Accusé de harcèlement sexuel, le patron de Fox News démissionne

Roger Ailes en 2006.... (photo ARCHIVES REUTERS)

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Roger Ailes en 2006.

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Agence France-Presse
NEW YORK

Le PDG de la chaîne d'information prisée des conservateurs Fox News, Roger Ailes, accusé de harcèlement sexuel par une ancienne présentatrice, a démissionné de ses fonctions qui seront désormais assumées par Rupert Murdoch, patron de la maison mère 21st Century Fox.

Le départ de celui qui est également fondateur de la chaîne prend effet immédiatement, a précisé 21st Century Fox dans un communiqué.

> Réagissez sur le blogue de Richard HétuLe communiqué ne mentionne pas directement les raisons qui ont poussé Roger Ailes, 76 ans, vers la sortie, deux semaines à peine après la mise au jour d'accusations de harcèlement.

Dans un recours déposé début juillet devant un tribunal civil, l'ancienne présentatrice vedette Gretchen Carlson l'accuse de l'avoir licenciée pour avoir refusé des avances sexuelles, allégations qu'il réfute en bloc.

Le groupe avait alors annoncé publiquement le lancement d'une enquête interne pour établir la vérité.

L'affaire s'est accélérée ces dernières heures, notamment à la faveur d'informations du site du New York Magazine mardi, selon lesquelles la présentatrice vedette de Fox News Megyn Kelly aurait affirmé aux enquêteurs avoir reçu des avances de Roger Ailes il y a dix ans.

Cité dans le communiqué, les deux fils du magnat Rupert Murdoch, Lachlan et James, qui sont respectivement président exécutif et directeur de 21st Century Fox, ont abordé, de manière détournée, le contexte de ce départ.

«Nous maintenons notre engagement de préserver un environnement de travail basé sur la confiance et le respect», ont-ils déclaré à l'endroit des collaborateurs de Fox News, de la chaîne d'information financière Fox Business News, mais aussi de l'ensemble du groupe.

«Nous prenons au sérieux notre responsabilité de maintenir ces valeurs traditionnelles de notre entreprise, établies de longue date», ont-ils ajouté.

Rien n'est dit des conclusions de l'enquête interne, dont le groupe avait indiqué lundi qu'elle était encore en cours.

«Une fin ignoble»

Vétéran des médias, homme d'influence, le républicain Roger Ailes a créé la chaîne Fox News en 1996 à la demande du patron du réseau Fox et du groupe de médias News Corp, Rupert Murdoch, qui le remplace aujourd'hui, à titre temporaire néanmoins.

Bien qu'arrivée dans le paysage télévisuel bien après CNN, lancée en 1980, la chaîne d'information continue, prisée des conservateurs, a pris la tête des audiences qu'elle conserve encore largement aujourd'hui.

Lors des trois premières soirées de la convention républicaine, qui s'achève jeudi, Fox News a écrasé la concurrence, celle des chaînes d'information, mais aussi les grandes chaînes nationales.

Fox News est aussi devenue une source de revenus considérables pour le groupe 21st Century Fox, né de la scission en 2013 des activités télévisions et médias, ces dernières étant logées sous l'enseigne News Corp.

La chaîne s'est toutefois également illustrée par des polémiques au retentissement international, comme lorsque la mairie de Paris a porté plainte en diffamation contre Fox News pour avoir fait état, au lendemain des attentats jihadistes de janvier 2015, de l'existence de «no-go zones» (des zones de non-droit) dans la capitale française.

«Le départ d'Ailes est une fin ignoble pour une carrière légendaire et controversée de vingt ans à la tête de Fox News», a commenté le spécialiste de médias Brian Stelter et journaliste pour CNN, sur son compte Twitter.

Il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences de ce départ éclair, qui devrait être commenté chez les républicains au dernier jour de la convention d'investiture.

Dès le début, Roger Ailes a tenu sa chaîne d'une main de fer, recrutant des têtes d'affiche résolument conservatrices comme le présentateur vedette Bill O'Reilly, plus éditorialiste que journaliste.

«Fox News est devenue la voix de ceux qui étaient ignorés par les médias traditionnels», indique 21st Century Fox dans le communiqué, en hommage au travail de son fondateur.

«Il est toujours difficile de créer de toutes pièces une chaîne ou une publication face à ce qui semble être des monopoles bien installés. (...) Roger a dépassé les attentes», ajoute le groupe.

Pour 21st Century Fox, «son approche de la politique et sa capacité à rendre accessibles à une plus large audience des sujets importants contrastent nettement avec l'élitisme autocentré qui caractérise bien trop de médias.»

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