Les victimes de l'incendie d'Oakland ont texté leurs adieux

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Mardi en fin de journée, les pompiers avaient enlevé 90% des gravats et les autorités ne s'attendaient pas à trouver d'autres victimes.

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Jocelyne ZABLIT
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Des informations sur les derniers instants des 36 victimes de l'incendie d'Oakland en Californie émergent de tragiques textos envoyés à leurs proches, tandis que les autorités cherchaient toujours mardi à déterminer l'origine du drame.

Le shérif du comté d'Alameda, Greg Ahern, a dit aux journalistes qu'une mère avait communiqué le SMS envoyé par sa fille pendant la tragédie survenue dans la nuit de vendredi à samedi, lors d'une soirée musicale dans un entrepôt.

«Maman, je suis en train de mourir», disait ce message.

Selon le sergent Ray Kelly, porte-parole du shérif, les policiers ont longuement parlé aux familles des victimes, qui étaient très jeunes, âgées d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années, dont des artistes, musiciens, professeurs, un poète, un cinéaste... Parmi elles se trouvait un adolescent de 17 ans, fils d'un policier.

«Nous avons eu des conversations très personnelles avec les membres des familles sur les derniers moments pendant lesquels ils ont parlé à leur enfant ou leur proche, ce sont des choses qui vont probablement rester en nous pour le restant de notre vie», a-t-il déclaré aux télévisions locales.

«Ces enfants textaient à leurs parents qu'ils les aimaient et qu'ils allaient mourir», poursuit-il.

Les autorités pensent que beaucoup des victimes ont été empêchées de fuir les flammes par les barreaux fixés aux fenêtres de l'entrepôt surnommé «le Vaisseau fantôme», où un collectif d'artistes avait organisé une fête.

Le feu dont l'origine est encore inconnue s'est propagé très rapidement dans le bâtiment, où se trouvaient entre 50 et 100 personnes.

Mardi en fin de journée, les pompiers avaient enlevé 90% des gravats et les autorités ne s'attendaient pas à trouver d'autres victimes.

Le gérant du «Vaisseau fantôme» s'est exprimé mardi, déplorant la tragédie, mais affirmant ne pas se sentir responsable. «Je suis seulement ici pour dire une chose, je suis terriblement désolé», a déclaré Derick Almena sur NBC.

Il a expliqué qu'il dormait généralement dans le bâtiment avec ses trois enfants mais avait été à l'hôtel ce soir-là en raison de la fête.

«J'ai signé un bail» pour «un bâtiment censé être aux normes municipales», a-t-il ajouté.

L'immeuble avait pour vocation d'accueillir ceux «qui ne peuvent pas payer de loyer parce que leur rêve est plus grand que leur portefeuille», a défendu M. Almena.

Lundi, la procureure du comté d'Alameda Nancy O'Malley avait annoncé qu'une enquête criminelle avait été ouverte.

Les autorités s'interrogeaient sur la présence suffisante de détecteurs de fumée ou d'extincteurs.

Elles pensent que le sinistre a démarré à l'arrière du bâtiment et qu'un réfrigérateur défectueux pourrait notamment l'avoir causé, parmi un éventail d'options étudiées.

Les représentants de la ville ont admis avoir reçu plusieurs plaintes sur l'entrepôt et que des inspecteurs s'y étaient présentés le mois dernier, trouvant porte close.

Oakland, ville de 420 000 habitants, a vu ces dernières années un afflux de résidents à la recherche de loyers plus raisonnables qu'à San Francisco toute proche, où les loyers ont explosé à cause du boom technologique.




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