La communauté asiatique également éprouvée par la politique de Trump

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Pour la plupart originaires de Chine, Inde, Philippines et Corée du Sud, ils représentent le groupe migratoire sans-papiers à plus rapide croissance aux États-Unis depuis 2000. Sur la photo, le quartier chinois de Los Angeles.

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Jocelyne ZABLIT
Agence France-Presse
Los Angeles

La polémique sur la politique migratoire du président américain Donald Trump s'est largement focalisée sur les Hispaniques mais la vaste communauté asiatique aux États-Unis est aussi largement touchée, soulignent les experts.

Sur quelque 11 millions d'immigrés en situation irrégulière aux États-Unis, 80% viennent du Mexique ou d'Amérique latine, mais le second groupe le plus important (1,5 million de personnes) vient d'Asie.

Pour la plupart originaires de Chine, Inde, Philippines et Corée du Sud, ils représentent le groupe migratoire sans-papiers à plus rapide croissance aux États-Unis depuis 2000, dépassant les Mexicains, d'après le cabinet d'études Pew Research et l'Institut des politiques migratoires.

Le nombre de sans-papiers originaires d'Inde, par exemple, a bondi de 130 000 entre 2009 et 2014, pour atteindre 500 000 personnes, d'après Pew Research.

Et pourtant, «les Asiatiques aux États-Unis n'ont pas reçu la même attention que les Mexicains ou les Latino-américains», remarque Stephen Yale-Loehr, un avocat d'immigration et professeur à la Cornell Law School, alors qu'ils «sont aussi inquiets que tout le monde à propos des nouvelles mesures» de l'administration Trump.

Le président républicain a notamment assoupli les règles selon lesquelles la police des frontières peut effectuer des rafles pour arrêter ou expulser des immigrés en situation irrégulière.

Joon Bang, directeur exécutif de la Coalition coréenne-américaine de Los Angeles, souligne que depuis l'élection du magnat de l'immobilier à la Maison Blanche en novembre, il a constaté une montée d'angoisse dans sa communauté.

Moins pauvres 

«Nous recevons normalement environ 60 appels par mois sur les questions d'immigration et depuis que Trump a été élu nous en recevons en moyenne 150», donne-t-il en exemple.

«Tous sont liés aux craintes de gens qui ont parfois des papiers, parfois pas, qui ont un visa ou sont en train de demander la nationalité», ajoute-t-il.

Il dit que l'angoisse est telle qu'une Coréenne de Los Angeles victime de violences conjugales a refusé d'aller voir la police par crainte que sa famille soit expulsée.

Si la plupart des sans-papiers hispaniques arrivent aux États-Unis en traversant clandestinement la frontière américano-mexicaine, ceux qui sont originaires d'Asie arrivent généralement avec des visas de touristes ou d'étudiants, mais ne repartent pas. Ils sont aussi en général moins pauvres.

M. Bang remarque également que nombre d'entre eux, en particulier les Sud-Coréens, tentent de tirer avantage des brèches ouvertes pendant la présidence de Barack Obama en vue de possibles régularisations.

Deux mesures phares mises en place pendant la précédente administration, notamment le Daca (Deferred Action for Childhood Arrivals) et le Dapa (Deferred Action for Parents of Americans and Lawful Permanent Residents) repoussent les expulsions pour les immigrés sans-papiers qui ont grandi aux États-Unis et les parents de citoyens américains ou résidents en situation régulière.

L'avenir de ces programmes de régularisation temporaires est toutefois aujourd'hui incertain et ils pourraient être annulés par le gouvernement Trump.

M. Loehr dit avoir reçu des demandes de conseils ces derniers mois de la part d'étudiants sans-papiers de la prestigieuse université Cornell qui craignent pour leur avenir.

«Certains veulent savoir s'ils ont des options de régularisation, comme demander l'asile politique ou épouser un citoyen américain», d'autres «s'inquiètent de savoir s'ils seront en mesure de poursuivre leurs études», explique-t-il.

Vu le climat actuel, il leur recommande souvent de faire profil bas et d'attendre.

«Souvent nous n'avons rien à leur proposer et c'est frustrant, mais on ne peut rien faire pour l'instant», conclut-il.




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