Troisième nuit de manifestations à Charlotte

Les manifestations ont continué au-delà de minuit, heure... (PHOTO NICHOLAS KAMM, AFP)

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Les manifestations ont continué au-delà de minuit, heure de début du couvre-feu décrété par la mairesse de la ville.

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Michael Mathes
Agence France-Presse
CHARLOTTE

Des centaines de personnes ont défié le couvre-feu entré en vigueur à minuit dans la ville américaine de Charlotte et sont à nouveau descendues dans les rues, pour la troisième nuit consécutive, pour dénoncer l'homicide d'un Afro-Américain par un policier.

L'atmosphère était toutefois jeudi soir, à une exception près, nettement plus calme que les autres nuits, dans le centre de Charlotte, en Caroline du Nord. Notamment parce que les forces de l'ordre se tenaient dans l'ensemble plus en retrait, et avaient renoncé à faire respecter le couvre-feu pour ne pas raviver les tensions et les violences qui avaient marqué les deux premières nuits de protestation.

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Dans la journée, l'une des revendications des manifestants avait été à moitié satisfaite. Ceux-ci exigeaient que soient rendues publiques les vidéos prises par les caméras que portaient les policiers au moment de l'événement.

Sans les rendre publiques, la police a toutefois accepté de montrer aux proches de Keith Lamont, l'homme de 43 ans tué mardi, la vidéo montrant ce qui s'est passé.

Mais celle-ci ne permet pas d'éclaircir le point de dispute principal entre la police, qui affirme que l'homme avait une arme à la main, et ses proches, qui disent qu'il s'agissait d'un livre, selon l'un des avocats de la famille.



La vidéo montre que Scott était en train de reculer quand il a été tué, et on ne voit pas d'arme, a déclaré celui-ci, Justin Bamberg, à la chaîne de télévision CNN.

« Ses mains sont le long de son corps. Il est calme. On voit qu'il a quelque chose dans la main, mais il est impossible de voir ce que c'est », a-t-il expliqué.

Le chef de la police Kerr Putney a toutefois redit qu'un pistolet, et non un livre, avait été trouvé sur place après que l'homme eut été abattu.

Tout en reconnaissant que la vidéo n'offrait « pas de preuve visuelle indiscutable confirmant que quelqu'un est en train de pointer une arme », a-t-il expliqué, elle montre que le policier qui a tiré - Brentley Vinson, qui est également noir - avait des raisons de le faire.

« Il a perçu le fait que [Scott] ait refusé d'obéir aux injonctions, qu'il n'ait pas lâché son arme et qu'il faisait face aux policiers comme une menace imminente », a-t-il déclaré à la chaîne de télévision Fox News.

Calmes, mais en colère

Les manifestants qui sont à nouveau descendus dans les rues de Charlotte jeudi soir étaient certes plus calmes que les deux nuits précédentes, mais la colère était toujours là.

« Arrêtez de nous tuer », disait une pancarte brandie devant le quartier général de la police.

« Les vies noires ne comptent pas dans ce pays », a expliqué l'un des manifestants, un homme de 34 ans masqué, qui s'est identifié seulement comme Amen-Ra.

« Nous nous rassemblons pour qu'elles comptent, pour forcer l'Amérique à faire qu'elles comptent - que ce soit par la violence ou pacifiquement », a-t-il ajouté.

Mais la violence, contrairement aux deux nuits précédentes, restait absente dans le centre de la ville, où plusieurs centaines de manifestants arpentaient les rues sous l'oeil des militaires de la Garde nationale, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les forces de l'ordre - nettement plus nombreuses que la veille, la police municipale ayant reçu le renfort de la garde nationale et de la police routière - encadraient mais sans intervenir, même lorsque les manifestations ont continué au-delà de minuit, heure de début du couvre-feu décrété par la mairesse de la ville.

Devant l'hôtel Omni, une veillée impromptue a eu lieu en hommage à l'homme qui, la veille, avait été grièvement blessé par une balle apparemment tirée par un civil, et qui est décédé jeudi.

Le seul incident violent a eu lieu sur une autoroute de la ville, que quelques manifestants avaient entrepris de bloquer, certains en se couchant sur les voies. La police a tiré du gaz lacrymogène et ce qui semblait être des balles en caoutchouc, selon un correspondant de l'AFP sur place, tandis que les automobilistes affolés faisaient demi-tour en roulant à contresens.

Une longue série

La mort de Keith Scott est la dernière en date d'une série qui a vu, ces deux dernières années, des policiers tuant des Noirs parfois non armés dans différentes villes du pays, ou traitant des Afro-Américains avec une brutalité gratuite qui a choqué la population.

Vendredi dernier, un autre Noir, Terence Crutcher, a été abattu à Tulsa (Oklahoma) alors qu'il était tenu en joue par les policiers après avoir marché jusqu'à son véhicule les mains en l'air.

La policière auteure du tir mortel a été inculpée jeudi d'homicide involontaire.

Les troubles à Charlotte ont également eu leur part dans la campagne présidentielle, le Républicain Donald Trump estimant que l'usage des drogues était « un facteur très important dans ce qu'on voit à la télévision », tandis que la Démocrate Hillary Clinton déplorait le fait que « trop de Noirs américains ont perdu la vie, et trop ont le sentiment que leur vie ne compte pas ».

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