San Bernardino: Farook projetait une attaque dès 2012

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Le FBI a mené un raid mercredi au domicile d'Enrique Marquez, suspecté d'avoir acheté les fusils d'assaut utilisés par les auteurs de la tuerie à San Bernardino.

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Anne RENAUT, Michael MATHES
Agence France-Presse
Washington

Les époux qui ont perpétré un attentat la semaine passée à San Bernardino, en Californie, s'étaient radicalisés avant même de se rencontrer, et Syed Farook, le mari, projetait de commettre une attaque avec un complice dès 2012.

Farook projetait une attaque en 2012, à une époque où le groupe État islamique n'existait pas encore, avec Enrique Marquez, un ami d'enfance. Mais leur projet avait avorté en raison d'arrestations effectuées par la police antiterroriste, a rapporté mercredi un sénateur américain.

Marquez est suspecté d'avoir acheté les fusils d'assaut utilisés par Farook et sa femme, Tashfeen Malik, pour faire 14 morts et 21 blessés lors d'un déjeuner de Noël dans la ville de San Bernardino. Ils ont ensuite été abattus par la police.

«Apparemment il (Marquez) a reconnu l'existence de ce projet précis (d'attaque) qu'ils voulaient mener, mais ils ont dû abandonner en raison d'arrestations qui ont été effectuées dans la zone», a expliqué sur CNN le sénateur républicain James Risch, membre de la commission du renseignement.

La police fédérale (FBI) a noté que Farook et sa femme étaient radicalisés depuis plusieurs années, avant même de se rencontrer, les autorités avouant leur impuissance à repérer ces djihadistes influencés depuis l'étranger et par le biais d'internet.

Syed Farook, un Américain d'origine pakistanaise et son épouse pakistanaise Tashfeen Malik, tous les deux fervents musulmans, ont été inspirés par des groupes «terroristes étrangers» et ont discuté en ligne de «djihad et de martyr» dès 2013, a affirmé le chef de la police fédérale, James Comey, lors d'une audition au Congrès.

L'enquête «indique qu'ils se sont, de fait, radicalisés avant qu'ils ne se fassent la cour en ligne», a affirmé M. Comey.

«Dès 2013, ils discutaient en ligne de djihad et de martyr, avant leur fiançailles, leur mariage, et avant qu'ils ne vivent ensemble aux États-Unis», a-t-il souligné.

Marionnette 

Reste à savoir si leur mariage a été arrangé par des agents djihadistes, profitant de la nationalité de l'homme, comme s'est demandé le sénateur Lindsey Graham, un candidat à la primaire des prétendants républicains à la Maison Blanche.

«Ce serait une chose très, très importante à savoir», a répondu M. Comey, indiquant que les autorités enquêtaient.

De fait, quand le couple est arrivé aux États-Unis en juillet 2014, Tashfeen Malik avait obtenu un visa K1, aussi surnommé le «visa des fiancés», qui permet au porteur de se rendre aux États-Unis pour s'y marier dans les 90 jours.

Confiant leur fillette de six mois à sa grand-mère, Farook et Malik ont fait irruption le 2 décembre dans un repas de fin d'année organisé par le service pour lequel travaillait Farook et ont abattu 14 personnes. Le couple est mort quelques heures plus tard lors d'un échange de tirs avec la police.

Les autorités cherchent à savoir qui, de la femme ou de l'homme, a le plus influencé l'autre, après leurs premiers échanges sur un site de rencontres en ligne. La femme aurait prêté allégeance au groupe État islamique (EI) sur Facebook, sous un nom d'emprunt, pendant l'attentat, selon plusieurs médias américains.

Le groupe djihadiste, qui a étendu son offensive hors des frontières des territoires qu'il contrôle en Syrie et en Irak, n'a pas proprement revendiqué l'attaque mais l'a saluée, qualifiant ses auteurs de «soldats» de l'EI.

Le patron du FBI a reconnu que la menace était particulièrement diffuse, avec des tueurs qui vivaient en Amérique et n'avaient semble-t-il que des liens idéologiques avec l'EI, mais qui peuvent être inspirés, influencés voire manipulés.

«C'est très, très difficile de trouver ceux qui sont radicalisés et inspirés par ces groupes terroristes», a reconnu M. Comey, alors que le couple californien a été présenté par la famille et ses proches comme des gens sans histoires.

«Cette incapacité à (les) détecter est mon plus grand souci», a avoué le chef du FBI, évoquant le «défi de ceux qui se radicalisent en ligne, qui consomment de la propagande et essaient de rester sous notre radar».

Le patron du FBI a déploré aussi ne pas avoir suffisamment d'agents pour surveiller les «millions» de conversations en ligne.

Pour prévenir la radicalisation des plus vulnérables, le chef du FBI a juste évoqué un message qui serait «quelque chose comme "ne sois pas une marionnette"».

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