L'obsession Donald Trump

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Selon des statistiques de Google analysées par le journaliste Nate Silver, du 14 juin au 12 juillet derniers, 46 % de la couverture médiatique de la campagne républicaine portait sur Donald Trump (ci-dessus), alors que seulement 13% de cette couverture parlait de Jeb Bush.

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Si vous regardez CNN ou Fox News ces jours-ci, il y a de fortes chances que vous tombiez sur la tignasse rousse de Donald Trump. Les médias américains semblent obsédés par le candidat à l'investiture républicaine. De nombreux sondages le donnent en avance, mais The Donald a-t-il vraiment une chance de remporter la course? Ou s'agit-il d'une bulle médiatique à la veille d'éclater?

C'est LA question devant laquelle les politologues sont placés depuis que Donald Trump a annoncé sa candidature. Perçu comme une blague au départ, voilà que l'homme d'affaires new-yorkais s'assure une place au premier débat républicain qui doit avoir lieu le 6 août prochain à Cleveland (et auquel seulement 10 des 16 candidats seront conviés). Comment est-ce possible?

Selon un sondage publié sur le site RealClearPolitics en date du 26 juillet, Donald Trump serait le premier choix de 18,2 % des électeurs républicains. Jeb Bush et Scott Walker suivent avec respectivement 13,7 et 11,7 %.

Dans le Washington Post, John Sides, professeur associé en science politique à l'Université George Washington, notait deux choses: non seulement Donald Trump est le candidat républicain qui a obtenu la plus grande couverture médiatique lors de l'annonce de sa candidature, mais cette attention médiatique ne s'est pas démentie depuis. Chaque jour, il obtient la plus grande couverture médiatique des républicains, loin devant ses plus proches rivaux. Bien sûr, Donald Trump ne fait pas toujours parler de lui pour les bonnes raisons. C'est une machine à produire des controverses. La dernière remonte à lundi, alors que son avocat a déclaré que le viol conjugal n'existait pas (il s'est excusé depuis).

«Selon un sondage publié sur le site RealClearPolitics en date du 26 juillet, Donald Trump serait le premier choix de 18,2 % des électeurs républicains. Jeb Bush et Scott Walker suivent avec respectivement 13,7 et 11,7 %.»


Le site Fivethirtyeight, spécialisé dans l'analyse de données, s'est lui aussi penché sur la couverture média du richissime Américain. Selon des statistiques de Google analysées par le journaliste Nate Silver, du 14 juin au 12 juillet derniers, 46% de la couverture médiatique de la campagne républicaine portait sur Donald Trump, alors que seulement 13% de cette couverture parlait de Jeb Bush. On a également constaté que 62% des recherches à propos d'un candidat républicain sur Google Search le concernaient. La banque de données en ligne Nexis, confirme quant à elle que le nom de Trump fait la manchette des principaux journaux environ 22 fois par jour. C'est trois fois plus souvent que Jeb Bush et loin devant les 14 autres candidats.

À qui la faute?

La question, donc: l'omniprésence de Donald Trump est-elle attribuable aux sondages favorables ou à l'intérêt marqué des médias pour chaque mot qu'il émet?

Comme le souligne Sam Wang, chercheur spécialisé dans l'analyse de données à l'Université Princeton, c'est un cercle vicieux. Plus les médias parlent de Trump, plus il grimpe dans les sondages, et plus il grimpe dans les sondages, plus les médias n'ont d'autre choix que d'en parler. Et à l'exception du Huffington Post, qui a décidé de classer les articles concernant la campagne de Donald Trump sous la rubrique «divertissement», la majorité des médias le couvrent. De nombreux observateurs se désolent toutefois qu'on passe beaucoup plus de temps à rapporter ses frasques qu'à s'intéresser à son programme politique.

Dans une analyse publiée dans The New Republic la semaine dernière, Sam Wang affirme que le grand nombre de candidats républicains crée une distorsion dans les résultats des sondages. Dans les faits, assure-t-il, Donald Trump n'a aucune chance de remporter l'investiture. Il n'est pas aimé des électeurs républicains et le chercheur prédit que sa popularité va bientôt plafonner. Quand on analyse les sondages en profondeur, poursuit-il dans The New Republic, on réalise que Trump ne représente le deuxième choix de personne. Les sondages traditionnels, qui s'avèrent de bons outils quand seulement deux ou trois candidats s'affrontent, sont moins utiles quand le nombre de candidats est aussi élevé.

Sam Wang croit que dans les circonstances, il faudrait privilégier le vote préférentiel, un système électoral employé en Australie, en Irlande et dans certaines villes américaines. Le principe est simple: les gens votent pour leur candidat préféré et celui qui obtient le moins de votes est éliminé. On continue jusqu'à l'obtention d'une majorité absolue. Cette approche permettrait d'éviter le cirque auquel on assiste actuellement, conclut Sam Wang, pour qui Donald Trump n'est qu'une nouvelle version de Sarah Palin... «avec des cheveux orange».

Et si Trump se présentait à titre de candidat indépendant? Il a évoqué ce scénario dans une entrevue au site politique The Hill la semaine dernière, affirmant qu'il y songerait s'il estimait avoir été traité injustement par le GOP lors du processus des primaires. Une éventualité plus que réjouissante pour le camp démocrate qui rêve déjà d'une telle division au sein de la droite américaine. Un Donald Trump indépendant, dont le discours plaît aux conservateurs, compliquerait sérieusement la tâche d'un candidat républicain qui se retrouverait face à deux opposants plutôt qu'un seul.

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