Obama reconnaît avoir «sous-estimé» l'impact des piratages russes

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Carlos HAMANN
Agence France-Presse
Washington

Barack Obama a reconnu dimanche avoir «sous-estimé» l'impact qu'une campagne de piratages et de désinformation pouvait avoir dans les démocraties, deux jours après un rapport des services de renseignement américains sur l'ingérence de la Russie dans la campagne électorale.

Dans une interview à la chaîne ABC, le président américain a toutefois nié avoir sous-estimé son homologue russe Vladimir Poutine, qui selon les espions américains a orchestré cette campagne d'attaques informatiques et de manipulation des médias destinée à favoriser l'élection de Donald Trump au détriment d'Hillary Clinton, ce que le Kremlin dément.

«Mais je pense avoir sous-estimé la manière dont, dans cette nouvelle ère d'information, il est possible pour la désinformation, les attaques informatiques et ce genre de choses d'avoir un impact sur nos sociétés ouvertes, pour s'insinuer dans nos pratiques démocratiques», a déclaré Barack Obama, estimant en outre que cette tendance s'accélérait.

Le président américain, qui est sur le point de céder sa place à Donald Trump le 20 janvier, avait ordonné un rapport d'enquête sur l'implication russe dans la campagne.

M. Obama, qui prononcera son discours d'adieu mardi à Chicago, a noté que parmi les pays alliés des Américains faisant partie de l'OTAN, plusieurs comme la France tiendraient des élections prochainement: «Nous devons être vigilants», a-t-il dit.

Selon les services de renseignement américains, l'objectif de la campagne russe de désinformation et de piratages était de saper le processus démocratique américain, d'affaiblir une éventuelle présidence Clinton, et d'augmenter les chances de victoire du milliardaire populiste en dénigrant Hillary Clinton.

La publication par Wikileaks de milliers de messages dérobés du plus proche conseiller de la démocrate a gêné pendant des semaines la candidate. Selon Washington, les services russes sont la source de Wikileaks, ce que son fondateur Julian Assange nie.

«Nous n'avions pas besoin de Wikileaks pour convaincre les Américains qu'ils ne l'aimaient pas (Hillary Clinton), ne lui faisaient pas confiance ou ne la trouvaient pas honnête. Elle s'est mise toute seule dans cette situation», a insisté dimanche Kellyanne Conway, conseillère du prochain président américain, sur CNN.

Donald Trump a reçu vendredi les chefs du renseignement américain, mais s'il a accepté l'idée que Moscou ait pu prendre part aux piratages informatiques qui ont ciblé le parti démocrate, il nie que la Russie ait pu avoir un quelconque impact sur les résultats de l'élection, en rappelant que les systèmes électoraux eux-mêmes n'ont pas été piratés.

Barack Obama l'a encouragé dans son entretien avec ABC à «développer une relation forte avec la communauté du renseignement».

«Si nous ne faisons pas attention, des pays étrangers peuvent avoir un impact sur le débat politique aux États-Unis d'une manière qui n'était pas vraie il y a 10, 20 ou 30 ans, d'une part en raison de la manière dont les informations circulent aujourd'hui, et d'autre part parce que tant de gens sont devenus sceptiques vis-à-vis des grands médias traditionnels», a encore relevé le président américain.

Discussions «cordiales» avec Trump

Par ailleurs, M. Obama a estimé que ses discussions avec son successeur «ont été cordiales. Il a été ouvert à des suggestions», a-t-il dit, décrivant M. Trump comme «très charmant et sociable».

«J'ai apprécié nos échanges. C'est quelqu'un, je pense, qui ne manque pas de confiance en lui», ce qui est probablement «une condition préalable pour ce travail».

Le 44e président des États-Unis a toutefois averti son successeur qu'il y avait une différence entre faire campagne et gouverner, et qu'il ne pourrait pas gérer la présidence «de la même manière que vous gérez une entreprise familiale».

Barack Obama pense également que Donald Trump «n'a pas passé beaucoup de temps à fignoler les détails» de sa politique, un point qui «peut être à la fois une force et une faiblesse».

«Je pense que cela dépend de son approche. Si cela lui donne un regard neuf alors ça peut être précieux. Mais cela requiert aussi d'être conscient de ce qu'on ne sait pas, et de s'entourer de gens qui disposent d'une expérience et de connaissances qui leur permettent de vous informer pour prendre de bonnes décisions», a-t-il souligné.

Et l'utilisation constante de Twitter par le milliardaire ?

«Clairement ça a marché pour lui, et ça lui donne une connexion directe avec beaucoup des gens qui ont voté pour lui», a constaté M. Obama.

Mais ce dernier a mis en garde M. Trump: quand il sera président «il y a des capitales et des marchés financiers et des gens partout dans le monde qui prennent ce qu'il dit très au sérieux, d'une manière qui n'est pas vraie avant que l'on soit intronisé président».




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