McCarthy retire sa candidature à la présidence de la Chambre des représentants

Kevin McCarthy... (Photo Jonathan Ernst, Reuters)

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Kevin McCarthy

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les ultras conservateurs du parti républicain ont poussé jeudi le favori pour la présidence de la Chambre des représentants des États unis, Kevin McCarthy, à se retirer de la course, aggravant la crise interne sur la direction du parti américain majoritaire.

«Ces dernières semaines, il est devenu évident que notre groupe est profondément divisé et a besoin de se rassembler derrière un leader», a déclaré Kevin McCarthy dans un communiqué. «J'ai toujours mis les intérêts du groupe avant les miens. Par conséquent, je retire ma candidature».

«On a probablement besoin d'une nouvelle tête», a-t-il dit devant les caméras, tandis que les élus racontaient dans les couloirs, abasourdis, ce coup de théâtre.

Actuel numéro deux des républicains de la Chambre, Kevin McCarthy était favori pour succéder à John Boehner, qui a annoncé qu'il partirait à la retraite à la fin du mois.

Les deux hommes n'ont pu que parvenir au même constat: ils sont incapables de rassembler à la fois l'aile conservatrice du parti, plusieurs dizaines d'élus issus du Tea Party de 2010, et le reste du groupe majoritaire, des élus plus traditionnels qualifiés péjorativement par les premiers de membres de l'«establishment».

Les 247 représentants républicains venaient de s'enfermer dans une salle pour élire leur chef de file, à huis clos, quand Kevin McCarthy leur a annoncé qu'il jetait l'éponge. S'il avait facilement obtenu la majorité lors de ce vote interne, il n'a pas voulu prendre le risque d'être élu «speaker» de justesse lors du vote de l'ensemble des élus de la Chambre, démocrates et républicains. Ce scrutin, initialement prévu le 29 octobre, a été reporté sine die.

À la sortie de la réunion, les républicains admettaient ne pas savoir quelle serait la prochaine étape.

Les conservateurs, eux aussi surpris, notaient toutefois que le retrait était la conséquence logique de son statut d'héritier.

«Il va falloir qu'on marginalise les membres du groupe qui rejettent tout», a lâché aux journalistes le républicain modéré Charlie Dent.

Le parti se cherche maintenant un nouveau leader, et aucun candidat naturel ne se dégage à ce stade.

L'un des républicains les plus respectés du Congrès, Paul Ryan, candidat à la vice-présidence en 2012, a immédiatement prévenu qu'il ne se présenterait pas.

Le président de la Chambre est le troisième personnage des États-Unis après le président et le vice-président. John Boehner restera à son poste tant qu'un successeur n'est pas élu.

Échéance de la dette 

Le spectacle des divisions internes à la Chambre des représentants s'étale depuis bientôt cinq ans que les républicains ont repris la majorité aux démocrates. Les Américains ont encore en tête la fermeture partielle des administrations en 2013, causée par l'intransigeance budgétaire du Tea Party, ou le quasi-défaut de paiement de l'été 2011.

«Il existe une minorité de politiciens républicains conservateurs qui placent leur idéologie extrême au-dessus de tout le reste», a déploré Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama, en appelant les républicains à la responsabilité.

Le paradoxe est que le Tea Party, bien que coresponsable des grandes victoires républicaines aux législatives de 2010 et 2014, se sent marginalisé au sein du groupe majoritaire.

Rassemblés au sein du Freedom Caucus (groupe de la liberté), ils accusent leurs chefs de file de plier trop souvent face à Barack Obama, et de trahir les électeurs qui les ont envoyés à Washington pour bloquer la politique qu'ils estiment dispendieuse des démocrates.

La réalité du partage du pouvoir fait qu'à elle seule, la Chambre ne peut rien contre un président qui conserve un droit de veto.

Le conflit fait écho aux tensions générales au sein du parti républicain.

Dans la campagne des primaires présidentielles, les candidats classés, à tort ou à raison, comme issus de l'«establishment» ont été relégués par les sympathisants derrière des novices qui promettent de dynamiter la classe politique: le milliardaire Donald Trump et l'ancien neurochirurgien Ben Carson.

Et la crise n'est pas que politique.

Le Congrès a jusqu'au 5 novembre pour relever le plafond de la dette fédérale et éviter un défaut de paiement. Un désordre parlementaire prolongé pourrait inquiéter les marchés.

«Si le Congrès attend que la dispute familiale des républicains se termine, nous allons risquer une paralysie budgétaire et un défaut de paiement», a prévenu le sénateur démocrate Chuck Schumer.

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