Le mont McKinley devient le mont Denali

Chaque année depuis 40 ans, l'Alaska réclamait à... (PHOTO BECKY BOHRER, ARCHIVES AP)

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Chaque année depuis 40 ans, l'Alaska réclamait à Washington le changement de nom du mont McKinley.

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Corrigez livres d'histoire et questions de Génies en herbe: la plus haute montagne nord-américaine ne s'appelle plus McKinley. Le président Obama, arrivé hier en Alaska pour y parler de réchauffement climatique, a redonné officiellement à la montagne son nom autochtone. Désormais, il faudra parler du mont Denali, «celui qui est haut». Quatre mots pour comprendre.

Athabascan

Le peuple autochtone koyukon athabascan l'appelle Denali, «celle qui est haute», avec ses 6194 mètres d'altitude. Même si elle portait le nom d'un ancien président depuis 1896, les Alaskiens n'ont jamais cessé d'appeler leur montagne Denali. «J'utilise l'un ou l'autre des deux noms», explique au bout du fil Susan Ruth, dont la compagnie d'aviation K2 organise des survols de la montagne et du parc national qui porte aussi le nom Denali. «Mais je suis heureuse du changement de nom qui respecte le territoire habité par les autochtones.»

Insulte

«Cette action d'éclat politique est une insulte pour tous les habitants de l'Ohio», a riposté hier le représentant républicain de l'État, Bob Gibbs. En 1896, un chercheur d'or avait baptisé la montagne du nom de William McKinley, originaire de l'Ohio, qui venait tout juste de remporter l'investiture républicaine. Le président McKinley est mort assassiné en 1901... sans jamais avoir mis les pieds en Alaska. Chaque année, depuis 40 ans, l'Alaska réclamait le changement de nom auprès du fédéral. Et chaque année, un représentant de l'Ohio bloquait le processus. Cette fois-ci, le département de l'Intérieur est intervenu pour mettre fin à cette dispute, juste à temps pour la visite du président.

Îles

Au bout du fil, John Steckley est ravi. «C'est formidable!», dit ce spécialiste canadien des langues autochtones, ancien professeur au collège Humber de Toronto. Tant de lieux nord-américains, bien connus des autochtones, ont été rebaptisés «par un homme blanc qui passait par là», dit-il. Les choses changent lentement, constate-t-il. «En Colombie-Britannique, les îles de la Reine-Charlotte portaient le nom d'une reine qui n'y était jamais allée», rappelle-t-il. En 2010, l'archipel a officiellement retrouvé son nom: Haida Gwaii, la terre des Haidas. Hier, le sénateur républicain de l'Alaska a remercié le président Obama. «Denali appartient à l'Alaska et ses citoyens. Le droit de nommer ces lieux appartenait déjà aux ancêtres des autochtones de l'Alaska.»

Pétrole

Si le président Obama a fait plaisir à l'Alaska en lui «redonnant» sa montagne, il risque aussi de se frotter à des mécontents au cours de sa visite qui a commencé hier. Obama parlera surtout de climat: hausse du niveau de la mer, fonte du pergélisol, réchauffement climatique. «Ce qui se passe en Alaska nous touche tous. C'est un signal d'alarme», a-t-il déclaré. Or, l'exploitation pétrolière joue un rôle majeur dans l'économie de l'Alaska et la chute des prix du brut fait mal à ses finances. «Nous avons un excellent oléoduc en Alaska. Le seul problème est qu'il est aux trois quarts vide», a dit le gouverneur Bill Walker, qui veut intensifier la production. Obama s'exprimera lors de la conférence internationale sur l'Arctique, celle-là même que le premier ministre Stephen Harper a préféré bouder...

- Avec Agence France-Presse et Alaska Dispatch News

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