La fatigue des contrôleurs aériens compromet la sécurité du trafic

Selon le rapport, près de deux contrôleurs sur... (Photo Reuters)

Agrandir

Selon le rapport, près de deux contrôleurs sur dix avaient commis des erreurs importantes - telles que de placer des avions trop près l'un de l'autre - au cours de l'année précédente. Plus de la moitié ont expliqué leur erreur par la fatigue qu'ils éprouvaient à ce moment-là.

Photo Reuters

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Joan Lowy
Associated Press
WASHINGTON

Les horaires des contrôleurs aériens américains les amèneraient à développer une fatigue chronique, ce qui les rend moins attentifs au travail, mettant ainsi en péril la sécurité du trafic aérien, selon une étude du gouvernement américain gardée secrète depuis des années.

La Direction générale de l'aviation civile des États-Unis a publié l'étude en ligne, lundi, après que l'Associated Press eût rapporté ses résultats - en mentionnant au passage que l'agence refusait de lui fournir une copie malgré ses nombreuses demandes dans les derniers mois.

L'Associated Press, qui avait également déposé une requête en vertu de la Loi pour la liberté d'information, avait finalement pu obtenir une version préliminaire du rapport, daté du 1er décembre 2011. L'étude publiée en ligne par l'agence remontait à décembre 2012, bien que les résultats soient presque identiques au document consulté précédemment par l'AP.

Parmi les conclusions de l'étude effectuée par le Conseil national de la sécurité des transports, on recommandait à la direction et à l'Association nationale des contrôleurs aériens de réaménager les horaires de leurs employés pour leur assurer des périodes de repos assez longues et qu'ils puissent «bénéficier d'un sommeil réparateur».

Selon le rapport, près de deux contrôleurs sur dix avaient commis des erreurs importantes - telles que de placer des avions trop près l'un de l'autre - au cours de l'année précédente. Plus de la moitié ont expliqué leur erreur par la fatigue qu'ils éprouvaient à ce moment-là.

Le tiers des contrôleurs aériens ont affirmé qu'ils percevaient la fatigue comme un risque de sécurité «élevé» ou «extrêmement élevé».

Plus de six sur dix d'entre eux ont par ailleurs avoué s'être endormi ou avoir eu des moments d'inattention alors qu'ils travaillaient pendant la nuit. Ces quarts de travail commencent normalement à 22 h, pour se terminer à 6 h.

Dans certains cas, les employés étaient appelés à travailler cinq jours de suite, la nuit, ou six jours consécutifs pendant plusieurs semaines de suite avec au moins un quart de nuit dans la semaine.

Dans le cadre de l'étude, 3268 contrôleurs aériens ont été questionnés sur leurs horaires de travail et leurs habitudes de sommeil. Des scientifiques ont aussi étudié le sommeil et la vigilance mentale de plus de 200 employés de 30 aéroports.

Le Conseil national de la sécurité des transports avait réalisé l'étude à la demande de la Direction générale de l'aviation civile.

La porte-parole de la Direction générale de l'aviation civile Laura Brown, qui n'a pas répondu aux questions de l'AP pendant plus d'un mois, a finalement envoyé un courriel, lundi soir, pour indiquer que l'agence demandait maintenant à ce qu'il y ait au moins deux contrôleurs au travail pendant la nuit. Les employés ont également une pause d'au moins neuf heures entre chaque quart. Ils peuvent aussi prendre des «pauses réparatrices» pendant leur journée.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer