John Kerry réaffirme les liens entre les États-Unis et le Viêtnam

Le secrétaire d'État américain John Kerry a prononcé... (Photo Alex Brandon, AFP)

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Le secrétaire d'État américain John Kerry a prononcé un discours à l'Université d'Ho Chi-Minh, le 13 janvier.

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Dave Clark
Agence France-Presse
HO CHI MINH-VILLE

Le secrétaire d'État américain John Kerry a défendu vendredi au Viêtnam, lors de sa dernière visite dans une région considérée comme stratégique par Washington, la politique asiatique de l'ère Obama, menacé par l'arrivée prochaine du président Donald Trump.

Pendant huit ans, ce pays d'Asie du Sud-Est a été au centre de la stratégie de « rééquilibrage » ou « pivot » vers l'Asie-Pacifique de la politique étrangère de Washington visant à contrer l'influence de la Chine dans la région.

Et la pièce majeure de cette politique est la signature du traité de libre-échange transpacifique (TPP), entre des pays riverains du Pacifique. Un accord aujourd'hui remis en cause par le président désigné Donald Trump.

Ce dernier, qui a multiplié les attaques contre la mondialisation pendant la campagne, a promis d'engager, dès le premier jour de son mandat, le retrait des États-Unis du TPP. Un accord « terrible » qui « viole » les intérêts des travailleurs américains selon ses mots.

« Aujourd'hui, ce n'est pas un secret que de dire que l'avenir du Partenariat Trans-Pacifique est incertain », a reconnu John Kerry à Ho Chi-Minh Ville, la capitale économique du Viêtnam.

« Je ne peux pas prédire ce que la nouvelle administration américaine va réellement faire en matière de commerce mais je peux vous dire que les raisons du TPP n'ont pas changé », a-t-il ajouté.

Il a notamment insisté sur le fait que le libre-échange permettait des emplois et que « les politiques commerciales protectionnistes ne fonctionneraient pas ».

Pour sa quatrième et dernière visite dans le pays en tant que secrétaire d'État, l'ancien combattant de la guerre du Viêtnam a aussi choisi de faire de ce séjour un rendez-vous personnel. Après des rencontres officielles à Hanoï et Ho Chi Minh-Ville, il se rendra à Ca Mau, sur les lieux d'une embuscade à laquelle il a participé en 1969.

Très marqué par son service au Viêtnam (1967-1970), comme commandant d'un bateau-patrouilleur, John Kerry est revenu bardé de médailles, mais aussi transformé en grand sceptique de l'interventionnisme militaire à tout crin.

Les États-Unis et le Nord-Viêtnam se sont affrontés militairement pendant une décennie dans un conflit qui a pris fin en 1975 par la réunification du Vietnam. Les millions de morts côté vietnamien et les dizaines de milliers de soldats américains tués ont traumatisé les deux nations.

« Encore des défis »

En août 2015, John Kerry avait salué à Hanoï le « voyage vers la réconciliation » des deux pays, concrétisé par le renforcement des liens économiques et la levée totale de l'embargo sur les armes, en mai dernier.

Au cours des dernières années, le commerce entre les deux pays a triplé et les investissements américains dans ce pays de 90 millions d'habitants en pleine croissance ont fortement progressé.

« La visite de Kerry souligne l'importance du Viêtnam dans la politique américaine en Asie », a estimé Jonathan London, analyste indépendant.

« Ravi d'être de retour au Viêtnam », John Kerry a rapidement évoqué les droits de l'Homme dans ce pays communiste à parti unique après une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères Bui Thanh Son et le premier ministre Nguyen Xuan Phuc.

« Il y a eu beaucoup de progrès, mais il y a encore des défis comme vous le savez », a-t-il expliqué en réponse à une question d'un journaliste.

Dirigé par un gouvernement communiste depuis la réunification, le Viêtnam est régulièrement dénoncé pour sa répression de toute opposition politique. Des dizaines de dissidents sont toujours derrière les barreaux.

Comme à chaque visite au Viêtnam, John Kerry a également évoqué les tensions en mer de Chine méridionale où Pékin a une posture offensive. Washington est toujours resté neutre sur ce dossier tout en insistant sur le respect de la liberté de navigation.

Mais cette semaine, le secrétaire d'État américain nommé par Donald Trump, Rex Tillerson, a menacé d'interdire au géant asiatique l'accès à des îlots disputés de mer de Chine méridionale - ce qui supposerait un blocus inédit.




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