Trump dit ne pas posséder d'enregistrements de l'ex-chef du FBI

Interrogé début juin lors d'une audition au Congrès,... (ARCHIVES AFP)

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Interrogé début juin lors d'une audition au Congrès, James Comey s'était déclaré très à l'aise : «J'ai choisi mes mots avec soin. J'ai vu le tweet sur les enregistrements. J'espère bien qu'il y a des enregistrements».

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

D'un tweet, Donald Trump a tenté jeudi de mettre fin à une polémique qu'il avait lui-même créée d'un autre tweet: non, a-t-il assuré, il ne possède pas d'enregistrements de ses échanges avec l'ex-chef du FBI James Comey qu'il a limogé.

Après des semaines de spéculations savamment entretenues par la Maison-Blanche qui se refusait à tout commentaire sur ce thème, le président des États-Unis a clos cet étrange feuilleton, sur fond d'enquête russe qui empoisonne le début de sa présidence.

«Je ne sais pas s'il existe des "bandes" ou des enregistrements de mes conversations avec James Comey, mais je n'ai pas fait, et je ne possède pas, de tels enregistrements», a-t-il écrit.

Le 12 mai pourtant, quelques jours après avoir brutalement limogé M. Comey, c'est lui qui avait évoqué pour la première fois cette possibilité, à la stupeur générale.

«James Comey ferait bien d'espérer qu'il n'existe pas d'"enregistrements" de nos conversations avant qu'il ne commence à faire des révélations à la presse!», avait-il lancé dans un tweet qui sonnait comme une menace à peine voilée.

Le président regrette-t-il son message initial? «Je ne pense pas», a répondu sa porte-parole Sarah Huckabee Sanders.

Pourquoi avoir attendu 41 jours pour mettre fin aux spéculations? «La déclaration du président via Twitter est très claire, je n'ai rien à ajouter», a-t-elle simplement affirmé.

La commission du Renseignement de la Chambre des représentants avait demandé que ces enregistrements, s'ils existaient, lui soient remis avant le 23 juin.

Or pour Adam Schiff, chef de file des démocrates de cette prestigieuse commission, les tweets présidentiels de jeudi soulèvent davantage de questions qu'ils n'apportent de réponses : «Si le président n'avait pas d'enregistrements, pourquoi a-t-il suggéré le contraire? A-t-il cherché à induire en erreur le public? Essayait-il d'intimider ou de réduire au silence James Comey?».

Paroles «vides de sens»  

Dans son message lapidaire, le président américain évoque des opérations de «surveillance électronique», sans autre précision, laissant entendre qu'il ne peut être absolument certain que ses conversations n'aient pas été enregistrées par d'autres.

Jusqu'à son limogeage surprise le 9 mai sur ordre du président, M. Comey supervisait une enquête du FBI sur les contacts entre des membres de l'équipe de campagne de Donald Trump et le gouvernement russe, soupçonné par le renseignement américain d'avoir cherché à influencer l'élection de 2016 en faveur du républicain.

Lors d'une audition extraordinaire au Sénat, l'ex-chef du FBI a affirmé sous serment que le président avait exigé de lui sa «loyauté».

Il a accusé l'administration Trump de diffamation et de «mensonges». Et a raconté en détails sa gêne lors de conversations privées avec le locataire de la Maison-Blanche.

Dans un témoignage écrit transmis aux élus, il décrivait sa gêne face aux requêtes «dérangeantes» du président, qui lui aurait dit «espérer» qu'il «abandonne» l'enquête sur un proche, l'ex-conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn, soupçonné de mensonges relatifs à ses discussions avec l'ambassadeur russe à Washington.

Si ce dernier volet était confirmé, il pourrait être constitutif d'une entrave à la justice.

La Maison-Blanche rejette farouchement cette lecture. Donald Trump a lui-même accusé l'ancien chef du FBI de «faux témoignage et de mensonges» et s'est dit prêt à livrer - sous serment - sa version des faits.

L'ensemble de cette séquence, créée de toutes pièces par le 45e président des États-Unis, laissait nombre d'observateurs du jeu politique à Washington perplexes.

Le tweet initial, qui visait à «intimider, a échoué lamentablement», estimait l'éditorialiste conservateur David Frum, ancienne plume de George W. Bush. «Au lieu de réduire Comey au silence, il a enclenché l'enquête du procureur spécial qui hante désormais Donald Trump».

Or une tentative d'intimidation ratée a «d'importantes conséquences dans le monde réel», ajoutait-il dans The Atlantic, jugeant que l'épisode avait montré au monde, et en particulier aux adversaires de l'Amérique, que les menaces de Donald Trump étaient «vides de sens».




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