié aux organisations internationales le droit de commenter «l'état du système politique russe», le ministère des Affaires étrangères a dénoncé mercredi les appréciations «subjectives, discutables et politisées» de certaines missions d'observateurs électoraux, dans un communiqué.

La mission d'observateurs de l'OSCE avait évoqué lundi des irrégularités «fréquentes» et même du «bourrage d'urnes» lors de ces élections.

La secrétaire d'État des États-Unis, Hillary Clinton, avait estimé mardi que les élections n'avaient été «ni libres, ni équitables», des propos jugés «inacceptables» par la diplomatie russe.

Le gouvernement allemand a demandé à son tour mercredi à la Russie de respecter «ses engagements démocratiques et constitutionnels».

La France a jugé de son côté «préoccupante» la répression des manifestations.

La télévision russe continuait de son côté mercredi de passer sous silence le mouvement de contestation.

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