Des manifestations anti-Trump dégénèrent à Washington

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Les policiers tentent de disperser les manifestants devant une limousine noire en flammes.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Poubelles et voitures incendiées, vitrines brisées et grenades lacrymogènes: les rues d'ordinaire très aseptisées du centre de Washington ont été le théâtre de scènes d'émeutes vendredi, lorsque plusieurs centaines de manifestants anti-Trump ont violemment affronté la police, en marge de l'investiture du président américain.

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La police intervient pour déloger des manifestants qui bloquaient un point de sécurité à Washington.

Photo Jose Luis Magana, AP

Visages masqués par un foulard noir, encapuchonnés ou portant des masques à gaz, entre 500 et 1000 personnes ont brisé des vitrines et caillassé la police en tenue anti-émeute sur K Street, une artère située à quelques encablures de la Maison-Blanche.

Les quelque 200 policiers qui ont essuyé des jets de pierres et de briques ont tenté de les disperser en tirant plusieurs dizaines de grenades lacrymogènes.

Une fumée âcre prenait à la gorge en milieu d'après-midi sur ces deux pâtés de maisons survolés par un hélicoptère de la police, jonchés de poubelles calcinées, de bris de verre, de boîtes à journaux métalliques et de cartouches.

Une limousine noire figurait parmi les véhicules incendiés.

«Quatre ans à se battre», pouvait-on lire sur la pancarte brandie par une manifestante masquée, en référence au mandat à venir de Donald Trump, devenu quelques heures plus tôt le 45e président des États-Unis.

Nombre de manifestants visaient directement Donald Trump, mais une minorité non négligeable semblait s'être agrégée au mouvement tout en ayant d'autres revendications, notamment pour les droits des minorités.

«J'ai peur»

À l'instar de Raven Devanney, jeune femme blonde de 19 ans qui reprend son souffle sous un abribus tagué de l'inscription «Nous le peuple», après une charge de la police.

«Je suis là pour soutenir les droits des femmes, des musulmans, des personnes de couleur, des immigrants, des homosexuels. Bref, pour conserver tout ce pour quoi on s'est battus cette dernière décennie», assure-t-elle, flanquée d'une casquette «Rendre l'Amérique de nouveau gaie», jeu de mot sur le slogan de Donald Trump «Rendre à l'Amérique sa grandeur».

«J'ai peur que Trump ne renverse tout un tas de droits que nous avons acquis», ajoute cette étudiante venue de Boston en réajustant son foulard sur son nez, tout en déplorant les violences du jour.

Les incidents, faits d'un «petit groupe de manifestants» selon la maire de Washington Muriel Bowser, ont conduit la police à procéder à 217 arrestations.

Plus tôt, des affrontements moins violents avaient opposé la police et plusieurs centaines de jeunes, portant pour nombre d'entre eux vestes à capuche et foulards noirs caractéristiques du groupe Black Block, un mouvement radical et souvent violent.

Des vitrines avaient déjà été brisées et des voitures endommagées.

«Les dégâts matériels ne me dérangent pas», a expliqué sur place Scout Holiday, 21 ans, une étudiante à l'université du Michigan.

«C'est ce qui arrive quand les gens sont en colère, et il y a beaucoup de raisons d'être en colère aujourd'hui».

«Honte»

Le reste des marches et rassemblements qui ont émaillé la journée d'investiture présidentielle à Washington se sont déroulées dans le calme, si ce n'est quelques invectives verbales entre partisans des deux camps.

Sammy Lett, venu en bus du Wisconsin et emmitouflé dans un grand drapeau arc-en-ciel de la communauté homosexuelle, a ainsi résumé les raisons de sa présence dans la capitale: «Tous ceux qui ne sont pas des hommes blancs hétérosexuels ont des raisons d'être inquiets».

Non loin de Pennsylvania avenue, la grande avenue reliant la Maison-Blanche au Congrès, des anti-Trump bloquaient le passage aux pro-Trump venus applaudir leur champion.

«Honte, honte», criaient les premiers au passage des partisans du nouveau président, pour la plupart coiffés de casquettes ou de bonnets aux couleurs de la campagne Trump.

«Je veux joindre ma voix à tous ceux qui s'élèvent contre le racisme, le sexisme, l'oppression sous toutes ses formes et travaillent pour un monde meilleur», a affirmé Nadine Block, une quinquagénaire de Washington.

Daniel, 19 ans, est lui venu de New York protester contre «l'oligarchie» et «pousser le spectre politique américain vers la gauche», a-t-il expliqué, arborant des autocollants en faveur de Bernie Sanders, le rival malheureux d'Hillary Clinton à la primaire démocrate.

En fin d'après-midi, la maire de Washington a affirmé que Washington était prête pour d'éventuels «événements» dans la soirée.




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