Tuerie raciste à Charleston: Dylann Roof refuse de s'expliquer

Les débats devant la cour fédérale de Charleston... (photo Stephen B. Morton, archives AP)

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Les débats devant la cour fédérale de Charleston ont permis d'établir que Dylann Roof s'était rendu le 17 juin 2015 à l'Emanuel African Methodist Episcopal Church équipé d'un pistolet de marque Glock, de calibre .45, et de huit chargeurs contenant chacun 11 balles.

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Jason Ryan, Sébastien Blanc
Agence France-Presse
CHARLESTON et WASHINGTON

L'Américain Dylann Roof a refusé mercredi de témoigner à son procès, où une médecin légiste a détaillé comment le jeune homme avait le 17 juin 2015 littéralement criblé de balles les fidèles d'une église noire de Caroline du Sud.

Neuf accusations de meurtre ont été déposées contre... (PHOTO CHUCK BURTON, Archives aP) - image 1.0

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Neuf accusations de meurtre ont été déposées contre Dylann Roof en plus d'une de possession illégale d'arme.

PHOTO CHUCK BURTON, Archives aP

Après que le juge Richard Gergel, qui préside l'audience, eut fait prêter serment à l'accusé, ce dernier a répondu par la négative au choix qui lui était offert de s'exprimer ou pas.

À la suite de ce refus, la cour fédérale de Charleston pourra entendre jeudi les plaidoiries finales de l'accusation et de la défense, les derniers témoins ayant déposé à la barre mercredi.

Parmi ceux-ci figurait la docteur Susan Erin Presnell, experte en médecine légale de l'Université de médecine de Caroline du Sud, l'État où Dylann Roof a perpétré son attaque raciste dans la ville de Charleston.

Elle a pratiqué les autopsies des neuf corps des victimes décédées. Trois autres ont survécu.

Le révérend Daniel Simmons, a-t-elle par exemple expliqué, a été touché au moins six fois, trois fois au bras, deux fois à l'épaule, une fois au thorax. Quatre projectiles ont été retirés de son cadavre.

La balle qui a traversé ses poumons a été fatale à ce pasteur à la retraite.

77 balles tirées

Sharonda Coleman-Singleton, une mère de famille qui travaillait comme conseillère pédagogique, a elle été fauchée par au moins cinq balles sur son flanc droit, a ensuite décrit la Dre Presnell. L'une a sectionné l'aorte, entraînant sa mort.

DePayne Middleton Doctor, une quadragénaire qui participait à la séance de catéchisme à laquelle a prétendu prendre part Dylann Roof, a elle reçu huit balles, dont « plusieurs » fatales. Son coeur et ses poumons ont été atteints.

Le révérend Clementa Pinckney, un élu du sénat de Caroline du Sud, a été touché au moins cinq fois, notamment à l'aorte et aux poumons, des blessures mortelles.

Concernant les cinq dernières victimes décédées, la Dre Presnell a livré les détails suivants : au moins dix impacts de balles sur le corps de Susie Jackson, au moins cinq impacts de balles sur celui de Tywanza Sanders, au moins six sur celui d'Ethel Lance, au moins huit sur celui de Myra Thompson, au moins sept sur le corps de Cynthia Hurd.

Les débats devant la cour fédérale de Charleston ont permis d'établir que Dylann Roof s'était rendu le 17 juin 2015 à l'Emanuel African Methodist Episcopal Church équipé d'un pistolet de marque Glock, de calibre .45, et de huit chargeurs contenant chacun onze balles.

Le nombre total, 88, fait référence chez les néonazis à « Heil Hitler », la lettre « H » étant la huitième de l'alphabet.

Roof, 22 ans, encourt la peine de mort pour cette tuerie. Il n'a pour l'instant exprimé aucun remords, pas même devant Polly Sheppard, une rescapée du massacre qui a fait revivre mercredi au tribunal la scène d'horreur.

Cette religieuse à la retraite se souvient que Dylann Roof avait été accueilli dans l'église par le révérend Pinckney, qui lui avait tendu une Bible ainsi qu'un passage du texte des Écritures que la petite assemblée avait prévu d'étudier ce soir-là.

« Venez vite ! »

À un moment où les fidèles s'étaient mis debout, les yeux fermés, pour prier, de fortes détonations ont retenti, que Mme Sheppard a cru d'abord être des crépitations des vieilles conduites électriques.

Mais à ses côtés son amie Felicia Sanders s'est alors écriée : « Oh ! Il tire sur tout le monde Mademoiselle Polly ! », a-t-elle relaté mercredi.

Paniquée, la religieuse se jette sous une table, pétrifiée, jusqu'à ce qu'elle voie les pieds du tireur devant elle.

« Est-ce que je vous ai déjà tiré dessus ? », lui demande Roof.

«Non», répond Polly Sheppard.

« Je ne vais pas le faire. J'ai besoin que vous racontiez ce qui s'est passé », reprend le jeune homme.

Le fils de Mme Sanders, Tywanza, n'a pas eu cette chance.

Déjà blessé, il s'est dressé sur ses coudes pour s'adresser au tueur. « Pourquoi faites-vous cela ? On ne vous veut aucun mal », a lancé Tywanza Sanders, avant de recevoir plusieurs balles supplémentaires.

Le procès a entendu mercredi la conversation enregistrée quand Polly Sheppard a appelé le numéro d'urgence 911, pensant que Dylann Roof se trouvait encore dans l'église.

« Beaucoup de gens ont été touchés par les tirs », dit-elle d'un ton angoissé. « Il a tiré sur le pasteur. Il a tiré sur tous les hommes dans l'église. Je vous en supplie venez vite ! Il s'approche, il s'approche ».




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