Fermeture de Guantanamo: les É.-U. s'affairent aux derniers préparatifs

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Il reste 116 détenus dans le centre de détention militaire, ouvert il y a plus de 14 ans pour y enfermer notamment les suspects des attentats du 11 septembre 2001.

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Chantal VALERY
Agence France-Presse
WASHINGTON

Persistante dans son objectif, la Maison-Blanche a indiqué mercredi mettre «la dernière main» à un plan de fermeture de la prison militaire de Guantanamo à Cuba, où plus d'une centaine d'hommes sont enfermés depuis treize ans, sans inculpation ni procès.

À moins de 18 mois de la fin de la présidence, Obama, «l'administration met en fait la dernière main à la préparation d'un plan visant à (fermer) de manière responsable et sûre la prison de Guantanamo et à le présenter au Congrès», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Josh Earnest.

«C'est une priorité pour le président» Obama, qui avait promis de fermer le centre de détention dès son arrivée à la Maison-Blanche en janvier 2009, a rappelé M. Earnest, lors de son point presse quotidien.

«Continuer à faire fonctionner cette prison ne représente pas une utilisation efficace des impôts», a encore fait valoir M. Earnest.

Barack Obama, qui a sans cesse réaffirmé cette promesse de campagne au cours de ses deux mandats, juge insensé de «dépenser trois millions de dollars par prisonnier pour conserver une prison que le monde condamne et que les terroristes utilisent pour recruter», comme il l'a martelé en janvier, dans son discours de l'état de l'Union de 2015.

Mais le président américain s'est toujours heurté au refus des républicains, majoritaires dans les deux chambres du Congrès. Les adversaires de l'administration démocrate ont sans relâche dressé des obstacles légaux pour empêcher le transfèrement de prisonniers vers les États-Unis, même pour y être jugés et incarcérés, contraignant le gouvernement à chercher des pays tiers pour accueillir les détenus.

Fin juin, le Sénat a adopté sa version de la loi annuelle sur la défense, qui renforce les restrictions à la fermeture de la prison de Guantanamo, et maintient ses exigences pour garantir que les hommes ne retournent pas au combat une fois libéré à l'étranger.

Mais Barack Obama a menacé d'opposer son veto à ce texte et, selon des observateurs, pourrait finalement choisir de passer en force pour décréter la fermeture de Guantanamo.

En outre, Cuba a réclamé, dans le cadre de son rétablissement des relations diplomatiques avec Washington, la restitution des terrains sur lesquels les États-Unis ont installé leur base navale et la prison.

Le Yémen, principal obstacle

Les premiers détenus sont arrivés le 11 janvier 2002, sur ces terres louées à Cuba depuis 1903, quand, quatre mois après les attentats du 11-Septembre, le président George W. Bush faisait enfermer dans des cages à ciel ouvert les «pires des pires» de sa guerre contre le terrorisme.

Aujourd'hui, il en reste 116, sur un maximum de quelque 680 dénombrés en 2003. Parmi eux, 75 Yéménites, l'un des plus gros obstacles à la fermeture de Guantanamo, car leur rapatriement est impossible en raison de l'actuelle situation explosive au Yémen.

Sur les 116 hommes encore incarcérés, la quasi-majorité sans inculpation ni procès, deux ont plaidé coupable et sept sont renvoyés devant un tribunal militaire, dont les cinq accusés des attentats du 11-Septembre.

52 détenus ont été d'ailleurs décrétés libérables, souvent en raison de l'absence ou du manque de preuves à leur encontre, et sont appelés à être renvoyés dans leur propre pays ou dans un pays tiers, dont quatre depuis 2010.

«Nous avons fait beaucoup de progrès», s'est toutefois félicité le porte-parole de la Maison-Blanche. «On est passé de 127 (prisonniers) à 116» en six mois, soit onze transfèrements en 2015. Vingt-huit détenus avaient quitté la prison en 2014 vers le Kazakhstan, l'Uruguay, la Géorgie ou encore la Slovaquie.

Mais, malgré le retour vers Oman de six Yéménites le 13 juin dernier, les transfèrements semblent au point mort actuellement, sans doute retardés par le ministre de la Défense, selon le New York Times.

Au printemps, la libération du Saoudien et résident britannique Shaker Aamer, dernier Occidental enfermé à Guantanamo, ainsi que celles d'un Marocain et d'un Mauritanien, avaient été annoncées sans doute pour juin. Mais ces rapatriements n'ont jamais eu lieu.

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