Tempête Harvey: le scénario s'assombrit

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Le nombre de réfugiés à Houston est monté à 5500, et les autorités fédérales s'attendent à ce que 30 000 personnes affluent vers les centres d'accueil temporaires d'ici la fin de la semaine.

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Pas de répit au Texas. L'eau continue de monter à une vitesse fulgurante, les réservoirs menacent de déborder et la contamination par des eaux usées fait maintenant peser un risque sanitaire. Alors que les habitants qui avaient reçu l'ordre de rester chez eux doivent monter sur le toit de leur maison pour attendre les secours qui peinent à répondre à la demande, le président Donald Trump se rend sur place aujourd'hui.

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Les quantités d'eau reçues au Texas depuis une semaine - entre 50 et 70 cm - pourraient encore doubler, selon le service météorologique national.

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DES MILLIERS D'ÉVACUÉS

Le bilan continuait de s'alourdir, hier, plus de 48 heures après que Harvey a touché la côte texane. Le nombre de réfugiés à Houston est monté à 5500, et les autorités fédérales s'attendent à ce que 30 000 personnes affluent vers les centres d'accueil temporaires d'ici la fin de la semaine. Certains habitants sont coincés sur le toit de leur maison et les vents qui soufflent encore jusqu'à 65 km/h compliquent les sauvetages par hélicoptère.

La ligne d'urgence du 911 était encore saturée d'appels, hier, mais la file d'attente pour parler à un téléphoniste était descendue à 10 personnes, selon un responsable, contre de 120 à 250 dimanche. Le gouverneur de l'État a mobilisé la totalité de la garde nationale texane, soit 12 000 hommes.

Le nombre d'embarcations pour évacuer les sinistrés était encore insuffisant et un appel à tous a été lancé pour augmenter la flotte. Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a annoncé qu'il fournirait 150 bateaux et 300 véhicules adaptés.

LE PIRE EST ENCORE À VENIR

« C'est un événement historique. Nous n'avons jamais rien vu de tel », a répété Brock Long, chef de l'agence fédérale des situations d'urgence, Fema. « On n'aurait jamais pu imaginer de telles prévisions. »

Les quantités d'eau reçues au Texas depuis une semaine - entre 50 et 70 cm - pourraient encore doubler, selon le service météorologique national. Le pic des inondations devrait donc être atteint aujourd'hui ou demain, a prévenu son directeur, Louis Uccellini, lors d'une conférence de presse à Washington.

« Même si les vents ont diminué, je veux souligner que nous ne sommes pas encore sortis d'affaire, loin de là », a mis en garde Elaine Duke, ministre de la Sécurité intérieure par intérim, lors d'une conférence de presse.

« Des inondations potentiellement mortelles vont se produire dans de larges portions du centre-sud et du sud-est du Texas dans les prochains jours. Les rivières n'atteindront pas leur crue maximum avant la fin de la semaine », a-t-elle ajouté.

EAUX USÉES ET CHOLÉRA

L'urgence est d'évacuer les sinistrés pour éviter les noyades, les électrocutions ou l'hypothermie. Or, même quand tout le monde sera à l'abri et que l'eau commencera à redescendre, les risques pour la santé ne diminueront pas du même coup, au contraire. Les experts s'inquiètent déjà des répercussions à long terme sur la santé publique. « Des centaines de types de bactéries et de virus différents peuvent venir contaminer les eaux », a expliqué Ranit Mishori, médecin généraliste et professeur à la faculté de médecine de l'Université de Georgetown. « Il y a des eaux usées, toutes sortes de pesticides, de déchets, d'herbicides, des toxines dont nous ignorons la nature, et tout cela va se mélanger », a-t-il ajouté.

Les Texans ne seront pas non plus à l'abri du choléra si les eaux souillées infiltrent le système d'approvisionnement en eau potable.

« La propagation du choléra est un des principaux dangers après toute catastrophe naturelle, mais plus encore après un ouragan », selon Robert Glatter, médecin urgentologue au Lenox Hill Hospital de New York.

« Le choléra est très contagieux et peut se transmettre d'une personne à une autre par des matières fécales infectées, après ingestion d'eaux souillées ou de nourriture contaminée par les bactéries Vibrio cholerae », a-t-il dit.

TRUMP LE CHEF D'ORCHESTRE

C'est aujourd'hui que Donald Trump doit arriver au Texas pour constater l'ampleur de la catastrophe. Le président ne devrait pas s'arrêter à Houston, toutefois, pour ne pas paralyser les opérations de secours. Il est plutôt attendu à l'intérieur des terres.

Depuis le début de la crise annoncée, le président des États-Unis est déterminé à ne pas répéter les erreurs de George W. Bush, alors que le leadership de ce dernier lors du passage de Katrina avait été vertement critiqué. La photo de Bush contemplant la zone dévastée à travers le hublot d'Air Force One est restée comme le redoutable symbole d'un président déconnecté des réalités du terrain. À l'inverse, depuis quelques jours, Donald Trump multiplie les photos en réunion d'urgence et enchaîne les tweets rassembleurs et mobilisateurs. Il a même mis de côté ses habituels tweets provocateurs et controversés. À ce jour, Donald Trump joue son rôle de chef d'orchestre. D'ailleurs, le gouverneur républicain du Texas, Greg Abbott, a souligné la réponse « remarquable » du fédéral. « Chaque fois que le Texas formulait une demande, la réponse était oui », a-t-il évoqué sur CBS.

Reste maintenant au président à travailler étroitement avec le Congrès pour débloquer les fonds nécessaires à la reconstruction.

PILLEURS, GARE À VOUS

Pendant que des milliers de personnes laissent derrière elles tous leurs avoirs alors qu'elles sont forcées d'évacuer leur domicile, des pilleurs profitent de l'occasion pour cambrioler les maisons laissées à l'abandon. Hier, quatre personnes avaient déjà été arrêtées pour un délit semblable. Après des catastrophes naturelles, « des gens viennent d'autres États ou d'autres villes pour piller et créer des problèmes », a déclaré le chef de la police de Houston, Art Acevedo.

« Si vous tentez de commettre un délit et en particulier de profiter de nos citoyens qui ont déjà suffisamment souffert aux mains de dame Nature, je peux vous assurer que vous serez arrêtés », a déclaré le policier.

- Avec Associated Press et l'Agence France-Presse




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